L'entreprise de 340 salariés installée dans l’agglomération de Nancy a renforcé dernièrement son capital en vue de poursuivre sa stratégie d’acquisition. Ce spécialiste de la maintenance des chaudières individuelles et collectives en a bouclé sept l’an passé, un record.


Sur son terrain de la maintenance des chaudières individuelles et collectives, M-Energies se mesure aussi bien à des groupes nationaux qu’à des artisans locaux. Installée à Ludres, dans l’agglomération de Nancy, la PME de 340 salariés entend faire prospérer le modèle « à visage humain » décrit par son président Dominique Massonneau.
La combinaison équilibrée de la croissance organique et de la croissance externe avec plus de 20 acquisitions ces dix dernières années, lui a permis de devenir un acteur incontournable dans le Grand Est et l’Ile-de-France, ses deux principaux territoires d’implantation. L’opération de « owner buy out » (OBO), littéralement « vente à soi-même », bouclée fin 2019, vise à permettre à l’entreprise et ses 21 agences de concrétiser leurs ambitions.

 

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L’horizon est fixé : Il s’agit pour la société qui a réalisé un chiffre d’affaires de 47 millions d’€ en 2019, de doubler de taille en cinq ans. « Notre projet consiste à s’appuyer sur un fond d’investissement tout en renégociant notre dette sénior en vue de repartir dans de nouveaux projets d’acquisition », éclaire le président de M-Energies. 
L’entrée au capital du groupe Turenne vise à renforcer le maillage territorial sur l’axe Grand-Est/Ile-de-France et le développer sur l’axe Lille/Lyon tout en poursuivant la digitalisation des process.
Lors de cette opération, pilotée par Mazars Corporate Finance, Dominique Massonneau a conservé la majorité des parts, devant le fonds Turenne qui entre à hauteur de 19%, le directeur-général, Patrick Steinmetz, qui augmente à 13%, de Bpifrance qui fait un retour à 7% et de huit cadres de l’entreprise à 12%.


Deux marchés et deux modèles économiques différents

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En 2019, M-Energie a recomposé son capital et bouclé pas moins de 7 croissances externes, des entreprises artisanales de 5 à 20 salariés. © Philippe Bohlinger

La maintenance des chaudières individuelles représente la moitié de l’activité de la société lorraine, avec 84.500 contrats d’entretien. Dans ce secteur « notre difficulté tient au fait que le bouche à oreille qui fonctionne très bien pour les artisans, marche moins bien pour nous », illustre Dominique Massonneau. Sa société est également confrontée au mastodonte Engie Home Services (groupe Engie) et ses 4.400 collaborateurs.
Pour croître dans cet environnement concurrentiel serré, M-Energies a lancé il y a un an un site Internet marchand tout en poursuivant sa politique d’acquisition. Rien que sur l’année 2019, la société a acquis sept sociétés représentant un total de 47 salariés, pour un chiffre d’affaires cumulé de 6,7 millions d’€. 
« Nous reprenons des entreprises artisanales de 5 à 20 salariés qui souhaitent arrêter, sans pour autant céder leur activité à un grand groupe. Ces opérations impliquent de rassurer, de montrer aux salariés qu’ils ne sont pas perdants, notamment via la numérisation de leurs tâches », détaille Patrick Steinmetz, le directeur général.

 

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Dans la maintenance des chaudières individuelles, le business-model de M-Energies s’appuie sur un chiffre d’affaires moyen de 300 € par an et par contrat d’entretien ; un chiffre réparti pour moitié entre le coût du contrat et le montant estimé des travaux de maintenance sur la durée de vie de la chaudière. L’autre moitié de l’activité porte sur la maintenance des chaudières de moyennes et grandes puissances pour le compte de bailleurs sociaux et de syndics de copropriétés, essentiellement dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté.
Sur le terrain des chaudières collectives, les compétiteurs ont pour noms Cofely, Dalkia, Idex ou encore Veolia. « C’est un modèle économique différent, avec des équipes et des métiers distincts. Cette activité s’appuie sur un service de déplannage 24h sur 24, sept jours sur sept, avec un centre d’appel basé à Maxéville (Meurthe-et-Moselle). Il s’agit de piloter finement les installations, car nous sommes tenus à des obligations de résultats dans le cadre de contrats de performance énergétique », détaille Patrick Steinmetz.
La visibilité étant aussi un facteur de notoriété, donc de croissance potentielle, l’entreprise déploie actuellement ses deux marques M-Energies Service (chaudières individuelles) et M-Energies Exploitation (chaudières collectives) qu’elle associe aux noms historiques des entreprises locales.

Qui sont Dominique Massonneau et Patrick Steinmetz ?

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Patrick Steinmetz (à gauche) et Dominique Massonneau.© Philippe Bohlinger
Le tandem de dirigeants aux commandes de M-Energies s’apprête  à relever le challenge de faire évoluer le management de l’entreprise, afin de la préparer à doubler de taille. Pas une mince affaire.
Patrick Steinmetz connait bien la société pour y être entré il y a dix-sept ans.
Dominique Massonneau a dirigé Vinci Construction Est avant de sauter le pas de l’entreprenariat en reprenant la société Solorec en 2009, rebaptisée M-Energies. Ce passionné de vieilles pierres – il est le délégué régional de la Fondation du patrimoine – a su s’appuyer sur les ressources internes pour bâtir un groupe prospère.

 

 

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