Les entrepreneurs du bâtiment, représentés par la Fédération Régionale du Bâtiment de Bourgogne-Franche-Comté, demandent à leurs clients, publics et privés, de prendre en compte leurs difficultés à tenir les délais et absorber la hausse du prix des matériaux consécutifs à la crise sanitaire.


C’est un appel à la solidarité de toute la chaîne de la construction qu’a lancé hier 7 février à Dijon, Emmanuel Chevasson, président de la Commission économique de la Fédération Régionale du Bâtiment de Bourgogne-Franche-Comté. Les entreprises du bâtiment ne veulent plus être seules à supporter la hausse du prix des matériaux.
« Seulement la moitié ont refacturé cette hausse à leurs clients et encore, seulement à hauteur d’un tiers, c’est peu », relève t-il. Survenu l’an dernier, à la fois cause et conséquence de la pénurie consécutive au ralentissement économique depuis le début de la pandémie du Covid-19, l’envol du prix des matériaux se chiffre en moyenne à + 18% tous corps d’état.

 

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Aujourd’hui, il y a urgence disent les entrepreneurs du bâtiment. Car les premiers indicateurs des bilans 2021 montrent une baisse de la rentabilité des entreprises de construction, du maçon au peintre en passant par le menuisier ou le charpentier. L’appel s’adresse aux industriels qui fabriquent béton, peintures, isolants, produits métalliques etc. et qui apparaissent, selon les représentants des entrepreneurs régionaux, les seuls à profiter de cette crise conjoncturelle. Il s’adresse aussi aux clients, publics et privés : collectivités locales, promoteurs immobiliers, maîtres d’oeuvre etc.

Certes l’Etat a fait un effort, décidant de supprimer les pénalités de retard des chantiers et de revoir les délais d’exécution consécutifs à la désorganisation qui s’est amplifiée au fur et à mesure des différentes vagues de contamination. « Et les gros donneurs d’ordre publics commencent à s’aligner sur la position de l’Etat », reconnaît Emmanuel Chevasson. Démarche de plus longue haleine, car il s'agit d'une clientèle  parsemée : sensibiliser les particuliers qui forment une grosse partie du carnet de commandes des entreprises les plus petites. Et elles sont nombreuses : 90% des entreprises de la région comptent moins de 10 salariés. Les entrepreneurs veulent leur faire admettre une révision des devis qui, pour beaucoup, ont été signés il y a plusieurs mois, voire un an. 



10% des effectifs sont actuellement absents

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Les entrepreneurs du bâtiment font valoir la diversité de leurs métiers – une trentaine – et les possibilités d'ascension sociale de leurs employés. © Traces Ecrites



Car la 5e vague, toujours présente dans les entreprises, ajoute une équation pas facile à résoudre. « Chaque matin, on commence à compter les absents, ensuite on révise le planning. » On estime les absences à 10% des effectifs. « On ne remplace pas rapidement un ouvrier qualifié et ne parlons pas du télétravail, impossible dans nos métiers. »

La situation est d’autant plus compliquée que les entreprises du bâtiment ont fort à faire. Elles ont des carnets de commandes bien remplis. Selon l’observatoire régional, ils sont passés de 17,9 semaines au 2e trimestre 2020 à 21,3 un an plus tard. Les mises en chantier de logements ont augmenté en un an de 26,1%, qu’il s’agisse de la construction de logements neufs ou de leur rénovation. Et les entreprises n’ont pourtant pas failli à l’embauche : 1.700 personnes ont été recrutées en un an (à la fin du 2e trimestre 2021), ce qui représente une hausse des effectifs de 3,5%.

 

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« En Bourgogne-Franche-Comté, nos métiers se trouvent presque en plein emploi, il va falloir chercher des recrues parmi les personnes les plus éloignées de l’emploi », analyse Bernard Laborey, président de la Fédération Régionale du Bâtiment de Bourgogne-Franche-Comté.

Les acteurs de la construction espèrent que les candidats à l’élection présidentielle s’empareront du sujet. « Notre activité est une pierre précieuse », commente Emmanuel Chevasson, « on ne le sait pas assez, le bâtiment est bien payé, c'est un véritable ascenseur social et il concerne ce que les Français ont de plus cher, leur toit et leur intérieur. »

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Emmanuel Chevasson, président de la Commission économique régionale (à gauche) et Bernard Laborey, président de la Fédération Régionale du Bâtiment de Bourgogne-Franche-Comté. © Traces Ecrites

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