Reclasser une partie de ses licenciés chez le concurrent par la faute duquel les emplois ont été supprimés : Faurecia inaugure cette formule particulière d’outplacement.

L'équipementier français propose aux salariés de son usine de sièges Sielest, basée à Pulversheim (Haut-Rhin) vers celle de l’américain Johnson Controls, située à une trentaine de kilomètres, à Neuenbourg en Allemagne.

Ce site a en effet ravi à Faurecia le marché de la nouvelle Citroën C4 de PSA à Mulhouse, ce qui entraîne la suppression de 127 emplois – un tiers de l’effectif - chez Sielest, qui est l’homologue alsacien de Siedoubs à Etupes (Pays de Montbéliard).

De source syndicale, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Malgré une prime de 24 000 euros, seule une trentaine de salariés aurait franchi le pas à l’ouverture du dispositif début juillet. Ce chiffre est à comparer aux 100 postes disponibles en Allemagne, alors que les quelque 70 reclassements proposés par PSA à Sochaux et Mulhouse ont tous trouvé preneur.

Plusieurs facteurs expliquent les réticences : l'éloignement géographique sans prime de transport, des horaires de travail jugés plus contraignants, et surtout les 40 heures hebdomadaires et la perte, ou la remise à plat d’avantages sociaux qui, selon les syndicats, effacent la hausse de salaire estimée à 15 %.

Par exemple, ces nouveaux travailleurs frontaliers devront se constituer une complémentaire santé et une complémentaire retraite à titre individuel.

Un bilan pourra être dressé en septembre. Car les reclassés chez Johnson Controls disposent d’une période probatoire de deux mois durant laquelle ils restent salariés de Faurecia et pourront réintégrer l'entreprise française.

Crédit photo : Faurecia

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