Trait d’union avec la Suisse, la ligne ferroviaire Belfort-Delle, en bonne voie pour décembre 2017

Publié par Mathieu Noyer, le 31 mai 2016

INFRASTRUCTURES/BELFORT. C’est un des plus gros projets d’infrastructures actuellement en cours dans l’Est.

La réouverture de la ligne Belfort-Delle aura mis du temps à se mettre sur les rails. Mais à présent que la chantier est lancé, il avance à grande vitesse.
SNCF Réseau, son maître d’ouvrage, affiche dès lors sa confiance à respecter les délais. Les 22 kilomètres à électrifier seront bien remis en circulation en décembre 2017, 25 ans après la fermeture.

 

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© SNCF Réseau.

 

En travaux depuis septembre dernier, la ligne Belfort-Delle de 22 kilomètres reliera la gare TGV Belfort-Montbéliard, d’un côté, au réseau ferroviaire helvétique à Delémont, dans le Jura Suisse - la ville frontalière de Delle (Territoire de Belfort) -, et de l’autre, à la gare du centre-ville de Belfort et au réseau régional des TER (voir carte à la fin de l'article).

 

Depuis sa mise en service en 2011, on accède à la gare TGV, construite entre Belfort et Montbéliard, uniquement par des navettes de bus ou en voiture.


Jusqu’en 1992, la ligne Belfort-Delle était un tronçon de liaison Paris-Berne et transportait des voyageurs ; le trafic de marchandises s’est quant à lui arrêté en 1996. La Suisse était particulièrement intéressée par sa remise en service, afin de faciliter son accès au réseau à grande vitesse français.

 

Pour convaincre Réseau Ferré de France, la Confédération suisse a mis la main au portefeuille. Il faut dire que les travaux sont lourds : en plus de la rénovation de la voie et son électrification, les passages à niveaux sont supprimés ou automatisés, les ponts sous ou au-dessus de la voie sont modernisés, et des haltes ferroviaires ajouteront une vocation régionale au transport des voyageurs.

 

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Travaux en gare de Delle, à la frontière suisse. © SNCF Réseau.

 

Les travaux représentent un montant d’environ 85 millions d’€, sur un coût total de 110 millions (*). Pour rester dans le timing serré, « nous avons choisi de découper les lots par nature de travaux sur l’ensemble du trajet, à quelques exceptions près, plutôt qu’un sectionnement portion par portion », rappelle Daniel Koenig, directeur du projet.

 

Ainsi, les TOARC (terrassements, ouvrages d’art, rétablissement des communications) ont été remportés par les filiales du groupe Vinci, autour de Vinci Construction Terrassement (VCT). Colas Rail conduit le groupement attributaire des équipements ferroviaires et il restera à décerner, en fin d’année, le lot des voiries-réseaux divers (VRD).

 

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Les lots « géographiques » concernent la gare de Delle, dont les équipements sont remis à neuf par l’équipe que mène TSO Caténaires, le passage à niveau 11 à Bourogne (Eiffage et sa filiale Transroute) et la halte de Meroux, l’une des six du parcours, celle qui assurera la jonction du voyageur avec la gare TGV Belfort-Montbéliard.

 

Entamé par le lorrain Demathieu Bard associé au franc-comtois Climent, ce chantier qui vient surplomber la LGV Rhin-Rhône est aujourd’hui le plus spectaculaire de la ligne. Il se situe tellement au droit de la ligne grande vitesse qu’il donne l’impression d’en frôler les caténaires et de toucher le bâtiment gare de l’architecte Jean-Marie Duthilleul.

 

Haute précision en surplomb des quais de la gare TGV

 

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Les travaux à hauteur de la future halte de Meroux qui surplombera la gare TGV Belfort-Montbéliard, se déroulent au plus près des quais du TGV en contrebas. © Traces Ecrites.

 

« C’est une intervention de haute précision », confie Daniel Koenig. Un premier tablier est repris tandis qu’un second est construit pour pouvoir aménager la voie et le quai. Les ouvriers préparent la culée de façon presque acrobatique, avec vue directe sur l’un des quais voyageurs du TGV !

 

Dans le territoire parfois bucolique qui sera traversé, la dimension environnement est à prendre en compte. Elle s’exprime en particulier à hauteur de Bourogne, au pont de la Bourbeuse.

 

L’ouvrage en béton possède un tablier de l’immédiate après-guerre en si mauvais état que sa démolition s’avère nécessaire. Sauf qu’à cet endroit, la rivière a l’habitude de déborder et que l’environnement du coin est prisé des poissons et des chauve-souris.

 

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Le pont de Bourogne possède un tablier de l’immédiate après-guerre en si mauvais état que sa démolition s’avère nécessaire. © Traces Ecrites.

 

Il faut donc composer avec le calendrier de la nature, en évitant les périodes de crues et de reproduction. La démolition-reconstruction du tablier commencera en juillet.

 

L’installation de buses en béton dans le lit de la rivière vise à garantir l’écoulement de l’eau pendant les travaux et le passage des poissons. Elle sert de support à une plate-forme qui délimitera les zones de travail et de stationnement des engins de chantier.


En somme, on ne badinera pas avec le vert.

 

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Cliquez sur la carte pour l'agrandir ou ici

 

(*) pour mémoire, le financement se répartit entre région Bourgogne Franche-Comté : 33,4 millions d’€, Etat français : 32,9 millions, Etat fédéral suisse : 24,7 millions d’€, Département du Territoire de Belfort : 5,5 millions, SNCF Réseau : 4 millions, Union européenne : 3,7 millions, Canton suisse du Jura : 3,2 millions, Communauté d’agglomération de Belfort : 2,5 millions, Communauté de communes du Sud Territoire : 0,55 millions.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Territoire de Belfort, TGV Rhin-Rhône, Suisse, infrastructures, Réseau Ferré de France, gare TGV Belfort-Montbéliard, Jura suisse, Belfort-Delle, Bourgogne Franche-Comté

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1 réponse(s) à "Trait d’union avec la Suisse, la ligne ferroviaire Belfort-Delle, en bonne voie pour décembre 2017"

  1. CENCEdit :

    Bonjour, Je me présente. Je m'appelle Mario CENCE et dirige la société EKOSCAN qui emploie 9 salariés. Ekoscan est une petite entreprise qui commercialise du matériel qu'elle fabrique elle même. Nous réalisons des contrôles par ultrason sur les voies nouvelles comme la ligne LGV construite par le consortium Coséa. Il s'agit de la ligne TOURS-BORDEAUX qui sera mise en service en 2017. Nous aimerions proposer nos services à la société en charge de la vérification des voies avant la mise en service. Pour ce faire, auriez vous la possibilité de nous communiquer les personnes responsables de ce projet ou bien de la maintenance ? Par avance je vous en remercie. Bien cordialement, Mario CENCE Tél: 06 11 22 02 84 site web : ekoscan.fr PS/ Nous organiserons une journée technique SNCF le 22 septembre en nos locaux de Chalon-sur-Saône et avons invité les responsables de régions en charge de la maintenance des voies.

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