AVIS D’EXPERT. À 70 ans, Bernard Broye ne ménage pas sa peine pour une grande cause qui cristallise son temps et sa sueur : l’innovation.

À peine en retraite, l’ancien patron de la Cermex, près de Dijon (Côte-d’Or), entreprise spécialisée dans les machines d’emballage, a fondé puis présidé très longtemps le Réseau Entreprendre Bourgogne.

Il s’occupe maintenant et, depuis 2009, de l’Association Bourgogne Innovation (7 permanents, 1,2 million d’€ de budget), chargée d’accompagner les PME vers l’innovation, de rapprocher recherche publique et acteurs économiques privés mais aussi de favoriser le transfert technologique.

À l’occasion de la reconduction du label Cellule de Diffusion Technologique (CDT), annoncée hier 13 mars 2012, il dresse le bilan des actions menées par Bourgogne Innovation, martèle l’indispensable nécessité de développer l’innovation et milite pour un total décloisonnement entre recherche publique et les entreprises.

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Avant toute chose, si on vous dit innovation, que répondez-vous ?

Quelle est la clé essentielle pour devenir ou rester compétitif dans un monde où l’économie est dorénavant planétaire ? L’innovation offre la capacité de se démarquer par la mise au point de produits propres. Elle permet d’aller sur des marchés à l’international. Elle conditionne l’emploi et l’investissement. En résumé, elle assure la pérennité des entreprises.

Lorsque nous avons créé la Cermex, au départ dans mon garage, rien n’était évident. Grâce à la mise au point de produits innovants, nous sommes devenus progressivement l’un des numéros un européens du secteur. Ceci pour vous dire que, ce que nous avons fait, d’autres peuvent le faire. Rien n’est insurmontable et les champs du possible sont immenses.

Reste que pour les PME, déterminer, lancer puis conduire à terme un programme de recherche ne s’avère pas toujours évident. Quelle aide l’Association Bourgogne Innovation apporte t-elle ?

Elle oriente et accompagne les entreprises sur le chemin de l'innovation -et vous avez raison de le préciser- qui n’est pas toujours évident. Les freins pour se lancer dans cette aventure sont surtout psychologiques. Aussi, sommes-nous là pour ouvrir les bonnes portes, car nous animons un réseau d’une cinquantaine de partenaires : chambres consulaires, acteurs régionaux du financement (Oséo, conseil régional…), lycées techniques, plate-formes technologiques, Université de Bourgogne et sa filiale de valorisation de la recherche Welience… Tous apportent leurs compétences en termes de conseil aux projets innovants que nous défendons.

Bourgogne Innovation affiche t-elle un bilan encourageant, malgré la faiblesse de la recherche régionale ?

Je passe sur les nombreuses actions collectives : journées techniques, ateliers, sessions d'information, tables rondes et les opérations d’envergures nationales, comme le mois de l’innovation qui se déroule chaque année en octobre, pour dresser le bilan des interventions personnalisées. Au total sur 4 ans, nous avons accompagné 373 entreprises.

209 l’ont été au titre des prestations de conseil technologique. Bourgogne Innovation finance deux jours de conseil à raison de 1000 € la journée. 225 autres ont pu bénéficier de prestations technologiques réseau, c’est-à-dire d’une étude de faisabilité, de premiers essais techniques ou d’une aide au dépôt de brevets. Nous offrons 80% du coût dans un plafond de 10 000 €.

Enfin, depuis 2010, 54 prestations de protection de création innovante ont été réalisées. Il s’agit, entre autres, d’épauler les recherches d’antériorité. L'effet de levier s’est traduit par l’octroi de 96 financements de la part d’Oséo et (ou) du conseil régional pour un montant total de 7,6 millions d'€ entre 2008 et 2011.

Nous assumons aussi une importante mission auprès des entreprises pour promouvoir le partenariat technologique européen. L’objectif est de faciliter l’accès à des projets européens de R&D et de les accompagner dans leurs démarches. Entre 2009 et 2011, 3,1 millions d'€ de fonds européens ont été mobilisés au profit de 13 entreprises impliquées dans un projet de partenariat technologique européen, type PCRDT (Programme Cadre de Recherche et Développement Technologique). À titre d’exemple, La société Métallience, de Saint-Vallier (Saône-et-Loire), a participé à un programme de 17 millions d’€, impliquant 24 partenaires, pour mettre au point des robots de secours chenillés lors de catastrophes naturelles.

La recherche publique s’ouvre t-elle de plus en plus à l’entreprise ?

Oui, il suffit de citer l’agroalimentaire pour le constater. N’en demeure pas moins ailleurs quelques chapelles tenues par des mandarins qui refusent tout contact avec la plèbe mercantile. Les faire évoluer s’annonce gratiné !

Crédit photo: Bernard Broye

3 commentaire(s) pour cet article
  1. Renard Andrédit :

    Merci à Bernard Broye d'avoir donné 5 ans à Réseau Entreprendre Bourgogne en tant que Président.Merci Bernard pour avoir lancé Innotech chez Réseau. Merci pour tout ce que tu donnes aux jeunes entrepreneurs, créateurs, repreneurs, étudiants et collaborateurs qui ont aimé bosser (très dure) avec toi. Merci pour ce que tu fais chaque jour pour l'entreprise.

  2. Jean-Michel PLUVINAGEdit :

    Cet homme a beaucoup rendu au monde de l'entreprise, qui a besoin de visionnaires comme lui pour avancer vers des projets d'excellence. Bravo Bernard pour ton engagement indéfectible et ton soutien aux PME de notre région.

  3. CHEVALIERdit :

    Merci pour toutes ces actions encore trop souvent méconnues... il est clair aussi que l'industrie française n'en serait pas là où elle en est aujourd'hui si elle avait connu davantage de Bernard BROYE !

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