MATÉRIELS. Quand tombe la neige, il y a des chances que le déblocage des routes soit l’œuvre des saleuses d’Acométis.

La PME familiale de Soultz (Haut-Rhin) est le leader français du matériel de déneigement.

Ou, devrait-on plutôt dire, des «solutions» de déneigement, car son activité a évolué vers davantage que la simple fabrication.

Portrait d'une entreprise qui sait prévoir les frimas.

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Acométis est un peu le pompier de l’hiver… et le hasard veut que l’entreprise soit installée juste à côté de la caserne de Soultz, mais ce n’est pure coïncidence.

Ses ateliers rappellent l’industrie mécanique classique. Selon les spécifications du bureau d’études qui assure la conception en interne, ils transforment des plaques de tôle en inox, matériau choisi car résistant à la corrosion, donc insensible au contact du sel.

Les opérations de découpe, pliage, cisaillage et soudure se succèdent avant d’arriver au montage où d’autres salariés vont procéder aux intégrations (le circuit hydraulique notamment), voire au montage du matériel sur le véhicule si le client le lui a délégué.

Le matériel est peint sur place. Les couleurs orange et jaune dominent, mais Acométis sait répondre aux demandes plus exotiques. «La Corse veut du bleu lavande», sourit Eric Aubert, le président de l’entreprise familiale fondée par son père en 1965.

Les clients, ce sont en premier lieu les DIR (directions interrégionales des routes) de l’Etat, les conseils généraux, les communes, ou les entreprises auxquelles les pouvoirs publics ont sous-traité le déneigement. S’ajoutent quelques sociétés privées qui possèdent beaucoup de voirie interne.

Contrairement à une idée reçue, les contrats ne se concentrent pas sur les seules régions habituellement enneigées. «Nous avons une forte activité en Bretagne pour faire face au verglas», signale Eric Aubert.

Le «salé juste»

L’évolution du métier d’Acométis se perçoit dans la dernière partie de visite qui fait revenir dans les bureaux. Des ordinateurs informés des dernières prévisions de Météo France suivent à distance la progression de chaque saleuse.

Les données aident les collectivités à informer sur les temps de blocage prévisionnels et à prouver, le cas échéant, qu’elles ont fait leur travail.

La prestation de conseil est plus vaste encore, décrit Eric Aubert. «Nous devons donner à nos clients toutes les garanties pour qu’ils puissent assurer leur mission d’utilité publique. Nous les accompagnons principalement sous trois formes : ces solutions de pilotage qui donnent la position en temps réel des véhicules et permettent la remontée rapide d’informations, la maintenance du matériel pour s’assurer qu’il soit toujours opérationnel, la formation notamment à l’utilisation des saleuses».

Le concepteur-fabricant pourra conseiller sur la bonne dimension de matériel à choisir ou sur les quantités de sel adéquates comme sur le dosage avec la saumure quand la température baisse : le «salé juste» comme on dit dans le milieu.

En somme, il s’agit de tout mettre en œuvre pour que le matériel démarre au quart de tour le jour J. Quand bien même ce jour J ne peut être prévu à l’avance, pas davantage que les quantités et les lieux de mise en œuvre. «Notre métier intègre une part d’incertitude», souligne Eric Aubert.

Au total, les 85 salariés permanents renforcés d’une quinzaine de CDD produisent environ 600 saleuses par an. En ajoutant la vente de lames, Acométis réalise un chiffre d’affaires annuel de 15 millions d’€.

Acométis.com/

Crédit photos : Acométis et Christian Robischon.

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