ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. Nous reprenons aujourd’hui notre découverte des grandes écoles de l’axe Rhin-Rhône avec l’École Nationale Supérieure de Chimie de Mulhouse.

L’établissement forme des ingénieurs en trois ans qui n’ont guère de souci pour trouver un emploi en France ou à l’étranger tout proche : Suisse et Allemagne.

Son existence remonte à 1822 et en fait la plus ancienne de sa spécialité.

Présentation de cette vieille et honorable dame avec Pierre Llopiz, son directeur.

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Qui êtes-vous Pierre Llopiz ?

Je suis né en Algérie et j’ai fait mes études à Marseille d’où je suis sorti docteur en chimie. Après un court passage dans l’industrie, je suis entré dans l’enseignement comme maître de conférence. J’ai été recruté par l’École Nationale Supérieure de Chimie de Mulhouse (ENSCMu) en 1989 et j’en suis devenu le directeur au 1er septembre 2011.

N’est-elle pas, parmi les 19 écoles de chimie de France, devenue une véritable institution ?

Nous sommes en tous les cas la plus ancienne, puisque le premier cours dispensé remonte à 1822 et ce, à la demande des industriels du textile de la région qui souhaitaient des personnels compétents pour la coloration des tissus. Après une longue période d’indépendance, notre école a rejoint en 2006 l’Université de Haute-Alsace, dont elle est une composante.

Votre ancienneté va t-elle de pair avec une bonne attractivité ?

Nous n’avons aucun mal à séduire des candidats. À cette dernière rentrée, nous accueillons 283 étudiants en cycle d'ingénieur, dont 96 en première année. Le cursus dure trois ans et nous formons chaque année des promotions d’environ 70 à 80 ingénieurs chimistes. On rentre chez nous sur concours, après des classes préparatoires aux grandes écoles ou à l’issue d’une seconde année de licence scientifique. On peut aussi nous rejoindre sur dossier, à l’issue d’un DUT ou d’un BTS chimie ou d’une formation transfrontalière équivalente à la deuxième année de licence. À noter que nous avons un cycle préparatoire intégré dans le cadre de la Fédération Gay-Lussac qui chapeaute toutes les écoles de chimie et de génie chimique. Et là, nous sélectionnons sur contrôle continu et dossier.

Quels atouts mettez-vous plus particulièrement en avant pour séduire ?

Nos cinq options 3ème année: chimie organique, bio-organique et thérapeutique ; chimie verte ; formulation et cosmétologie ; matériaux et polymères, ainsi que sécurité, environnement et santé au travail, sont l’une de nos grandes forces. N’oubliez pas que nous sommes situés à deux pas de la Suisse et de l’Allemagne qui représentent un bassin d’activité important, avec la présence de très gros laboratoires pharmaceutiques. D’ailleurs, le doctorat étant demandé dans ces deux pays, pas moins de 20% de nos ingénieurs poursuivent leurs études pour le décrocher. Au final, nos diplômés trouvent très facilement un emploi.

Quels sont vos axes de développement ?

Au-delà de la mise à disposition prochaine par l’Université des laboratoires dans le nouvel institut de recherche, nous en avons deux en propre. Nous voulons professionnaliser encore plus nos enseignements. Dès la première année, les étudiants bénéficient d’un tuteur pour élaborer leur projet professionnel. En 1ère et 2ème années, la moitié du temps se passe en travaux pratiques. Il faut encore aller au-delà et faire prendre conscience que les compétences doivent primer sur la Connaissance. Nous souhaitons également ouvrir l’école plus largement à l’international en élaborant un système d’échange efficace.

Crédit photo : ENSCMu

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