Le MuséoParc d’Alésia ouvre sa saison touristique avec une nouvelle scénographie signée Clémence Farrell qui plonge le visiteur, à travers tous ses sens, dans l’univers gallo-romain à l’époque de César et Vercingétorix.


Après de longs mois de travaux, et un budget de 3 millions d’€, le public découvre au MuséoParc d’Alésia, à Alise-Sainte-Reine dans le nord de la Côte-d’Or, un nouveau parcours loin du classique des musées traditionnels. Le projet ne pouvait pas mieux convenir à la scénographe Clémence Farrell  dont l’identité artistique est de faire exploser les repères entre les images, les objets et l’espace pour créer des visites multi-publics et multidimensionnelles.
L’immersion pour la directrice artistique du lieu, c’est « la sollicitation des sens et le fait de placer le visiteur comme acteur dans un environnement global où il fait partie prenante du propos. Il y a la sollicitation de tous les sens, le regard, l’ouïe, le toucher, avoir une représentation du contenu visuel… ».
Désormais on ne visite plus Alésia mais on devient spectateur-acteur de son histoire. Clémence Farrell a profité de son expérience sur des expositions à Abou Dhabi, au Grand Palais, à l’Institut du monde arabe, à l’Historial Jeanne d’Arc de Rouen.

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La nouvelle scénographie du MuséoParc permet de voir des objets mis jour sur le site d'Alise-Saint-Reine, qui n'avaient jamais été montrés au public. © Sabrina Dolidze


La directrice artistique a joué avec l’architecture circulaire du lieu qui symbolise l’encerclement des Gaulois par les Romains pendant le siège en l’an 52 avant J.-C sur l'oppidum d'Alésia, qui s’achève au bout de trois mois de résistance par la défaite de Vercingétorix. L’entrée par la coursive du musée donne accès à huit espaces contextualisés, reliés entre eux par une frise du temps interactive et participative avec différents objets que l'on peut toucher, écouter. Le dispositif intègre des technologies modernes comme la réalité augmentée. On peut par exemple se retrouver face à la statue qui parle des deux protagonistes, Jules César et Vercingétorix (voir la vidéo ci-dessous).

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La réalité augmentée donne la parole à César... © Vidéo Sabrina Dolidze
Cliquez sur la vidéo pour écouter un extrait du discours de Jules César qui a une petite connotation d'actualité.....

 
Dans un film de sept minutes, le premier lieu met à l’épreuve de façon humoristique les préjugés potentiels du visiteur sur les Gaulois par des vidéos de comédiens projetées sur une interface en verre façon « hologramme ». Les mythes tombent. Non ! Les Gaulois n’étaient pas nécessairement sales, chevelus et avec de grandes moustaches…


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Archéologie virtuelle et... réelle

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Le musée ne raconte pas uniquement l'épisode célèbre du siège d’Alésia, avec Gaulois et Romains, mais aussi toutes les époques, de la préhistoire à nos jours. © Sabrina Dolidze

 

À certaines étapes du parcours, le visiteur est accompagné d’une archéologie virtuelle qui explique les fouilles archéologiques. On touche les objets du bout des doigts, on colle son oreille sur des couchettes sonores, on appuie sur une touche pour entendre le son du Carnyx, instrument à vent utilisé par les Gaulois sur terrain de guerre pour effrayer les Romains. L’accessibilité aux personnes en situation de handicap n’a pas été considérée comme une contrainte, mais comme une richesse créative destinée à tous les publics en vue d’éveiller leurs sens.

Ce n’est pas uniquement la « bataille » d’Alésia qui est relatée, mais aussi toutes les époques, de la préhistoire à nos jours, au grand bonheur des spécialistes historiens et archéologues.
Le visiteur peut retrouver six cent objets archéologiques dont la plupart n’étaient pas visibles précédemment. On peut ainsi y voir le Syrinx, une flûte de pan trouvée dans un puits en 1906 dans le haut du village d’Alise-Saint-Reine dont on visite les vestiges, ou encore des objets liés au martyr de la Sainte Reine d’Alisé, la pierre de Martialis découverte en 1839 sur les lieux …

 

Entretien Dijonnais

Clémence Farrell le précise : « Mon propos c’est de mélanger les média pour offrir différents niveaux de lecture dans un même espace. » C’est habile, chacun se retrouve dans la scénographie, des plus jeunes aux plus spécialistes et peut avoir envie de … revenir visiter le site. C'est tout l'enjeu que s’est donné le Conseil départemental de la Côte-d’Or, bâtisseur et propriétaire du MuséoParc.

Le MuséoParc en chiffres

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L’architecture circulaire du MuséoParc, signée Bernard Tschumi, symbolise l’encerclement des Gaulois par les Romains pendant le siège en l’an 52 avant J.-C. © Sabrina Dolidze

Avec la Covid-19, la fréquentation du Muséoparc d’Alésia a été divisée par deux, et le chiffre d’affaire a chuté de 40% pour atteindre 540.000 € en 2020. Les achats boutique qui ont doublé durant l’été 2020 ont permis de limiter les pertes, précise Michel Rouger, son directeur général.
En 2019, on comptait 80.000 visiteurs, une fréquentation qui augmente à nouveau après à une importante baisse probablement due au fait que les visiteurs sont peu nombreux à revenir visiter le site (91% sont des primo visiteurs). Le public provient essentiellement de la région (42%), le public scolaire représente 13% des visiteurs et le nombre d’étrangers reste très faible (8%).
Le projet de scénographie a coûté 2,4 millions d’€ (3 millions avec la restauration des oeuvres), répartis ainsi : 1,4 million d’€ du Conseil départemental de la Côte-d'Or, 1 million de l’Etat et 600.000 € du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.  
Le MuséoParc loue aussi des espaces aux entreprises, même si le développement de cette activité reste très progressif. Il dispose d’un auditorium de 123 places, d’une salle de séminaires de 80 places, et de deux autres salles de 40 places modulables en une seule pour accroître la capacité.

 

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