La coopérative d’activité et d’emplois franc-comtoise sert de tremplin aux créateurs de très petites entreprises en les déchargeant des tâches administratives en phase de lancement, et surtout en leur donnant le statut d’entrepreneur salarié. La naissance de ses filiales bâtiment et formation a fait décoller le chiffre d’affaires de Coopilote, et le travail en réseau avec ses homologues de Bourgogne et d’Alsace booste son expertise.


Développeur web, Jérôme Varini a pris ses quartiers dans l’espace de coworking de Coopilote, la coopérative d’entrepreneurs de Franche-Comté installée sur le Parc La Fayette, à Besançon. Début 2017, avec Philippe Giffard-Forêt, spécialiste de marketing web, ils avaient décidé de créer leur propre activité. Mais quels statuts choisir ? La réponse était arrivée par mail : un message de Pôle Emploi les invitait à une réunion sur la création d’entreprise à laquelle participait coopérative d’activité et d’emplois Coopilote.
« Ce qui m’a plus, chez Coopilote, c’est le côté guide. On ne s’occupe que de notre business, on ne gère pas le côté administratif et, en contrepartie, on cotise à la coopérative à hauteur de 10% de la marge réalisée sur nos factures », explique Jérôme Varini qui a apprécié le parcours parallèle de formation à l’entreprenariat. « Quinze jours au total, selon les ateliers choisis. Il s’agit de formations collectives et nous sommes tous dans le même bateau. Nous avons aussi des rendez-vous avec des conseillers. »

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Jérôme Varini (à droite) en discussion avec un de ses clients, et Emmanuel Bertron (à l’arrière plan), co-fondateurs de Akolad Solutions (À Portée de clic), abritée par Coopilote. © Laurent Cheviet

À Portée de clic, le nom de la marque portée par les deux Bisontins, a démarré en septembre 2017, avec un projet de création d’une application adaptée aux personnes en situation de handicap. Comme les autres, Jérôme Varini et Philippe Giffard-Forêt sont salariés de Coopilote dont le concept repose sur un parcours de deux ans, trois maximum, à l’issue duquel les créateurs peuvent choisir de rester dans la coopérative et d’en devenir membre, ou de partir et voler de leurs propres ailes.
« Notre système doit permettre aux porteurs de projets de se lancer, de créer leur activité et leur emploi, en assurant le portage juridique, comptable, fiscal et social », confirme Vincent Girard, gérant de la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), créée en 2003 dans le Doubs. « On les décharge complètement de ces tâches en leur donnant le statut d’entrepreneur salarié, une innovation de la loi sociale de 2014 relative à l’économie sociale et solidaire. »

 

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Des synergies avec Antigone, en Alsace, et L'Envol à Dijon

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Vincent Girard, gérant de Coopilote et Céline Baverel, chef de projet numérique. © Laurent Cheviet

Système d’intérêt économique général (SIEG) et bénéficiant, à ce titre, de financements publics, Coopilote fait partie d’un réseau de 120 coopératives d’activité qui maillent le territoire hexagonal. Au départ généraliste, avec beaucoup de services, Coopilote est devenu un groupe qui s’articule désormais en filières : elle avait créé Baticoop en 2013, puis Formacoop en 2014, mais aussi SVP pour les services aux particuliers.
Aujourd’hui, la coopérative peaufine une filiale numérique et en envisage une autre pour l’activité agricole, qui monte en puissance chez les entrepreneurs autour de l’engouement pour le bio et les circuits courts.  Depuis 2013, « la croissance est très forte », constate Vincent Girard. « On a doublé l’effectif accueilli et multiplié le chiffre d’affaires par trois. »


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Coopilote, qui dispose d’une antenne à Montbéliard, joue les synergies avec ses homologues du réseau, « même si chacun garde son territoire, comme les coopératives laitières », dit en souriant le gérant. Formacoop, par exemple, est une filiale mutualisée avec Antigone, basée en Alsace, qui s’y est raccrochée. « Et ça fonctionne bien, cela nous permet notamment d’accéder à une démarche qualité. » Avec L’Envol, la coopérative d’activité de Dijon, Coopilote vient de recruter une chargée de mission pour mettre sur pied la filiale numérique.
« On a l’image des start-up qui lèvent des fonds mais en réalité, le numérique, ce sont beaucoup de micro-entreprises qui travaillent dans des conditions financières difficiles », constate encore Vincent Girard. « Nous voulons leur permettre de chasser ensemble de plus gros poissons. »
Quant à À portée de Clic, la marque de Jérôme Varini et Philippe Giffard-Forêt, elle deviendra bientôt Akolad Solutions. Ils sont quatre désormais, qui se sont connus ici, chez Coopilote. Un graphiste et un spécialiste de l’accessibilité web se sont en effet greffés au projet. Et il leur faudra bientôt choisir de sortir du dispositif ou de devenir coopérateurs. « Nous aimons bien le modèle, nous allons plutôt choisir l’actionnariat », prévoit le développeur web.

Coopilote en chiffres

13 salariés, encadrants ou formateurs.
9 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2019, soit trois fois plus qu’en 2013, l’année où fut lancée la première filiale filière, celle du bâtiment.
60% d’autofinancement, 40% de financement public dont la moitié de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
80 entrepreneurs associés.
230 entrepreneurs accompagnés en 2019.
30 à 40 entreprises créées chaque année.
25% des créateurs accompagnés dans une promotion se réorientent, 15 à 20% reprennent un emploi, 50 à 60% pérennisent l’activité.
4 filiales : Coopilote (services), Baticoop (bâtiment), Formacoop (formation) et SVP (services aux particuliers).
1% de la création d’entreprise en Franche-Comté.

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Un atelier de formation pour créateurs débutants. © Laurent Cheviet

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