Les travaux de construction d’une seconde ligne de galvanisation battent leur plein sur le site ArcelorMittal de Florange, en Moselle. Le président de la Région Grand Est, Jean Rottner, en a fait la visite, ce mardi 9 juillet. La mise en service, fin 2019, de cet investissement de 89 millions d’€ vise à plus que doubler la capacité de production d’aciers revêtus pour l’industrie automobile.

Galsa 2 ne renvoie pas à la dernière superproduction d’un studio américain. Il s’agit plus prosaïquement du nom de la seconde ligne de galvanisation en cours de construction sur le site ArcelorMittal France de Florange, en Moselle. Jean Rottner, président de la Région Grand Est, s’est déplacé ce mardi 9 juillet sur le site lorrain constater l’avancement de ce chantier hors norme de 89 millions d’€ d’investissement. 
Le premier élu régional a profité de l’occasion pour remercier Éric Niedziela, directeur-général d’ArcelorMittal France.
« Vous êtes allés au-delà des engagements pris en 2012 dans le cadre de la mise sous cocon des derniers deux hauts-fourneaux de Florange », a-t-il indiqué. En six ans, 300 millions d’€ ont été injectés sur le site selon le groupe, contre 180 millions initialement prévus. La mise en service de Galsa 2 à partir de fin 2019 portera de 500.000 à 1,3 million de tonnes la capacité de production du site en aciers revêtus à destination des constructeurs automobiles. Elle emploiera 80 personnes et nécessitera une vingtaine de recrutements.

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La visite du président Rottner s’inscrivait dans le cadre « d’une tournée des grands industriels susceptibles de nous aider à démarrer notre Plan intelligence artificielle (IA) » (*). Elle a également été l’occasion d’annoncer la création d’un Digital Lab, un lieu qui associera à l’horizon 2020-2021 coworking, hébergement de start-up et formation des salariés d’ArcelorMittal aux nouvelles technologies.
Dans le Grand Est, le numéro un mondial de la sidérurgie constitue un acteur économique de poids. Le groupe y emploie 5.400 personnes dont 2.300 sur le seul site de Florange. L’usine lorraine fonctionne en symbiose avec son homologue de Dunkerque depuis l’arrêt de ses deux derniers hauts-fourneaux en 2011, un arrêt devenu irréversible le 17 décembre dernier. Le site nordiste fournit les poutres d’acier, également appelées « brames ». Ces dernières sont laminées en tôles d'acier sur le train à chaud de Florange. Les bobines de tôle ou « coils » se partagent ensuite entre trois filières aval, la filière automobile (58%), l’emballage (21%) et les industries diverses (21%).


Un atelier comparable à l’industrie automobile

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La nouvelle ligne de galvanisation qu'ont visité les élus, devrait être mise en service fin novembre 2019. © Philippe Bohlinger

À l’entrée de la première ligne de galvanisation Galsa 1, la tôle est soudée en bandes continues de 800 m de long. Un traitement thermique de 700°C à 800°C confère à l’acier ses propriétés mécaniques. Les bandes de 0,6 à 2mm d’épaisseur sont ensuite trempées dans un bain de zinc ou d’aluminium : le zinc vient revêtir les aciers destinés aux pièces visibles (capots, haillons, toits, etc.), l’aluminium les pièces de sécurité (entourage anti-intrusion des portières, renforts latéraux, etc.) « L’atelier de sortie de Galsa 1 ressemble davantage à un atelier d’emboutissage ou de ferrage de l’industrie automobile qu’à un atelier sidérurgique. Les pièces y sont imprimées, huilées, coupées, marquées et emballées », indique Jean-Luc Repiquet, chef du département automobile-industrie d’ArcelorMittal Florange.
Jean-François Malcuit, le nouveau directeur général du site ArcelorMittal de Florange, raconte brièvement la genèse de la technologie de galvanisation. « Les années 1980 et 90 ont vu émerger les garanties anticorrosion des constructeurs. C’est ainsi qu’ArcelorMittal a démarré le traitement de ses aciers, d’abord par électrozingage. À partir de 1992, nous y avons progressivement substitué la galvanisation au trempé, plus rapide et moins énergivore ».
La nouvelle ligne Galsa 2 est construite sur le site de l’ancienne ligne d'électrozingage arrêtée en novembre 2017 dont elle conserve les ateliers d’entrée et de sortie.

(*) Le Plan intelligence artificielle (IA) de la Région Grand Est entend mobiliser 350 millions d’€ sur cinq ans pour diffuser l’IA dans les filières santé, industrie et biotechnologies.

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Qui est Jean-François Malcuit ?

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Jean-François Malcuit,
nouveau directeur du site ArcelorMittal  de Florange.
© Philippe Bohlinger
Jean-François Malcuit a été nommé chef d’établissement du site ArcelorMittal France de Florange le 3 juin dernier. Cet ingénieur Arts et Métiers prend la succession d’Anita Bonnard, promue directrice industrielle d’ArcelorMittal France sur l’ensemble de la partie « finishing ».
Le nouveau responsable du site mosellan aura notamment la mission d’assurer la mise en service de la nouvelle ligne de galvanisation, à la fin de l'année. « Je connais bien la ligne Galsa 1, car j’ai notamment eu pour mission de la dupliquer sur le site de Mardyck, près de Dunkerque », se remémore-t-il.
Originaire de Jarny (Meurthe-et-Moselle), à 30 km de Florange, Jean-François Malcuit a occupé ces vingt dernières années, les postes de chef d’établissement sur les sites ArcelorMittal de Mardyck et de Basse-Indre (Loire-Atlantique).

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