SUCCESS STORY. Bien ancré le long d’un cours d’eau traversant Béthonvilliers (90), le Moulin Thuriot appartient à la même famille depuis près de 3 siècles.

Grands-parents, parents et petit-fils sont aux manœuvres de cette petite entreprise.

En mono-activité à l’origine, la meunerie s’est peu à peu diversifiée dans l'alimentation animale. Ce débouché génère aujourd'hui autant de chiffre d'affaires que la farine ménagère.

Fondée en 1730, la meunerie  Thuriot se transmet de père en fils depuis au moins 7 générations. Une tradition dont la relève est assurée par Sébastien, bien décidé à garder le cap. Dans le contexte économique actuel, une telle longévité a de quoi laisser songeur.

Pourtant cette petite entreprise de 5 personnes a traversé, elle aussi, des moments difficiles. «Pendant la seconde Guerre mondiale, le moulin a brûlé. François, l’aïeul, avait alors rebâti l’édifice sur ses anciennes fondations. Un nouveau départ qui lui permit d’abandonner l’énergie hydraulique, pour se raccorder au réseau électrique», explique Sébastien Thuriot.

Entièrement consacrée à la meunerie de farine blanche à ses débuts, la petite entreprise a progressivement étendu sa gamme à des mélanges spéciaux destinés à la fabrication de pains, de pâtisseries, de crêpes, de brownies…

La matière première provient exclusivement d’autres petits producteurs de la région, principalement du Territoire de Belfort, mais aussi du Doubs, de Haute-Saône et d’Alsace. «Pourquoi chercher ailleurs des produits de bonne qualité que l’on peut trouver ici ?», se demande le dirigeant.

«Nous n’achetons pas non plus de farine aux coopératives, celles-ci privilégiant généralement les gros rendements. Nous considérons que ce n’est pas forcément synonyme de qualité», ajoute t-il.

Granulés pour animaux

En plus des farines dites ménagères, les Thuriot se sont lancés dans la fabrication de granulés alimentaires pour animaux, domestiques et d’élevage. Là encore, les céréales qui servent à les fabriquer sont achetés à des entreprises locales.

Démarrée il y a 30 ans, cette activité a nécessité la construction d’une usine spécifique sur le site. L’investissement a été payant : les aliments animaliers génèrent aujourd'hui autant de chiffre d'affaires que les farines ménagères.

«80% des ventes sont assurées avec des professionnels, qu’il s’agisse de boulangers, pâtissiers, d’éleveurs ou de gérants de centres équestres, nombreux dans la région», précise le meunier.

Les particuliers ne boudent pas pour autant une production artisanale qui rassure, alors que les esprits sont encore marqués par le souvenir de scandales alimentaires. «Nous n’avons jamais été tentés par le marché des farines animales, et c’est un atout, tant cette pratique a été l’origine de crises sanitaires».

Autre dynamique susceptible de renforcer l’achalandage du moulin, le développement des machines à pain. Les particuliers viennent ainsi choisir le type de farine adaptée à leurs envies : blé, seigle, complète, aux céréales et aux graines, müesli, pour pâte à pizza, fougasses…

«Pour les fêtes de fin d’année, on vend beaucoup de farine en Alsace en raison de leurs nombreuses spécialités pâtissières. En revanche en été, la mode est aux préparations spéciales telles que les farines provençales», constate le jeune chef d'entreprise.

Bien qu’il soit possible de passer commande par téléphone ou par Internet, la majorité des clients achète sur place. Une façon de garder cet esprit « familial », en comparaison aux minoteries parisiennes, dijonnaises et alsaciennes.

«Ce sont de gros moulins : ils viennent sur notre marché et cassent les prix. Jusqu’ici nous avons réussi à garder notre clientèle. Mais leur concurrence ajoutée aux crises financière et agricole des dernières années, a fait baisser nos ventes», regrette t-il.

Bon an, mal an, le chiffre d’affaires de la société tourne autour des 400 000 €. Malgré une récente amélioration, Sébastien Thuriot reste vigilant : des 7 moulins implantés dans le Territoire de Belfort à l’époque de son grand-père, il n’en subsiste plus qu’un. Le sien.

www.moulin-thuriot.fr Photos: Moulin Thuriot

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