Avec Moulin TP, Roger Martin acquiert la compétence énergie. Son voisin, le Bourguignon Rougeot TP s’enrichit d’une nouvelle filiale, Rougeot Viti qui ambitionne de devenir un acteur dans la construction de cuveries et caves viticoles. Avec le rachat de Lacoste TP, une PME familiale de travaux publics dans le haut-Doubs, Franck Vampouille complète les métiers de Groupe V. En Alsace, le haut-rhinois Tamas franchit le « Landgraben » en créant une société dans le Bas-Rhin. Les salariés de Scherberich sauvent l'activité Monuments Historiques ; la partie construction classique toujours en suspens.


• Avec l'Auvergnate Moulin TP, Roger Martin acquiert la compétence énergie

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Moulin TP apporte à Roger Martin, des compétences en énergie. En photo, l'installation de fabrication de plaquettes de bois. © Moulin TP

Présent dans quasiment tous les métiers des travaux publics, terrassement, VRD, canalisations, génie civil… et, avec SNCTP, également le gros oeuvre du bâtiment, il manquait à Roger Martin (chiffre d’affaires de 320 millions d’€, 1.700 collaborateurs), un secteur de diversification actuellement porteur, l’énergie. Le groupe bourguignon l'intègre avec l’acquisition, cet été, de Moulin SAS, une PME familiale de 100 salariés qui réalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’€, basée à Les Villettes, en Haute-Loire.

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L'acquisition de Moulin TP comprend aussi une carrière de granit sur le site de laquelle est installée une centrale à enrobés. © Moulin TP.

Sa filiale APS Energie s’est d’abord intéressée – depuis une dizaine d’années –, au bois énergie en fabriquant des plaquettes à partir de résidus de scieries qu’elle vend à des chaufferies industrielles et à des collectivités locales dotées de réseaux de chaleur. Grâce à son activité, développée ensuite, de collecte des déchets industriels, Moulin TP a migré vers la méthanisation avec une première installation sur la décharge de déchets non dangereux de Monistrol-sur-Loire.

L’électricité qu’elle produit est revendue à EDF. Troisième spécialité, les centrales photovoltaïques ont pour modèle sa propre installation de 2.000 m2. « Notre objectif est d’exercer ces métiers de l’environnement sur tout le périmètre géographique du groupe avec des installations de toute taille », commente Vincent Martin, le président.
Cette activité « énergie » représente un tiers du chiffre d’affaires de Moulin TP. La moitié est issue des travaux publics (terrassements et routes) et le reste, d’une exploitation de carrière de granit. La PME élargit par ailleurs le champ géographique du Bourguignon en Auvergne, où il est déjà présent dans les départements du Cantal, de l’Ain et de la Loire. C.P.

 

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• Un retour aux sources du groupe Rougeot TP

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Clément Rougeot, 32 ans, a été formé à l’école des travaux publics d’Egletons et est entré dans l’entreprise familiale de travaux publics il y a 14 ans, d’abord à la conduite de travaux puis dans la division grands travaux. © Rougeot TP


Le groupe de travaux publics Rougeot à Meursault (Côte-d’Or) retrouve ses racines avec Rougeot Viti, une filiale créée en début d’année que dirige Clément Rougeot, 32 ans, l’un des petits-fils du fondateur. Son grand-père Hubert, à l’origine du groupe que préside aujourd’hui son oncle Christophe, avait démarré dans les années 1950 avec les travaux viticoles, au tout début avec une charrue tractée par un cheval.
« Le changement climatique a modifié les pratiques d’une jeune génération de viticulteurs qui a à coeur de travailler autrement, de façon raisonnée, mais ils trouvent difficilement des compétences », explique le jeune dirigeant.

enjambeurRougeot Viti effectue des prestations de travail de la terre : remontage des  terres, préparation des sols avant plantation des ceps, arrachage de vignes, etc., l’entretien courant de la vigne comme l’aération de la terre « nécessaire 4 à 6 fois par an », le désherbage à la charrue, le fauchage ainsi que les travaux saisonniers comme le rognage de la vigne qui consiste à éliminer la végétation débordante. 



En 50 ans, le métier a bien changé. Dans un vignoble AOC de surcroît marqué par la notion de climat qui caractérise l’identité de la Bourgogne, les mouvements de terre ne se font pas n'importe comment. Par exemple, on ne peut pas apporter de la terre extérieure pour la rendre nourricière : aussi faut-il amender le sol avec des nutriments respectueux de l’environnement.
Les choix passent par une analyse topographique des sols pour en connaître la nature avant le premier coup de godet. Les relevés topographiques sont restitués en modélisation 3D et la géolocalisation est utilisée pour le comptage des ceps avant la rénovation d’une parcelle.

« Nous n’avons pas encore décidé de faire les traitements de la vigne, mais c’est inscrit sur notre feuille de route et envisageons des prestations de vendanges mécanisées », confie Clément Rougeot. La filiale s’est fixée un objectif de 4 millions de chiffres d’affaires d’ici à cinq ans.
Il repose notamment sur une synergie avec le groupe Rougeot TP (580 collaborateurs, chiffre d’affaires de 100 millions d’€) dont il peut utiliser le parc d’engins. Avec l’entreprise Gandin, entité du pôle construction, il envisage aussi la réalisation de cuveries et de caves. « Mais faire le vin ne sera jamais notre métier », assure Clément Rougeot. C.P.


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• Après Parietti, Franck Vampouille rachète Lacoste BTP

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Groupe V, le groupe constitué par Franck Vampouille avec TED, Parietti et TEDIM, construit en ce moment la clinique de soins de suite et de réadaptation du Pays de Montbéliard, un chantier de 4.650 m² et 3,4 millions d’€ de travaux qui devrait être livré fin 2021.


Franck Vampouille est désormais à la tête d’un petit groupe, Groupe V. Fin avril, le gérant de l’entreprise de génie civil TED à Sochaux (Doubs) a racheté Lacoste BTP à Maîche, dans le haut-Doubs. Cette PME de 30 salariés qui réalise un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’€ affiche une grande polyvalence avec des compétences dans le bâtiment, les réseaux, le terrassement et le négoce des matériaux. 
Fromageries et scieries qui caractérisent le tissu économique local font partie des marchés de prédilection de cette entreprise plus que centenaire, qui oeuvra dans la menuiserie et la charpente avant de se diversifier dans le béton après la seconde guerre mondiale. Ancien cadre de l’industrie automobile, Denis Minguet en devient le directeur général mais aussi l’un des associés de Franck Vampouille.

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Lacoste TP

Avec cette nouvelle acquisition, Groupe V prend de l’embonpoint sur la Franche-Comté et l’Alsace. Il compte désormais trois sociétés : TED, l’entreprise paternelle que Franck Vampouille, diplômé des Arts et Métiers de Lille et de l’ESTP (Ecole Spéciale des Travaux Publics) Paris, avait repris en 2014, l’entreprise de génie civil Parietti à Montbéliard qu’il avait rachetée à la barre du tribunal en octobre 2017 et redressée depuis en portant son chiffre d’affaires de 4,9 millions en 2018 à 7 millions en mars 2020, et aujourd’hui Lacoste TP.

Ensemble, elles génèrent un chiffre d’affaires de 25 millions d’€ et emploient 130 personnes. L’addition des compétences de chacune d’elles permet de se positionner sur des marchés de plus grande envergure. « Nous rassemblons tous les métiers du béton avec des spécialités bien identifiées, le génie civil industriel et le désamiantage pour TED, les ouvrages d’art avec Parietti, les réseaux et le terrassement ainsi que les bâtiments clé en main avec la filiale de promotion immobilière TEDIM », résume Franck Vampouille.
Pour coordonner l’ensemble, le chef d’entreprise a mis en place un ERP, système d'information qui permet de gérer au quotidien tous les services opérationnels ainsi qu’une Gestion Electronique des Documents (GED). Cette dernière donne accès à tous les documents d’un projet sur les chantiers grâce à une dotation des équipes de terrain en tablettes tactiles. C.P.

 

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• Tamas désormais sur toute l'Alsace

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Tamas née dans le Haut-Rhin créée une société soeur dans le Bas-Rhin. Ici, un chanter de démolition. © Tamas

En Alsace, la PME familiale de travaux publics Tamas franchit non le Rubicon mais le « Landgraben », la frontière  - en principe virtuelle… - entre les deux départements. Etablie depuis la fin des années 1980 dans le Haut-Rhin à Wittenheim, d’abord en entreprise artisanale, puis en SARL depuis 1996, elle a démarré cet été l’activité d’une nouvelle société dédiée au Bas-Rhin, Tamas BTP 67. Celle-ci est détenue par le holding familial et par un chef de chantier qui pilote au quotidien l’équipe d’une dizaine de personnes installée à Valff.

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La pose de réseaux humides est l'une des activité de Tamas. ©Tamas

« Nous intervenions déjà dans le Bas-Rhin, par exemple grâce à notre marché-cadre avec Enedis. On souhaite reproduire notre modèle qui a fait ses preuves dans le Haut-Rhin, en plus petit format pour commencer », décrit le dirigeant, Ovidiu Tamas. Avant cette création, Tamas comptait 25 salariés qui ont réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’€ à l’issue de l’exercice clos le 31 mars. L’entreprise intervient dans des domaines multiples des travaux publics : pose de réseaux secs et humides, terrassement, pose d’enrobés routiers… M.N.


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• Une scop au secours l'activité Monuments Historiques de Scherberich

 

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Rénovation du Koïfhus, qui fut le siège administratif et la douane de Colmar jusqu'au 17ème siècle. © Scherberich

Autre entreprise située à un tournant, Scherberich à Colmar (Haut-Rhin) a trouvé une solution partielle de sauvetage. En redressement judiciaire depuis mars, la société familiale pérennise son activité de restauration de monuments historiques par la reprise de celle-ci en formule coopérative : les 23 salariés de cette branche, rejoints par deux autres employés, ont constitué la Scop Scherberich Monuments Historiques suite à l’acceptation de leur plan de cession par la justice commerciale cet été.
L’activité a redémarré le 24 août sous la conduite d’Alain Petersen, déjà en charge auparavant de cette spécialité qui génère environ 2,5 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel. Le projet a été accompagné par l’Union régionale des Scop du Grand Est et l’entreprise Mader, principale coopérative alsacienne dans le BTP. Il reste à trouver un avenir à la branche de construction classique et gros œuvre qui compte 40 salariés. Scherberich avait déjà réduit sa voilure en 2013 à la suite de difficultés. M.N.

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Autre chantier récent de Scherberich : la restauration du couvent des Dominicains à Colmar. © Scherberich

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