Préparation d’une maquette numérique pour le rangement de pièces de carrosserie automobile.  ©Christian Robischon.
Préparation d’une maquette numérique pour le rangement de pièces de carrosserie automobile.
©Christian Robischon.

EMBALLAGE. Ceux qui pensent qu’on transporte des pièces de carrosserie automobile dans une banale boîte métallique se trompent. En tout cas, tel n’est pas le choix des constructeurs et équipementiers, et c’est tant mieux pour Weidner.

L’entreprise de Lutterbach (Haut-Rhin) conçoit et réalise les prototypes de conteneurs complexes, capables d'emballer ailes, capots, portes, toits vitrés, pare-chocs , mais aussi des pièces pour le ferroviaire et les travaux publics.

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Un coup d’œil sur l’un des ordinateurs du bureau d’études permet de comprendre la valeur ajoutée de l’entreprise. Un ingénieur y modélise en 3 D des pavillons de portes qu’il s’efforce après retouches multiples de faire rentrer au mieux dans un emballage métallique sur-mesure.

A Lutterbach (Haut-Rhin) où il emploie 11 salariés, Weidner pilote cette phase virtuelle au moyen de quatre stations de travail tournant sur les logiciels spécialisés Catia v5 et Pro Engineer, avant de passer au réel.

« Notre champ d’intervention débute aux études amont, quelque 18 mois avant le lancement commercial d’un véhicule. Suivent ce travail de conception d’une maquette numérique, avant la fabrication d’un prototype qui fera l’objet d’essais de chargement », décrit Philippe Hermann, directeur de Weidner Sàrl.

La suite ? Elle se passe à l’étranger. Dans les usines de la maison-mère allemande outre-Rhin, en Espagne ou en Europe de l’Est, ou chez des sous-traitants.

Philippe Hermann, dirigeant de Weidner France,  présentant un modèle réduit de la colonne à taquets, système de rangement qui a fait l'objet d'un dépôt de brevet pour certaines fonctions. ©Christian Robischon.
Philippe Hermann, dirigeant de Weidner France, présentant un modèle réduit de la colonne à taquets, système de rangement qui a fait l'objet d'un dépôt de brevet pour certaines fonctions.
©Christian Robischon.

Weidner ne le cache pas, la fabrication en série de ce type de conditionnement s’opère dans les pays à moindres coûts de main d’œuvre.

Les unités ouest-européennes de la PME familiale (250 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 30 millions d’€) apportent par contre leurs compétences en injection plastique, pour créer des protections supplémentaires contre les chocs à l’intérieur des conteneurs, comme des tôles revêtues de PVC ou de polyuréthane.

« Cette offre intégrée et multimatière fait notre force », souligne le dirigeant français.

Automobile et ferroviaire

L’entreprise possède aussi son arme (un peu) secrète : un système de « colonne à taquets », breveté pour certaines de ses fonctions.

Au fur et à mesure qu’un robot vient y poser une pièce en oblique, le contact de la pièce avec un taquet va verrouiller le rangement et faire passer au niveau suivant. Inversement à la livraison.

« C’est de la palettisation – dépalettisation robotisée », résume Philippe Hermann.

Ailes, capots, portes, toits vitrés, pare-chocs : les contenus de véhicules sont nombreux à prendre place dans les emballages Weidner. Mais l’entreprise n’est pas monosecteur.

« A l’automobile qui représente 60 % de notre chiffre d’affaires France, s’est ajouté le ferroviaire qui compte aujourd’hui pour 30 % : dans ce domaine, les pièces que nous conditionnons, pour l’aménagement intérieurs, sont encore plus variées », observe Philippe Hermann.

C’est notamment pour répondre au développement de ce marché que la filiale française a constitué en 2011, douze ans après sa création, un établissement secondaire à Quiévrechain, dans la banlieue de Valenciennes, fief national de l’industrie ferroviaire.

Aviation Technology Concept, petite société sœur

Les effectifs France atteignent ainsi 16 salariés, pour 4 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2013.

Pour ses deux principaux marchés, Weidner travaille avec Bombardier, Alstom et leurs équipementiers, ainsi qu’avec les constructeurs automobile implantés en France et leurs fournisseurs.

Un exemple de conteneur en métal avec des éléments de protection plastiques (en blanc) ajoutés par la maison-mère allemande.  ©Christian Robischon.
Un exemple de conteneur en métal avec des éléments de protection plastiques (en blanc) ajoutés par la maison-mère allemande.
©Christian Robischon.

Proximité géographique oblique, PSA constitue le premier client.

Les autres débouchés se situent dans les matériels de travaux publics (Liebherr, Caterpillar …) avant d’autres niches.

Depuis 2010, la petite société-sœur Aviation Technology Concept (ATC) conçoit à Lutterbach des pièces pour l’aménagement intérieur VIP d’avions.

Exercée par exemple pour Jet Aviation, cette activité mobilise un ingénieur.

Philippe Herrmann voit un vecteur de développement dans ce qu'il appelle l'ingénierie déléguée, venant en soutien des équipes internes des gros clients.

S’il se confirme, il pourrait générer quelques embauches à partir de l’automne.

 

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