Comment les acteurs de la FoodTech, ces jeunes entreprises innovantes de l’alimentaire, peuvent-ils nous aider à manger mieux et plus sain ? Ce fut le sujet de la 4e édition des rencontres Food Use Tech, le 16 septembre à Dijon qui, en outre, ont décerné quatre Trophées de l’alimentation responsable, accessible, de qualité.
La crise sanitaire a fortement perturbé les habitudes alimentaires des Français, ce qui ne pouvait qu’interpeller les acteurs de l’innovation alimentaire et agricole, réunis à Dijon le 16 septembre dernier pour le salon Food Use Tech organisé par l’association FoodTech qui, en Bourgogne-Franche-Comté, réunit start-ups, entreprises, structures d’accompagnement, de recherche ou encore d’enseignement, et investisseurs autour de l’alimentation de demain.
Logiquement, les débats ont tourné autour du thème principal, « À table demain, responsabilité, accessibilité, qualité », discuté au cours de deux tables rondes publiques. « Comment les acteurs de la FoodTech peuvent-ils améliorer l’accès à une nourriture de qualité ? Quels sont les freins, géographiques, économiques, culturels qu’il faut lever pour y parvenir ? », interroge Guillaume Joly, le co-fondateur et directeur de la publication de Les Horizons, un média « d’intelligence écologique ».
Les périodes de fermeture des restaurants liées à la Covid-19 ont fait décoller les livraisons alimentaires directes, dont Chronofresh, filiale de Chronopost, est l’un des grand acteurs. Florent Simonneau, le directeur commercial et marketing de l’entreprise, le confirme clairement : « La Covid a transformé les livraisons alimentaires qui étaient auparavant plutôt liées au plaisir et aux produits de luxe. Désormais, on se fait aussi livrer des produits de nécessité, la livraison est devenue un acte banal, et souvent récurrent. » Le recours à la livraison concerne d’ailleurs aussi bien les particuliers, que les professionnels, qui y voient un moyen de ne pas maintenir de stocks coûteux.
Surprise, le phénomène est loin d’être cantonné aux grandes villes et métropoles. « Nous livrons, rapporté à la densité de population, autant en zone rurale qu’urbaine », assure Florent Simonneau. Entre 2019 et 2020, la part du e-commerce alimentaire a progressé de 25 % dans le pays, atteignant une part de marché de 6 à 8 %. « Ce n’est que le début », pronostique-t-il. « En 2025, elle devrait être autour de 15 %, taux qui est déjà atteint au Royaume-Uni. »

Outre la livraison, les acteurs de la FoodTech estiment contribuer à l’accessibilité d’une alimentation de qualité en venant lever des freins économiques et sociaux. Jow, start-up qui développe, depuis avril 2018, une application d’aide à la composition des repas, veut simplifier la cuisine à la maison, pour éviter le recours aux produits industriels transformés.
« Notre application permet de démocratiser les bons usages alimentaires. En deux taps sur votre smartphone, vous composez votre repas selon votre goût, accédez aux recettes, et commandez automatiquement vos produits chez le vendeur de votre choix », résume Sophie Bergeret, « Head of Strategy » chez Jow.
L’entreprise se rémunère lors de la commande, l’enseigne qui effectue la vente lui versant une commission d’affiliation. Et pour s’adresser à un public large, Jow propose des filtres pour définir ses préférences alimentaires : végétarien, sans porc, bio ou encore premier prix.
Alternatives technologiques pour limiter l’élevage industriel

Nathalie Rolland, co-fondatrice de l’association « Agriculture Cellulaire France », s’est chargée d’ouvrir la page d’anticipation anxiogène des discussions. Pour limiter l’élevage industriel, la jeune femme promeut des alternatives technologiques, comme la viande in vitro et les protéines animales pures produites par fermentation via des micro-organismes. « C’est un sujet clivant, pour lequel il y a besoin de beaucoup de pédagogie. Pour le moment, il nous faut déjà expliquer que ces alternatives existent et se développent », note-t-elle.
Manger de la viande de culture n’est à l’évidence pas encore un pas facile à réaliser et tient encore de la science fiction. « La viande in vitro est autorisée dans un unique restaurant à Singapour, et l’on trouve des glaces fabriquées avec des protéines de lait obtenues par fermentation aux USA. Les utilisations sont encore tout à fait marginales, et ces technologies sont essentiellement en phase de recherche et développement », précise-t-elle encore.
Pourtant, les progrès sont extrêmement spectaculaires, notamment en matière de coût. En 2013, le premier burger avec steak in vitro affichait un coût de production de 250.000 €. « Aujourd’hui, ce même burger coûterait plutôt quelques dizaines d’euros », assure Nathalie Rolland.

Une dizaine de start-up exposaient leur projet durant le salon Food Use Tech. Quatre ont été désignées pour recevoir un trophée de l’alimentation responsable, accessible, de qualité :
• PouleHouse (Rouen) a reçu le Trophée de l’innovation Business Model pour son modèle d’œuf « éthique qui ne tue pas la poule. » Autrement dit, elle commercialise des oeufs de poules dont les éleveurs s’engagent à pratiquer le sexage-in-ovo, une technique permettant de détecter le sexe de l’embryon dans l’œuf dans le but de supprimer le broyage des poussins mâles à leur naissance.
• Matatie (Lyon) a reçu le Trophée de l’innovation sociétale pour les goûters qu’elle fabrique sans recours aux 10 principaux allergènes.
• Update Foods (Paris) a reçu le Trophée de l’innovation protéines alternatives pour une nouvelle alternative végétale au lait, fabriquée à partir d'huile d'algues et de protéines de fèves.
• Siga (Paris), qui développe une méthode scientifique pour évaluer et améliorer la qualité des aliments a été désigné lauréat du Trophée du public. Leur recensement est accessible au grand public via une application mobile.
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