Déchets industriels. Les professionnels du recyclage de Côte-d'Or se fâchent.

Las de voir se multiplier des décharges de carcasses de voitures, ferrailles diverses et résidus chimiques, non habilitées, les 14 membres de l'association Prodec ont déposé des requêtes à l’encontre de 8 maires (1) et du préfet auprès du tribunal administratif.

C’est en effet au maire qu’il appartient d’agir au titre de la police spéciale des déchets et  au préfet au titre de la police spéciale des installations classées.

Depuis 1975, les sites de stockage des déchets industriels sont étiquetés installations classées par la direction régionale de l'aménagement, de l'environnement et du logement (Dreal).

En conséquence, leur exploitation est soumise à une autorisation, moyennant divers investissements destinés à réduire leur impact sur l'environnement : sol bétonné, cuve de rétention enterrée…

«Depuis mars 2008, plusieurs courriers ont été envoyés aux maires des communes concernées, à l'administration, au préfet et à l’ancien ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo», déclare Isabelle Gambu, l’animatrice de l’association.

Et rien ne se passe…

La liste des "fauteurs" n'est pas exhaustive, loin de là. Si bien que les requérants considèrent qu'il s'agit d'une concurrence déloyale. «Les investissements sont lourds, de plusieurs milliers d'€, pour les entreprises en règle, d'autant que certaines sont des artisanales», ajoute l'animatrice de Prodec.

«De plus ils ont pignon sur rue, avec une adresse dans les pages jaunes qui les place aux yeux du public sur un même pied d'égalité», s'insurge t-elle.

Pour l'association, il ne peut avoir deux poids deux mesures. Les entreprises en règle seraient contrôlées régulièrement par la Dreal (ex-Drire), tandis que les non conformes continueraient de travailler en toute impunité.

L'association se défend toutefois de vouloir faire fermer les sites incriminés, mais souhaite «assainir la profession et changer son image peu flatteuse».

500 emplois en Côe-d'or

Seule association de ce type en France, Prodec regroupe depuis 1999 des professionnels du déchet (500 salariés) en Côte d’Or.

Elle compte des groupes nationaux comme Véolia, Sétéo, Saur et des indépendants de toutes tailles : Bourgogne Recyclage, Godard, La compagnie française du caoutchouc, Léty…, dans une large palette de métiers : la récupération, le traitement et le recyclage des métaux ferreux et non ferreux, l'enlèvement de déchets industriels et l'exploitation de déchetteries.

Les 12 membres fondateurs de l’association (aujourd'hui 14 adhérents) s'engagent, dans une charte, à recevoir les apports volontaires des déchets des entreprises de l’agglomération dijonnaise et à procéder à leur recyclage et à leur valorisation dans «des conditions adaptées».

Voir la liste complète des adhérents : www.prodechets.info/nos-adherents.php

(1) Des constats d'huissiers ont été faits sur les communes d'Arnay-sous-Vitteaux, Beaunotte, Chamblanc, Coulmier-le-Sec, Fain-lès-Montbard, Foncegrive, Normier et Sainte-Colombe-sur-Seine.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Guyarddit :

    Bonjour, l'entreprise Godard est bien en procès avec Prodec. Le traitement des déchets, épaves, barils, et autres, fait l'objet d'une décharge à ciel ouvert à Chenôve. L'écologie n'est pas la motivation mais plutôt le capital...

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