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PLASTURGIE. Sous la conduite de Julie Fath-Leguillier, la fille du fondateur dans les années 1980, Polymix et AMP ne manquent pas d’ambition.

 

Le tandem formé par ces deux distributeurs de matières plastiques à Bennwihr-Gare (Haut-Rhin) compte atteindre les 100 millions d’€ de chiffre d’affaires dans cinq ans, soit 28 millions de plus qu’en 2013.

 

 Le chemin passe par la présence toujours plus assumée dans la gamme des plastiques les plus techniques.

 

Dans la vaste filière de la plasturgie, on connaît spontanément les grands producteurs, voire quelques PME régionales de transformation, autant d’entreprises qui forment le gros de la troupe d’un secteur sous-estimé en Alsace alors qu’il représente 145 établissements, 11 000 emplois et 4 milliards d’€ de chiffre d’affaires.

 

Le négoce occupe cependant aussi une place à part entière. Avec leurs 42 salariés, Polymix et AMP, deux sociétés voisines et à actionnariat identique, en constituent des porte-drapeaux, de surcroît indépendants de tout groupe.

 

La gamme distribuée se divise en cinq grandes familles : les polyamides, les élastomères, les plastiques high tech, les sustainables (littéralement : durable) qui sont par exemple d’origine textile et les compounds (composés) de purge dont la fonction consiste par exemple à éviter l’oxydation de machines.

 

Pour atteindre son objectif de croissance, le couple Polymix-AMP mise de plus en plus sur les plastiques techniques.

 

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Polymix fabrique des plastiques à haute valeur ajoutée comme ces polymères hautement cristallins très prisés par l’industrie de la connectique.

 

Sigles barbares pour l’industrie de la connectique

 

Car chercher à lutter sur les produits classiques de polyéthylène, polystyrène et autres polypropylènes serait une bataille perdue d’avance. « La distribution ne pèse que 12 % des ventes en France. Les produits de fort volume s’écoulent directement du producteur industriel au client. Nous n’avons qu’une place limitée sur un tel marché », analyse Julie Fath-Leguillier, directrice générale.

 

Il en va tout différemment pour les plastiques les plus rares ou à plus forte valeur ajoutée. Ceux qui portent ces sigles barbares de PC, PMMA, PBT* ou encore les LCP, des polymères à cristaux liquides hautement cristallins très prisés par l’industrie de la connectique.

 

Exploiter le potentiel suppose que le distributeur fasse montre d’une vraie expertise technique. C’est le cas chez Polymix et AMP.

 

« Nous avons des chefs produits très spécialisés. Notre objectif, c’est d’être de plus en plus légitime comme fournisseur technique auprès des clients, pas simplement comme vendeur. En outre, le plastique est un domaine où l’innovation produit est constante. A nous de figurer parmi les acteurs qui sauront toujours proposer la bonne application au bon moment », complète la jeune femme.

 

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Julie Fath-Leguillier, directrice générale. ©Christian Robischon.

 La bonne application au bon moment

 

Fort de trois entrepôts en France et d’un quatrième en Tunisie, et comptant une agence à Oyonnax, le fief de la plasturgie, dans l'Ain, le tandem de PME sait aussi se démarquer dans le choix des fournisseurs dont elle assure la distribution des produits.

 

Quelques géants figurent dans la liste bien sûr, comme Sabic (ex-General Electric) Arkema ou Repsol. Mais on trouve aussi des Asiatiques et des Américains relativement inconnus en Europe.

 

« Nous sommes volontiers ouverts à collaboration avec de nouveaux entrants en Europe », confirme Julie Fath-Leguillier.

 

Certains fournisseurs, comme l’italien Domo, se distinguent aussi par l’incorporation croissante de matières recyclées qui démontrent leur compatibilité avec l’élaboration de produits très techniques. C’est là une voie d’avenir de plus pour Polymix et AMP.

 

(*) polycarbonates, polyméthacrylates de méthyle, polytéréphtalates de buthylène.

©Christian Robischon ; autres photos fournies par Polymix.

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