A Nancy, StemInov engage la poursuite des essais cliniques de son biomédicament développé à partir de cellules extraites du cordon ombilical, utilisées comme traitement contre le choc septique, onzième cause de mortalité dans le monde. Une fois la preuve faite, la jeune entreprise née au sein de l'Université de Lorraine CHRU et d'un accompagnement par la SATT Sayens, espère susciter l’intérêt d’un groupe pharmaceutique.


StemInov poursuit la série des "Best of 2021" qui ont fait l'actualité de Traces Ecrites News depuis le début de l'année et va vous accompagner jusqu'à fin juillet.


ARTICLE PARU LE 9 AVRIL 2021.
StemInov développe, à partir des cordons ombilicaux fournis par la maternité régionale de Nancy, un biomédicament novateur. Les cellules embryonnaires ou « cellules souches » (précisément des cellules souches mensenchymateuses) prélevées par la start-up lorraine sont utilisées comme traitement contre le choc septique, onzième cause de mortalité dans le monde. La signature d’un contrat de licence annnoncé en avril dernier, sous l’égide de la société de transfert de technologies Sayens (SATT Sayens), permet à la jeune pousse d’exploiter un brevet codétenu par l’Université de Lorraine et le CHRU de Nancy.

La France demeure peu présente dans la production de biomédicaments. L’objectif de la start-up de cinq  personnes consiste justement à sortir du cadre de la recherche, en s’appuyant notamment sur le Grand défi « biomédicaments », un des cinq grands défis nationaux définis dernièrement par le Conseil de l’innovation.
 

 

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Le  CHRU de Nancy fabrique actuellement le médicament au sein de l’unité de thérapie cellulaire labellisée par le « Grand défi ». C’est dans cette unité, dirigée par Danièle Bensoussan, cofondatrice de StemInov, que les cellules souches sont mises en culture en vue de leur multiplication et de leur congélation. 
« La prochaine étape est le démarrage de l’essai clinique de phase II promu par le CHRU de Nancy. En parallèle, StemInov souhaite être à la pointe de l’innovation technologique en matière de bioproduction. L’enjeu consiste à améliorer les rendements tout en maîtrisant les coûts de production », détaille Julie Hutin, présidente de StemInov.

 

Six années de maturation et une levée de fonds de près d'un million d'€

 

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Julie Hutin, CEO de StemInov. © Incubateur lorrain


Les 980.000 € levés fin 2020 auprès du fonds Fira Nord-est (Finovam Gestion) et de Bpifrance visent à faire la démonstration de l’efficacité de ce biomédicament chez l’homme.
Une fois la preuve faite, StemInov espère susciter l’intérêt d’un groupe pharmaceutique. Le choc septique, une défaillance circulatoire aiguë, déclenchée par un agent infectieux, constitue en effet la première cause de mortalité en soins intensifs et demeure orphelin de tout traitement spécifique. « Pour la première fois, un médicament peut agir sur plusieurs symptômes de la pathologie du choc septique et peut adapter son effet en fonction de l’environnement auquel il est confronté », explique la Pr Danièle Bensoussan.

Dans sa longue marche vers le développement d’un biomédicament, la chercheuse a pu avancer sur un terrain favorable grâce à sa rencontre avec une jeune entrepreneure, Julie Hutin, via l’Incubateur lorrain (Université de Lorraine). Les deux femmes ont bénéficié d’un programme d’accompagnement de la SATT Sayens, une structure publique détenue par les établissements d’enseignement supérieur du Grand Est et de Bourgogne-Franche-Comté.

 

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Catherine Guillemin, présidente de la SATT Sayens, situe la détection du projet porté par Danièle Bensoussan à 2015. « Nous avons soutenu la maturation de cette innovation en finançant une première phase d’essais pré-cliniques en 2016 et en pilotant la demande d’un brevet international. Il est apparu ensuite que la meilleure manière de valoriser ces travaux était de créer une start-up, ce qui a été concrétisé en janvier 2019 », précise-t-elle.

 

 Inotrem, la grande sœur de StemInov

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La société Intorem développe également à Nancy une thérapie contre le choc septique. © Inotrem

La SATT Sayens, l’Incubateur lorrain et le CHRU de Nancy ont également permis l’avènement d’une autre société innovante à l’origine d’un médicament contre le choc septique : Inotrem. Les deux start-ups ne sont pas réellement concurrentes, bien que positionnées sur des champs d’application similaires. En effet, là où StemInov utilise la thérapie cellulaire, son aînée (20 personnes) travaille le contrôle de la réponse immunitaire lors de maladies inflammatoires aigües, telles que le choc septique. Inotrem a vu le jour 2013 à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) à partir des travaux de deux chercheurs nancéens, le Pr Sébastien Gibot, et le Dr Marc Derive (Inserm, Université de Lorraine CHRU). 
Membre de la sélection French Tech 120 qui regroupe les entreprises technologiques les plus prometteuses, la société a levé 39 millions d’€ en 2019 en vue de développer les essais cliniques de son candidat-médicament « nangibotide ». La société conduit actuellement une étude de Phase II en vue de soigner les patients atteints de choc septique dans six pays européens et aux Etats Unis.

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