Une petite coopérative, discrète mais qui mène de grands projets : ainsi se caractérise Cadoles à Dijon. L’outil numérique des collèges français, le portail national des étudiants et, depuis six ans, une succession de projets pour le compte de l’Établissement français du sang figurent au panel de cette entreprise d’informatique pas tout à fait comme les autres.
L’histoire de Cadoles, coopérative spécialiste du développement et de l’intégration informatiques de 15 collaborateurs pour un chiffre d'affaires d'1 million d’€, débute en 2011. À cette époque, trois des artisans d’Éole, projet d’outils et de serveurs pour les collèges porté par le ministère de l’Éducation nationale, fondent la Scop à Dijon, en adoptant en conséquence le principe délibératif et décisionnel « un homme, une voix. »
Éole, ainsi que l’environnement numérique de travail (ENT) Envole qui lui était rattaché, a constitué le projet fondateur de Cadoles – du nom des abris en pierre sèche que l’on trouve dans les vignes de Bourgogne. Il a permis à l’équipe initiale, formée d'Emmanuel Garette, Gwenaël Rémond et Benjamin Bohard, de poser d'un plan de développement plus ambitieux dont l’ADN resterait toutefois inchangé : « la conception et le déploiement de solutions open source », résume Arnaud Fornerot, coordinateur du pôle de développement.
Cadoles a enchaîné avec un deuxième défi à relever, cette fois pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous) : la conception du portail messervices.etudiant.gouv.fr. « Un passage obligé de tous les étudiants de France, pour leurs demandes de bourse ou leur recherche de logement en cité universitaire », résume Arnaud Fornerot. Il a fallu penser des solutions techniques robustes pour ce site sur lequel sont inscrits six millions de comptes avec chacun leur code d’authentification. L'outil est capable d’assumer 40.000 connexions simultanées. Messervices.etudiant occupe encore, à l’heure actuelle, la moitié de l’équipe de Cadoles.
« Notre stratégie a ensuite consisté à diversifier nos activités, pour ne pas nous rendre dépendants de ces deux commandes orientées vers l’enseignement », résume Arnaud Fornerot. Cadoles a alors planché sur la création du site de vente en ligne de la biscuiterie Mistral de Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) ou sur l’offre touristique alternative Route des POTEs de Bourgogne-Franche-Comté.

Mais c’est pour l’Établissement français du sang (EFS) que la coopérative a, ces dernières années, fait montre de sa plus forte créativité. Tout commence en 2017 quand l’EFS de Bourgogne-Franche-Comté invite Cadoles à participer à un hackathon, à Besançon : 24 heures pour imaginer une solution à un problème réputé insoluble.
« Cette année-là, la problématique qui nous était soumise était celle de la numérisation du questionnaire préalable au don », rappelle Arnaud Fornerot. Ce document rempli par les donneurs avant la prise de sang, n'était jusqu’alors disponible qu'en version pré-imprimée – soit 6.000 kilomètres de papier par an pour l’ensemble des dons du sang en France ! « Il fallait que la numérisation réponde à deux enjeux : le questionnaire devait pouvoir être rempli absolument partout, même dans des zones sans connexion internet, et l’anonymat des donneurs devait être garanti », poursuit le responsable de Cadoles.
L’équipe mobilisée pendant le hackathon a inventé une solution de box autonome proposant un wifi local, de façon à permettre aux donneurs de remplir le questionnaire sur leur smartphone et de le transmettre, puis aux professionnels de l’EFS de le gérer instantanément, avant une destruction de la totalité des contenus postérieurement au prélèvement. Expérimenté en Bourgogne-Franche-Comté à partir de 2020, le pilote a bien fonctionné, au point que l’EFS a étendu le test à trois autres régions avant une possible généralisation dans toute la France.
Des hackathons fructueux

Depuis cette première réussite, Cadoles est retourné trois fois au hackathon régional afin de relever de nouveaux défis pour l’EFS. Ses informaticiens ont ainsi imaginé Sheila, un outil d’aide à la décision pour les laborantins en matière de compatibilité des donneurs d’organes ; le dispositif élaboré par la coopérative dijonnaise devrait entrer en phase expérimentale d’ici à la fin de l’année. Par ailleurs, Bloodchain désigne un projet d’outil numérique permettant aux hôpitaux de commander des poches de sang et de suivre le processus de délivrance. « Nous sommes confrontés, dans ce domaine, à des exigences absolues de robustesse et de fiabilité, souligne Philippe Caseiro, gérant de Cadoles. L’objectif consiste à simplifier et fluidifier les relations entre les hôpitaux et les établissements du sang, avec l'enjeu de pouvoir remplacer efficacement un système papier qui fonctionne bien et auquel les professionnels de santé sont habitués. »
Depuis un an, un quatrième dossier est engagé : Etik Tak vise à renforcer le contrôle qualité dans le process du don du sang et à limiter le nombre de destructions d’échantillons simplement dues à des erreurs d’étiquetage. « Imaginer une solution puis la déployer, au bénéfice de l’utilisateur final, voilà le côté passionnant de notre métier », résume Philippe Caseiro.
Photos fournies par l'entreprise.












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