Linacut, dernières nées des machines-outils maison, marie la découpe laser en continu jusqu’à quatre millimètres à la productivité du travail en bobine.
Linacut, dernière née des machines-outils maison, marie la découpe laser en continu jusqu’à quatre millimètres à la productivité du travail en bobine.

MÉCANIQUE. Le fabricant bisontin d’équipements de déroulage de tôle et de lignes flexibles de production réalise 70% de son activité à l’international.

Pour convaincre, il mise sur ses machines-outils très innovantes conçues par un service R&D regroupant 30 ingénieurs et techniciens.

Dimeco est aussi un petit groupe qui a des filiales spécialisées dans les presses et solutions hydrauliques et les systèmes de manutention pour changement rapide de bobines et d’outillages.

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Chez Dimeco, les catalogues de présentation des différentes gammes de machines-outils « made in Franche-Comté », se lisent depuis longtemps en seize langues.

Dès les années 70, Georges Jeanney, aujourd’hui décédé et fondateur en 1957 de cette entreprise de Besançon (Doubs), a axé le développement sur l’international.

« Nous serions morts depuis longtemps sans cette clairvoyance stratégique », assure Laurent Deschamps, président de Dimeco.

Avec pas moins de 70 % des 30 millions d’€ de chiffre d’affaires à l’exportation, le fabricant d’équipements de déroulage de tôle (dévidoirs, redresseurs et ameneuses, comme de lignes flexibles complètes de poinçonnage, profilage et pliage), livre et installe aux quatre coins de la planète.

« Nous sommes devenus pour nos clients européens une véritable arme anti-délocalisation, tant nous répondons aux besoins de compétitivité vis-à-vis des pays à bas coût de main-d’œuvre », se vante le dirigeant, entré chez Dimeco en 2004.

Un tour d’horizon des 8500 m2 d’ateliers en compagnie de Gilles Demougeot, le directeur industriel, permet de mieux comprendre.

Linacut, dernier né des équipements maison, marie la découpe laser en continu jusqu’à quatre millimètres à la productivité du travail en bobine.

Entièrement automatisée et dotée d’un robot préhenseur, cette nouvelle ligne offre de surcroît une touche d’esthétisme pour avoir été "designée" par le Dijonnais Ludovic Caillot.

« Sa conception et mise au point, épaulées financièrement par Bpifrance, a nécessité trois ans et nous sommes détenteurs d’un brevet », explique Gilles Demougeot.

Laurent Deschamps, président de Dimeco.
Laurent Deschamps, président de Dimeco.

Un marché de niche

Implanté à l’étranger avec une co-entreprise en Inde depuis 2012 et une usine au Pays Basque espagnol, le fabricant (150 salariés) exploite aussi un site à Saint-Etienne (Loire), spécialisé dans les presses et solutions hydrauliques, ainsi qu’une petite filiale à Besançon entièrement dédiée aux systèmes de manutention pour changement rapide de bobines et d’outillages.

Ce savoir-faire complet convainc bien au-delà du secteur des découpeurs et emboutisseurs pour l’automobile (50% des ventes).

« L’aéronautique, le bâtiment, les luminaires, le matériel électrique et le mobilier métallique sont pour nous autant de leviers de croissance importants sur un marché mondial de niche », précise Laurent Deschamps.

Parfois, par le biais de subterfuges cocasses. Pour conquérir la clientèle allemande, un rien protectionniste, Dimeco, qui s’appuie dans une vingtaine de pays sur des agents distributeurs, a du complètement s’effacer.

La société Dreher, son représentant outre-Rhin, vend sous son propre nom en intégrant seulement quelques composants purement germaniques.

Dimeco livre dans le monde entier des équipements clés en main.
Dimeco livre dans le monde entier des équipements clés en main.

Confiant dans son avenir, l’industriel comtois cherche toutefois à préserver deux avantages concurrentiels : la formation de ses personnels qui frise les 4% de la masse salariale et une R&D qui fédère 30 ingénieurs et techniciens avec un budget proche des 14% du chiffre d’affaires.

Retrouvez aussi cet article du même auteur dans l'édition de l’Usine Nouvelle, baptisée "Champions de Monde",  en date du 10 juillet 2014.

Crédit photos : Traces Ecrites.

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