La minoterie Forest invente la baguette prédécoupée

Publié par Christiane Perruchot, le 15 juin 2015

AGROALIMENTAIRE/BOURGOGNE. L'entreprise familiale de Saône-et-Loire lance une baguette prédécoupée en portions pour guider les personnes au régime.

Pour présenter cette nouvelle recette, la minoterie Forest a choisi d'ouvrir son moulin à ses clients pendant quatre jours, la semaine dernière.

Connu par sa marque Florentin, le meunier développe aussi en franchise l'enseigne Moulin de Païou.

 

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Le prédécoupage en six portions a fait l'objet d'un brevet. ©Traces Ecrites.

 

Ne dites plus à Karine Forest, la directrice générale de la minoterie du même nom, implantée à Bray (Saône-et-Loire), près de Cluny, que le pain fait grossir... L'entreprise familiale qu'elle dirige avec son père Alain, vient de lancer une baguette nutritionnelle avec des préconisations de consommation. 

 

Définies avec l'aide de Claude Godard, docteur en science de l'aliment, fondateur de Nutriconseil, la baguette baptisée Optimatin, est prédécoupée en six portions : 3 à manger le matin, 2 au déjeuner et 1 au dîner.  « A ce rythme, l'organisme assimile facilement et régulièrement, et ne stocke pas de graisses », explique t-elle. Le principe de consommation a fait l'objet d'un brevet.

 

Selon le fabricant, ce pain est riche en fer et en magnésium, deux minéraux qui contribuent à réduire la fatigue et maintienir la masse musculaire. « C'est une niche, mais elle répond à une préoccupation contemporaine de santé et peut remettre en avant l'importance du petit déjeuner, aujourd'hui si négligé », ajoute la directrice générale, 4ème génération de l'entreprise familiale.

 

Une clientèle de boulangers exclusivement

 

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Karine Forest, DG de la minoterie et son père Alain, P-DG du groupe. ©Traces Ecrites.

 

Fabricante de la marque Florentin qui s'est fait une réputation chez les boulangers en une dizaine d'années, la minoterie est la principale activité du groupe éponyme (160 salariés) avec un chiffre d'affaires de 36 millions d'€, sur les 42 millions d'€ réalisés en 2014. Elle parie sur la diversité des recettes de farine pour assurer son développement, dans un secteur dominé par des grands groupes alimentaires ou céréaliers.

 

Avec 90 références, la vente se fait exclusivement aux professionnels de la boulangerie, au nombre de 1800 répartis sur la moitié Est de l'hexagone : la vente directe au consommateur, lorsqu'elle existe, est à l'initiative des boulangers qui reconditionnent la farine eux-mêmes en paquets de 1 kg. Environ 20% des 65 000 tonnes de blé transformées, sont commercialisés de cette façon.

 

« L'élargissement de la gamme permet aux artisans boulangers de diversifier leur offre et de rester attractifs face à la concurrence des supermarchés », défend Karine Forest.

 

Pour les assister, l'entreprise déploie une palette de services. Un centre de formation, établi dans une boulangerie implantée au pied du moulin - avec fournil et magasin de vente - dispense des connaissances à la fois en marketing et en vente, et un accompagnement technique.

 

Depuis une dizaine d'années, l'entreprise dispose aussi d'une agence immobilière, Brat Transmissions, spécialisée dans la transaction de boulangeries-pâtisseries et d'une activité de négoce qui complète l'offre de base d'une boulangerie : pâtisseries et viennoiseries surgelées, snacks.

 

« Nous aidons les boulangers à se faire un nom plutôt que de porter l'enseigne d'un réseau », affirme Karine Forest. Une politique qui peut sembler contradictoire avec le développement de la franchise Moulin de Païou.

 

Cette enseigne rachetée en 2002 et apposée sur 25 magasins un peu partout en France, se positionne sur le haut de gamme et devrait compter, selon les objectifs commerciaux, une centaine de magasins en 2020.

 

La visite du moulin en images

 

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Après un nettoyage du blé (enlèvement des gros déchets, paille, cailloux…) avec un séparateur, des appareils à cyclindres - qui remplacent les meules d'autrefois - séparent l'amande et l'enveloppe des grains. Cette opération s'appelle le broyage. ©Traces Ecrites.

 

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Les grains sont prêts à être moulus : ils passent dans des planchisters, sortes de tamis verticaux qui extraient la farine. Les résidus (20% du volume écrasé) sont vendus pour l'alimentation animale.©Traces Ecrites.

 

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La farine va et vient dans cette forêt de tuyaux reliés aux tamis, autant de fois que nécessaire pour obtenir une semoule plus ou moins fine.©Traces Ecrites.

 

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Les farines spéciales mélangées manuellement avec l'assistance d'un ordinateur pour le bon dosage sont ensachées par un opérateur. Les plus gros volumes de farine courante sont l'affaire d'une ensacheuse automatique qui conditionne 800 sacs de 25 kg par heure. ©Traces Ecrites.

 

Un des derniers meuniers indépendants

 

Pas moins de 5 membres de la famille Forest dirigent la minoterie créée sur les bords de la Grosne en 1921 par Benoît Forest.

Karine Forest, directrice générale depuis trois ans, a occupé plusieurs postes pendant une dizaine d'années avant de rejoindre le management. Son père Alain est le P-DG. Son oncle, André, le directeur technique ; son cousin Nicolas, le directeur commercial et son petit frère, Damien, responsable de la logistique.

En dehors de la famille, la majorité des postes d'encadrement (59%) sont tenus par des femmes, notamment la direction de l'exploitation et de la production.

Un incendie en 1987 débouche sur la reconstruction d'un outil industriel capable d'écraser 200 tonnes de blé par jour. Au fil des années 2000, l'extension du moulin porte sa capacité à 300 tonnes par jour et celle de la zone de stockage à 22 000 tonnes de blé.

En 2016, ce sera au tour des bureaux et des services aux clients de faire peau neuve, avec notamment la construction d'un showroom.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Bourgogne, Saône-et-Loire, filière blé-farine-pain, agroalimentaire, Santé, boulangerie, minoterie Forest

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