Création d'entreprise. Créer une entreprise de découpe laser en pleine période de fluctuation des prix des métaux s'apparente à une gageure.

Sylvain Gleitz, le fondateur d'ALPM (Atelier de laser et pliage du Mâconnais) à Mâcon (Saône-et-Loire) s'en sort plutôt bien pour une première année, avec un chiffre d'affaires de 1,2 million d'€, 5 salariés et des résultats «positifs et encourageants».

Il faut dire que le jeune chef d'entreprise, âgé de 30 ans, a mis tous ses atouts de son côté. Il a été patient : 6 mois pour préparer son projet, même si le temps lui a paru quelquefois long, notamment au moment du bouclage financier. «Je peux témoigner de la difficulté pour un jeune de créer une entreprise dans l'industrie», affirme le dirigeant, pourtant doté d'un solide bagage.

Titulaire d'un BTS Productique mécanique en alternance, il fourbit ses armes dans une entreprise de mécanique de l'Ain, comme responsable qualité, puis de production, enfin comme directeur opérationnel.

«Cette expérience m'a apporté la confiance des fournisseurs, dont certains se sont engagés à me donner un minimum d'activité, ce qui a rassuré mon banquier», relate-t-il.

Car la particularité du métier réside dans le poids de la matière première sur la trésorerie. Non seulement il faut acheter au bon moment, même si les prix de l'acier, de l'aluminium et l'inox sont devenus plus stables, mais il faut aussi constituer un stock suffisant pour satisfaire les commandes à façon.

Le pliage en activité complémentaire

L'investissement matériel n'est pas non plus négligeable. Il achète pour 100 000 € une machine de découpe laser des métaux. Cette année, il va acquérir une plieuse pour environ la même somme afin de lancer une activité complémentaire de pliage en petites et moyennes séries.

Persévérant, Sylvain Gleitz décroche une garantie auprès d'Oséo Bourgogne sur 70% de ses emprunts, mais aussi un prêt régional à la création de 30 000 € du conseil régional de Bourgogne avec différé de remboursement, un prêt d'honneur de 15 000 € de l'association de Saône-et-Loire et une aide au créateur de la CCI de 5000 €.

Il choisit aussi comme associé, à hauteur de 30 % du capital, Sébastien Marchis, un ancien chef d'atelier d'une entreprise de mécanique. Ce dernier est chargé de la production. Lui, s'occupant de la gestion et des achats.

Clou de ce début de success-story : sa rencontre avec Bourgogne Entreprendre, en naviguant sur le Web. Pas d'aide financière cette fois-ci, mais un soutien moral et technique de chefs d'entreprises, on ne peut plus appréciable aussi.

Le club que créée l'association en Saône-et-Loire pour regrouper des créateurs et repreneurs d'entreprises complète le soutien technique de sa marraine Jeanine Pradel, analyste financière. Principal atout : «casser la solitude des créateurs», estime le jeune chef d'entreprise.

L'accompagnement de Bourgogne Entreprendre apparaît aussi un gage pour l'avenir. En 8 ans d'existence, le réseau se félicite d'un taux de pérennité des entreprises, de 90%.

Crédit photo: ALPM

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