Produit du terroir. Dans notre grande saga des produits emblématiques d’un terroir, tant en Bourgogne, en Alsace qu’en Franche-Comté, comment oublier la pipe de Saint-Claude (Jura) ?

Des 80 fabricants d’avant-guerre, il n’en reste plus que 3 aujourd’hui, dont l’entreprise Chapuis-Comoy (1,35 million d’€ de chiffre d’affaires, dont 55% à l’exportation, 25 personnes) sur laquelle nous avons jeté notre dévolu.

Fondée en 1825, elle fournissait les «grognards» de Napoléon avec des produits en buis.

La découverte de la bruyère et de son traitement très spécial pour les pipes lance alors la mode et fait le bonheur des spécialistes sanclaudiens.

«L’arrivée de la cigarette pré-roulée avec les Américains à la Libération, la crise des années 70 et les lois anti-tabac ont eu raison en partie de l’objet et de nombreux fabricants», explique Antoine Grenard, sixième génération aux commandes et le fils d’Yves, grand défenseur de la corporation.

Mais des amateurs demeurent.

Au point que Chapuis-Comoy, sous sa marque Chacom, produit 70 000 à 80 000 pipes par an et les exporte dans 55 pays.

Fabriquer une pipe obéit à des étapes très précises.

Déjà on fait sécher un à deux ans les ébauchons de bruyère qui ont trempé dans un bain de tanins pour faire évacuer la sève.

Puis, on calibre, on ébauche, on tourne (le varlopage), on fraise, on râpe, on perce, on monte, on polit, on badigeonne, on éclaircit, puis on marque.

Pour en savoir plus : www.pipechacom.com/pipes-traditionnelles/fabrication.htm

De 35 à plus de 2000 €

Droites, courbées, demi-courbes, courtes, très courtes en forme de brûle-gueule, elles séduisent de plus en plus de jeunes qui souhaitent moins fumer ou fumer différemment, en prenant leur temps.

Un bon fumeur de pipe possède jusqu’à 40 modèles.

«Pour ma part, je conseille de prendre des tabacs assez fins et secs, aromatiques et pas entêtants», souligne Antoine Grenard.

Commercialisées en France chez les buralistes, les pipes Chacom démarrent en prix à 35 €, mais peuvent dépasser les 2000 € si l’acheteur souhaite des veines de bois parfaites, une bague en or, voire des incrustations de diamants, comme cela s’est déjà vu.

Chez Chapuis-Comoy, parmi les 50 nouveaux modèles qui renouvellent chaque année la gamme, un seul n’est pas conçu dans les vastes ateliers-musée de l’entreprise qui pouvaient accueillir jusqu'à 250 salariés.

Il est signé du grand pipier danois Tom Etlang, le plus célèbre à travailler ses productions tout à la main.

Crédit photo: Chapuis-Comoy

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Brigitte Bacheleydit :

    Et pour compléter : ne pas oublier d'aller au musée de la pipe à Saint-Claude. Même si l'on n'est pas comme moi fumeur (fumeuse), la fabrication de ce bel objet y est fort bien expliquée et le site expose une très belle collection de pipes.

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