A l’initiative de la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) de Bourgogne-Franche-Comté, les organisations et syndicats, Capeb, CPME, Medef, Unicem (carrière et béton), FNTR (transports routier) et FFB (bâtiment) de la grande région, dressent un bilan assez positif de la gestion de la crise sanitaire. Ils s’inquiètent toutefois de la sortie de crise, surtout en terme social, eu égard au moral en berne des salariés.

 

Il n’y a eu qu’une seule pique entre Jean-Philippe Richard, président du Medef régional et Francis Veolin de la Capeb, ce dernier évoquant la sempiternelle et fausse affirmation que le Medef ne fédère que des groupes et ETI. Toutefois bien vite tuée dans l’oeuf, ce vendredi 26 février, lors de la réunion des principaux syndicats patronaux et fédérations professionnelles de Bourgogne-Franche-Comté.
Car le temps n’est plus aux polémiques stériles dans les milieux économiques, ce qu’a bien compris Vincent Martin, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) qui organisait en présentiel cette conférence de presse baptisée : « Relance par les territoires ».
Tous les participants sont unanimes, la crise a été plutôt bien gérée pour les entreprises, commerces et artisans. Non sans apporter un bémol aux secteurs des loisirs, de l’événementiel, de l’hôtellerie-restauration, empêchés de travailler.

 

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• Chambre régionale des métiers et de l’artisanat

 

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L'apprentissage repart à la hausse, les employeurs jouant de nouveau le jeu pour former. © CRB-VA


Manuela Morgadinho, la représentante régionale des artisns, se félicite de la mise en place de formations en ligne, du click and collect, de l’engagement sur le numérique de 1.000 de ses adhérents, ainsi que des très nombreux diagnostics énergétiques effectués. « Je crains toutefois, comme nous représentons de petites structures, que si la reprise n’est pas nette, les plus grosses entreprises viennent chasser des contrats plus modestes et nous pénalisent. »

 

• Transports Routiers 

 

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© Groupe Vingeannne


Georges Grenier, le président régional de la fédération nationale des transports routiers (FNTR ), l’indique d’entrée de jeu : « Tout ne redémarre pas trop mal. » Et ce, même si le transport routier est à ses yeux le mal aimé derrière l'argument de la pollution qu’il démonte en assurant qu'il ne génère que 6% des émissions de CO2. L’élu professionnel a toutefois deux os à ronger. Le premier concerne l’impossibilité pour sa profession de recruter, affirmation placée en perspective du nombre de chômeurs « appointés à ne rien faire. »
« Les gens ne veulent plus travailler », décrète-t-il comme un lieu commun un rien éculé. On aurait dû lui demander si sa profession actuelle fait rêver les jeunes et comment il réfléchit pour les attirer. L’homme est par ailleurs vent debout, bonnet rouge dans la poche, contre toute éco-taxe et prône un lissage des charges sociales à 28% pour son métier, la moyenne européenne, assure-t-il.

 

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• Bâtiment (Capeb)

Francis Veolin ne masque pas que l’activité du bâtiment, version petite entreprise, va bien avec une hausse de 1,5% de l'activité. Le président de ce syndicat pèse lourd en Bourgogne-Franche-Comté : 20.000 entreprises, 40.000 emplois. Le satisfecit porte sur la rénovation énergétique, fortement soutenue et moteur actuel des commandes. Il s’inquiète néanmoins de la hausse du prix des matériaux de 25 à 30%, très pénalisante surtout pour l’approvisionnement en ferraille.

 

• UNICEM (carrières et béton)

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Aucune carrière n'a fait faillite durant l'année 2020.


Pas moins de 300 carrières et 100 centrales à béton (plus de 3.000 emplois) couvrent le territoire régional et aucun dépôt de bilan n’est aujourd’hui à déplorer. Christophe Bauduin, le président régional des carriers et fabricants de béton prêt à l’emploi (Unicem), se félicite de la sécurisation gouvernementale des grands travaux à venir sur les routes nationales et les voies ferrées. Lui reste une épine dans son pied : le GNR ou gazole non-routier, que le gouvernement veut taxer et qui alimente les engins de chantiers. Avis partagé par les orgnaisations du bâtiment et des travaux publics : « L’engagement du gouvernement pris en 2019 de mettre en place un carburant non routier avec une couleur spécifique au BTP, après la suppression de l’accès au GNR pour le secteur, ne pourra pas être respecté au 1er juillet 2021 », estiment les représentants de ces filières.

 

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• Medef Bourgogne-Franche-Comté

Jean-Philippe Richard ne pleure pas misère pour ses  adhérents. La mise en place des prêts garantis par l’Etat (PGE), le financement du temps partiel, le dialogue social instauré, démontrent à ses yeux des réactions appropriées. Il salue aussi l’augmentation de 20% du nombre d’apprentis, même si quelques-uns recherchent encore des stages.

 

• Travaux Publics

 

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Mise en place d'un bassin d'orage. © Pennequin.


Le plan de relance national concernant le secteur des travaux publics avec 3,8 milliards de crédits provoque un large sourire de Vincent Martin. « Il n’y a eu jamais autant d’argent sur la table. » Mais le dirigeant de l'un des plus grands groupes indépendants constate que l’économie est « sous cloche » et annonce des lendemains incertains. « A nous d’écrire notre destin », ponctue-t-il.

 

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• CPME

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Louis Deroin, le président régional de la CPME,  n’est ni un pessimiste ni un déclinologue. Le patron des petits patrons régionaux, qui a su réveiller la présidence régionale de ce syndicat patronal, mise en berne par son prédécesseur, milite pour une  « intelligence administrative future »  afin d’opérer une sortie de crise en douceur. Il défend aussi bec et ongles un prêt de consolidation, intégrant les PGE et autres crédits, sur une durée longue d’environ 10 ans.

 

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•  FFB (Bâtiment)

La rénovation énergétique des logements et 800 dossiers déposés bientôt à fin mars font de Bernard Laborey, un président régional de la Fédération Française du Bâtiment (FFB)  heureux. Heureux de l’engagement très fort du conseil régional, de Pôle Emploi, de Bpifrance. « Notre conjoncture va bien, ce qui est va moins bien est le manque dramatique de main d’œuvre et le délai trop long d’instruction des permis de construire », regrette-t-il.

 

Le mot de la fin revient à Vincent Martin. « Pensons au moral de nos salariés, empêchés de déjeuner au restaurant, obligés de rentrer avant 18 heures, contraints au télétravail, sans aucune vie sociale. » Le patron des travaux publics a raison, mais pas seulement pour ses troupes. Vivement un autre demain !

 

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L'aréopage de présidente et présidents des organisations patronales de Bourgogne-Franche-Comté réunis à l'intiative de Vincent Martin. © Traces Ecrites

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