
CYCLES. Avec Will, sa toute jeune société, Augustin Charlot entend convaincre que son vélo pliable à assistance électrique peut séduire une large clientèle française comme étrangère.
Le chef d'entreprise jurassien souhaite proposer un autre modèle, plus haut de gamme et entièrement fabriqué en France.
Le jeune homme regrette le double langage des collectivités locales qui l’encouragent « par de belles paroles » , mais refusent d’accorder le coup de pouce financier.
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Augustin Charlot fait vraiment plaisir à écouter. Voilà deux ans déjà que le jeune homme (27 ans) développe la société Will qu’il a fondée à Montrond (Jura) et spécialisée dans la conception et commercialisation de vélos pliables à assistance électrique.
Et cela marche ! La jeune entreprise s’appuie sur une quarantaine de points de vente en France, en aura une centaine avant la fin de l’année et attaque déjà l’étranger : Allemagne, Hollande, Espagne, Portugal, Israël…
Il faut dire que son premier modèle, le V’lec Pocket, a de quoi séduire. Il s’adresse principalement à une clientèle urbaine (*). « Il n’est pas destiné à un usage sportif ou de loisirs, c’est un vélo pratique pour des déplacements de proximité qui répond à un manque place », explique Augustin Chalot.
L’engin replié est long de 76 cm, large de 16 cm, haut de 60 cm et ne pèse que neuf kg. Dans le train, il tient sur un porte-bagages et dans un appartement, à une place perdue.
On le range aussi très facilement dans le coffre d’une voiture ou dans la caravane. Sa mise au point aura duré deux ans et nécessité un budget de 200 000 €.

Un amoureux de la petite reine
Les pièces viennent d’une vingtaine de pays et le vélo est assemblé près de Shanghai en Chine pour de strictes raisons de rapport qualité-prix.
Demain, Augustin Charlot imagine un vélo Made in France. Il bénéficiera toujours du même concept fonctionnel, mais sera plus puissant, plus ergonomique et plus haut de gamme.
«Nous réfléchissons à ce qu’un centre de réinsertion pour jeunes assure l’assemblage et des discussions sont même en cours», précise le dirigeant.
Les collectivités locales trouvent l’idée plus qu’intéressante, on pourrait même dire originale, et l'encouragent en ce sens. Mais leur aide s’arrête au discours, regrette Augustin Charlot, car pour l’instant Will n’a droit à aucune aide financière.
«Il faudrait à leurs yeux qu’on soit déjà installé car elles ne font pas confiance aux jeunes créateurs, ce qui rend encore plus difficile le parcours du combattant pour y arriver», regrette ce jeune patron qui emploie une personne et mise sur 350 000 € de chiffre d’affaires cette année.
Pas question pour autant que ce double diplômé d’école de commerce et d’études politiques se décourage, sachant que d’autres régions lui font des appels du pied.
Il aimerait pourtant rester dans sa région d’origine qu’il a parcouru à vélo de long en large, avant de traverser les États-Unis, tandis que son frère Virgile faisait la même chose en Afrique.

(*) Certaines villes accordent des subventions pour l’achat d’un vélo à assistance électrique.
C’est le cas de Besançon, avec un montant plafonné à 150 € et sous conditions de ressources : 20% du prix d’achat pour les moins favorisés, 10% pour les plus aisés.
Crédit photos : Will






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Réponse de l'auteur à Emmanuel Vallet, La CCI du Jura fait son travail et le fait bien en épaulant de nombreuses entreprises avec efficacité. Elle n'est d'ailleurs pas en cause. L'aide à laquelle vous faites allusion est toutefois indirecte. Elle a été versée à hauteur de 8 000 € à un consultant en 2012. Will souhaiterait bénéficier d'un coup de pouce financier direct pour pouvoir accélérer son futur vélo Made in France comme des milliers d'entreprises chaque année en France, soutenues par leurs collectivités locales.
Nul n'est prophète en son pays, ça résume la situation. Sauve-toi Augustin, le monde est vaste, le Haut-Jura si loin de tout...
La CCI du Jura suit ce projet, en assure la promotion au travers ses publications ou manifestations, a permis d'obtenir une aide au lancement technico-économique (Chèque innovation RIFC-Oséo-Conseil Régional de FC), et l'accompagne aujourd'hui, avec l'ARIST, service de la CCI régionale de FC, sur les aspects protection industrielle de la version Made in France du V'lec. L'équipe du Service Industrie de la CCI du Jura est sensible à ce projet, pratiquant le vélo de route et le VTT, et à son dirigeant qu'elle connaît bien.
La france est à la recherche de développement économique (emploi, balance commerciale, ...). Voilà un jeune qui a une excellente idée, la réalise techniquement, et la commercialise avec succès. Qu'attendre de plus pour l'aider ? Bravo pour votre créativité, et mes voeux de réussite pour votre développement ! Je suis un peu partial : j'aime le vélo, je trouve que c'est une des inventions les plus utiles, avec un rapport coût/utilité exceptionnel (gain de temps, aucune énergie consommée, de l'exercice pour la santé : idéal). Ps : j'ai un vélo pliant, non élec : je l'utilise dès que j'ai des rdv dans Dijon centre. Je peux l'emmener dans le tram, le train, en vacances, ...
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