L’un des modèles assemblés dans l’usine de Vendeuvre-sur-Barse. ©Frédéric Marais.
L’un des modèles assemblés dans l’usine de Vendeuvre-sur-Barse. ©Frédéric Marais.

LITERIE. Cette toute jeune entreprise auboise occupe un marché de niche, celui du sommier tête et pieds relevables électrique. Mais ses dirigeants affichent une vingtaine d’années d’expérience dans la literie.

Une diversification dans le matelas et une extension des locaux figurent déjà au programme de Lunély, qui projette également d’étoffer son personnel et son réseau de distribution.

Créer des produits « plus fun et plus sexy » que ceux que propose actuellement le marché, c’est l’ambition de Sophie Tolu, la responsable marketing de Lunély.

Comment ? En jouant sur la profondeur de gamme, en apportant de la couleur, en introduisant la notion d’esthétique dans un secteur trop souvent associé à l’idée d’assistance. Sans bien sûr négliger le confort et l’ergonomie du produit.

« Le TPR (ndlr : tête et pieds réglables) peut aussi s’adresser à une maman qui allaite son bébé, à un jeune qui lit sur sa tablette ou à un couple qui regarde la télé », souligne Sophie Tolu, qui souhaite « démocratiser » cet outil de relaxation et le rendre plus « intergénérationnel ».

En axant sur la décoration extérieure, en déclinant une quinzaine de coloris et en proposant une finition cuir, Lunély se rapproche de l’univers de l’ameublement.

Bref, l’entreprise apporte de la fantaisie dans la chambre à coucher, un « environnement moins jeune » que celui de la cuisine ou de la salle de bain, aux yeux de la responsable marketing.

5 000 couchages en 2014

Créé en 2012, Lunély (dont le nom est censé évoquer l’univers de la nuit et du sommeil : lune et lit) a assemblé 3 000 couchages en 2013, pour un chiffre d’affaires de 1 million d’€. Son objectif : en fabriquer 5 000 en 2014.

Elle s’est attaquée depuis au marché du matelas, un produit de toute évidence complémentaire avec le sommier, et qui ouvre des perspectives commerciales impossibles à ignorer, puisque « il se vend cinq matelas en France quand il se vend un sommier ».

Le sommier tête et pied réglables électrique représente 5 ou 6 % du marché de la literie en France. ©Frédéric Marais.
Le sommier tête et pied réglables électrique représente 5 ou 6 % du marché de la literie en France. ©Frédéric Marais.

Mais dans ce domaine-là aussi la société auboise s’attache à innover.

Elle propose deux types de matelas différents pour un même lit : un pour madame et un pour monsieur, si l’on veut résumer les choses un peu sommairement.

L’idée est surtout d’adapter le rembourrage à la morphologie, au poids et aux besoins de son utilisateur.

Cette diversification et la croissance de l’activité imposent à l’entreprise une extension de ses locaux.

Un nouveau bâtiment de 1 600 m2 doit voir le jour en complément des 2 600 m2 de l’usine occupée naguère par le fabricant de sous-vêtements VSV, à Vendeuvre-sur-Barse. Une ancienne friche industrielle dans laquelle Lunély a élu domicile après avoir lancé son activité dans l’agglomération troyenne.

600 points de vente à terme

Un grand show room a été aménagé à côté de l’atelier de fabrication, mais il n’est pas possible au grand public de le visiter dans la mesure où Lunély vend directement aux professionnels, en B to B.

« Nous sommes actuellement distribués dans 200 magasins, indique Sophie Tolu, notamment ceux de Maison de la Literie. Nous souhaitons à terme disposer de 500 ou 600 points de vente, en élargissant nos canaux de distribution à une enseigne comme Roche Bobois par exemple. »

L’entreprise emploie 8 personnes (3 dirigeants et 5 intérimaires). Le nombre de salariés est appelé à tripler dans les années à venir, pour atteindre une quinzaine de CDI en 2016.

©Frédéric Marais.
©Frédéric Marais.

Qui est Sophie Tolu ?

Responsable marketing et communication, Sophie Tolu sera nommée prochainement présidente de la future SAS (Lunély est actuellement une SARL).

Agée de 39 ans, elle est diplômée de école supérieure de management Ifag Paris, où elle a suivi une formation par alternance. Elle connaît bien le monde de la literie, pour avoir travaillé pendant une quinzaine d’années chez Timbo (aujourd’hui Hilding Anders Champagne), l’entreprise de sommiers de relaxation électriques fondée par son père à Lusigny-sur-Barse.

Avant de créer Lunély en 2012, Sophie Tolu s’était lancée dans la construction de maisons passives.

Au sein de sa nouvelle société, elle travaille en famille aux côtés de son frère, Cyprien Tolu (finances) et de son mari, Wilfried Garnet (production). Tous trois conçoivent ensemble les produits.

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