L’UIMM Alsace ouvrira début 2021, la Maison de l’industrie, dans le quartier du Km0, symbole du numérique à Mulhouse. Le syndicat patronal des entreprises de la métallurgie s’inspire de ce qu’il a fait à Strasbourg, avec des illustrations concrètes de l’usine du futur. Elle met en réseau ses formations, du CAP au bac + 8, pour préparer au mieux à la mutation de l’industrie. La Maison de l’emploi et de la formation de Mulhouse développera, pour commencer à destination PME de moins de 50 salariés et de façon gratuite, un dispositif d’aide au recrutement.

Le symbole est fort. Le quartier de la Fonderie à Mulhouse fut longtemps l’incarnation des temps industriels glorieux de la ville haut-rhinoise qu’on appelait la Manchester française, au XIXème siècle et jusqu’au début du XXème. Or voici qu’il rentre dans l’ère dans l’usine du futur, celle du XXIème siècle. 
Son Km0, situé dans un ancien atelier de feu la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique), a ouvert en février et il se remplit d’ici à septembre de ses 11.000 m2 pour des centres de formation, des espaces de tests, un fablab, des hébergements de start-up notamment dans le domaine du numérique appliqué à l’industrie, concrétisant ainsi l’idée originale d’une poignée d’entrepreneurs locaux. 




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Dans un peu plus d’un an, le Km0 aura un voisin avec lequel dialoguer  : la Maison de l’industrie doit en effet ouvrir ses portes début 2021 dans le même quartier. L’UIMM Alsace (Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie) qui en est à l’origine regroupera sur 5.000 m2 ses services locaux et surtout ses ressources de formation du Sud-Alsace, le CFAI (centre de formation à l’industrie par l’apprentissage) et l’AFPI (formation continue).
« L’industrie du futur sera précisément un pilier des cursus qui seront dispensés à plus de 300 élèves chaque année dans la Maison de l’industrie. La localisation de celle-ci à la Fonderie répond à une logique de proximité plébiscité par la Région Grand Est, la communauté d’agglomération M2A et la Ville de Mulhouse, cofinanceuses de l’investissement de 10,8 millions d’€ de l’UIMM et du CFAI Alsace, dans le but de consolider un écosystème local autour de l’industrie du futur », souligne Eric Daliguet, délégué général de l’UIMM Alsace.
Pour le syndicat patronal des entreprises de la métallurgie, la nouvelle implantation reproduira le modèle de regroupement qu’elle a déjà opéré depuis 2011 dans l’agglomération de Strasbourg à Eckbolsheim. « Nous y avons aménagé une mini-usine du futur, dotée d’équipements spécifiques pour un fonctionnement en enseignements par projet autour de la robotique, de l’IoT [ internet des objets, Ndlr ], de la chaîne numérique, ou encore de la cyber-sécurité. Mulhouse s’inspirera de ce précédent », précise Eric Daliguet.


Plate-forme RH de la Maison de l’emploi et de la formation

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La Maison de l'industrie fera bon voisinage avec le KM0, ancien atelier de feu la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique), transformé en refuge des entreprises du numérique. © Traces Écrites.

À l’échelle du Sud-Alsace, la Maison de l’industrie forme l’un des trois pieds du programme « Territoire d’industrie » qui a décroché sa labellisation auprès de l’État en fin d’année dernière. Doté de 1,2 million d’€ du PIA (Programme investissement d’avenir), il comprend aussi un Campus des métiers et qualifications de l’industrie du futur et une Plate-forme RH. Le Campus est le fruit de l’initiative de la Région Grand Est, de M2A, de l’UIMM, de l’Université de Haute-Alsace et de l’Université de Strasbourg. « Il mettra en réseau les formations, pour permettre à chaque public, du CAP au bac + 8, de choisir à la carte celles qui le préparera au mieux à la mutation de l’industrie », explique Laurent Riche, vice-président de M2A pour l’attractivité économique et l’innovation

 

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La Plate-forme RH, quant à elle, poursuit une vocation plus large. Son pilotage incombe à la Maison de l’emploi et de la formation Mulhouse-Sud Alsace (MEF), qui commence à la déployer depuis ce printemps, pour une phase d’expérimentation de 18 mois. La MEF réplique ainsi un dispositif lancé par son homologue de Brest qui s’est étendu depuis à une dizaine de bassins d’emploi en France.
Dans un premier temps, elle concentrera ses prestations sur les PME de moins de 50 salariés, de façon gratuite. 
À partir d’un entretien avec le dirigeant d’entreprise, elle lui proposera un appui au recrutement pour l’aider à bien définir son offre  et l’accompagner si  besoin dans le choix du type de contrat approprié « celui-ci peut prendre des formes plus atypiques, comme le groupement d’employeurs », relève Anne-Gaëlle Mangin, chargée de mission. Elle le familiarisera avec des outils comme les fiches de poste ou la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences) et le dirigera vers les organismes compétents sur des volets plus pointus, dont la Région et la CCI Alsace Eurométropole pour les diagnostics industrie du futur.
« La plate-forme sera une table d’orientation Pour toutes ces missions, nous apportons une réponse de premier niveau qui demandera à être approfondie par les organismes publics ou les acteurs privés experts », souligne Alexandra Walonislow, directrice de la MEF.

L’UIMM diagnostique l’industrie du futur

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L'usine de SEW-Usocome à Brumath (Bas-Rhin) constitue depuis 2015 l’une des vitrines alsaciennes et même françaises de l’industrie du futur. © SEW-Usocome
En complément du diagnostic proposé par la Région Grand Est à l’ensemble des entreprises, l’UIMM Alsace a mis en place son propre dispositif de préparation et de soutien à l’introduction des préceptes de l’industrie du futur, pour son secteur d’activité. Il est orienté « sur les aspects très concrets et immédiatement opérationnels », souligne-t-elle.
Le syndicat de la métallurgie fait appel à quelques experts régionaux comme Michel Munzenhuter, l’ancien dirigeant de SEW-Usocome dont la nouvelle usine à Brumath (Bas-Rhin) constitue depuis 2015 l’une des vitrines alsaciennes et même françaises de l’industrie du futur.
Cette thématique mobilise, outre la prochaine Maison de l’industrie à Mulhouse et le pôle d’Eckbolsheim, les deux autres sites de formation de l’UIMM Alsace, en cours de renforcement : Colmar (extension en cours) et Reichshoffen (Bas-Rhin) qui s’agrandira en fin d’année par le rachat de locaux cédés par Alstom sur place.
Au total, le CFAI alsacien forme 1.400 apprentis par an et il constate un regain d’attrait pour l’apprentissage en milieu industriel « qui débouche sur un taux d’insertion de 89 % », souligne Bruno Russo, reconduit lundi soir, 24 juin, à la fonction de président de l’UIMM Alsace lors de l’assemblée générale.

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