MÉCANIQUE/MEURTHE-ET-MOSELLE. L’allégorie du phénix qui renaît de ses cendres n’est pas galvaudée pour décrire le destin d’Ateliers Cini dans l’agglomération de Nancy. La transmission à la troisième génération de dirigeants familiaux l’été dernier et la sortie par anticipation d’un plan de continuation marque une nouvelle ère.

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Le secteur outillages industriels réalise des gabarits pour le contrôle de conformité des pièces automobiles ou aéronautiques. © Philippe Bohlinger.

 

Élu deuxième meilleur fournisseur de Renault F1 Team l’an passé, Ateliers Cini appuie sur le champignon à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle). L’année 2018 est synonyme de nouveau départ pour cette PME de 68 salariés spécialisée dans la fabrication rapide et les outillages industriels. Cette renaissance s’est incarnée l’été dernier dans la transmission de l’entreprise fondée en 1970 à la troisième génération de dirigeants familiaux.

Guillaume et Romain Cini, respectivement 28 et 31 ans, bénéficient d’indicateurs au vert. La société (chiffre d’affaires  de 8 millions d’€ en 2018) vient d’apurer un plan de continuation consécutif à une procédure de redressement judiciaire en 2011. La société fortement dépendante du marché automobile, avait pris de plein fouet la crise économique et dû se séparer de la moitié de ses salariés.

 

 

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Concrètement, son secteur outillages industriels (70% du chiffre d’affaires) réalise des gabarits pour le contrôle de conformité des pièces. Son atelier d’impression 3D (20% du chiffre d’affaires) produit des pièces par frittage laser sélectif, avec des séries pouvant aller jusqu’à 1.000 unités. Elle commercialise notamment un composite chargé en aluminium quasi-cristal aux propriétés anti-usure.

« La sortie par anticipation du plan de continuation constitue un signal fort pour nos clients dans l’automobile et l’aéronautique. Elle nous redonne des marges de manœuvre en nous permettant à nouveau de négocier des lots d’outillages complets », pointe Guillaume Cini, directeur-général de l’entreprise.

 

De nouvelles technologies et services dans les outillages

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Ateliers Cini produit des pièces en carbone (à droite) mais aussi en composite chargé en aluminium quasi-cristal aux propriétés anti-usure (à gauche). © Philippe Bohlinger.

 

Les deux dirigeants ont déterminé un business-plan en trois étapes pour faire décoller la rentabilité de l’entreprise : optimisation de l’organisation humaine et matérielle, investissements industriels et innovation. La première phase a concerné l’organisation de l’atelier de montage qui assemble en moyenne 380 pièces par an. « Jusqu’à présent nos monteurs-ajusteurs réalisaient un gabarit de A à Z. Nous avons séquencé la production par îlot », détaille le jeune directeur-général.

En matière d’investissement, Ateliers Cini a débloqué un budget de 700.000€ pour acquérir un robot de manutention, une quatrième machine d’impression 3D et un nouveau centre d’usinage automatisé. En 2019, l’entreprise investira encore pour renforcer son bureau d’études et son service métrologique. Pour Guillaume Cini, « la plus grande automatisation de des procédés doit permettre d’utiliser la pleine capacité de nos salariés ».

 

 

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La troisième étape porte sur l’innovation. L’entreprise cherche à intégrer de nouvelles technologies et services à ses outillages. Pour ce faire, elle est actuellement accompagnée par l’agence d’innovation de la région Grand-Est Grand e-nov, l’Institut Jean Lamour à Nancy (CNRS, Université de Lorraine) et trois clients bêta-testeurs. « Nous cherchons à améliorer la satisfaction de nos clients à tous les échelons, jusqu’aux opérateurs qui manipulent nos outils au quotidien », expose Guillaume Cini.

Par ailleurs, l’entreprise reste attentive aux signaux qui préfigurent l’évolution de ses marchés. Elle regarde en direction des futures pièces des véhicules autonomes pour lesquelles elle aura peut-être à contrôler des connectivités Bluetooth.

 

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L’entreprise qui emploie 68 salariés dispose d’un atelier d’usinage de 5.000m². © Philippe Bohlinger.


Qui est Guillaume Cini ?

 

Diplômé de l’École d’ingénieurs en électricité et mécanique Ensem à Nancy, Guillaume Cini, partage les rênes de l’entreprise familiale avec son frère Romain. Les deux frères se sont répartis les fonctions. A Guillaume, directeur-général, la partie administrative et financière. A Romain, président, la direction technique.
Leur père Alexandre et leur oncle Jérôme auxquels ils ont succédé à l’été 2018 ne sont jamais très loin, puisqu’ils assument respectivement les fonctions de responsable QSE et responsable des ressources-humaines.

 

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© Philippe Bohlinger.

 
Repartis sur de nouvelles bases, les deux jeunes dirigeants gardent les pieds sur terre : « Plutôt que de viser une hausse du chiffre d’affaires, notre objectif consiste davantage à atteindre la fourchette haute de notre secteur en termes de rentabilité, soit entre 8 et 12 % », analyse Guillaume Cini. 

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