Spin-off de l’Inserm, Med’INN’Pharma est lancée et commence à lever des fonds

Publié par Monique Clémens, le 04 avril 2017

BIOTHÉRAPIES/DOUBS. Quatre ans après le dépôt de brevet pour SuperMApo, un anti-inflammatoire « naturel » qui s’inscrit dans la nouvelle pharmacopée dite résolutive, la petite entreprise qui va l’emmener jusqu’à la mise sur le marché vient de voir le jour.
Pilotée par Sylvain Perruche, le chercheur Inserm qui a découvert cette solution au sein d’une unité de recherche de l’Inserm implantée à Besançon, Med’INN’Pharma va procéder à deux premières levées de fonds pour financer les essais cliniques.

 

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Med’INN’Pharma est née en ce début de printemps 2017 dans les locaux de l’Etablissement français du sang (EFS) Bourgogne-Franche-Comté.

 

Quatre ans après avoir eu l’idée de créer lui-même la société qui exploitera le médicament SuperMApo mis au point dans le cadre de ses travaux de recherche Inserm, Sylvain Perruche, docteur en biologie, y est arrivé : sa start-up Med’INN’Pharma est née en ce début de printemps 2017 dans les locaux de l’Etablissement français du sang (EFS) Bourgogne-Franche-Comté, qui l’héberge.


« Ici on est bien au chaud, on a accès au laboratoire et on travaille toujours en relation avec l’Unité mixte de recherche 1098. C’est plutôt agréable de continuer à réaliser notre innovation technologique avec l’équipe que nous connaissons », explique l’heureux chercheur.


SuperMApo, le premier choisi pour être développé, c’est un médicament de biothérapie par tout à fait comme les autres : il ne cible pas une pathologie mais attaque le problème à la source, pour éviter que cette pathologie ne survienne.

 

En l’occurrence, il cible l’inflammation chronique de maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn ou la fibrose pulmonaire, les trois premières visées.


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Cet anti-inflammatoire naturel, le chercheur Inserm l’avait mis au jour au cours de ses travaux au sein de l’UMR 1098 qui travaille spécifiquement sur les « interactions hôte-greffon-tumeur, ingénierie cellulaire et génique ».

 

Ce médicament « biologique », qui vise à rééduquer le système immunitaire dérégulé afin d’arrêter la réaction inflammatoire, est issu d’un phénomène naturel : l’apoptose.


C’est ainsi que l’on nomme la mort naturelle des cellules (50 à 70 milliards meurent ainsi chaque jour dans un organisme humain) qui induit l’action de cellules « camions-poubelles », lesquelles produisent justement des facteurs anti-inflammatoires lors de l’évacuation des cellules mortes. Développés en laboratoire, ces facteurs constituent une innovation très prometteuse dans le traitement des maladies inflammatoires.


« Le but de Med’INN’Pharma, c’est d’exploiter ces processus naturels biologiques de l’organisme pour développer des médicaments innovants afin de contrôler le système immunitaire dérégulé dans les pathologies inflammatoires chroniques », précise Sylvain Perruche.

 

Cinq ans avant de passer à l’étape de l’industrie pharmaceutique

 

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SuperMApo, le premier médicament développé ne cible pas une pathologie mais attaque le problème à la source, pour éviter que cette pathologie ne survienne.

 

SuperMApo, le premier candidat, a montré son efficacité chez la souris en essais pré-cliniques. La start-up créée, les essais cliniques, chez l’homme, vont pouvoir démarrer dans 18 mois pour tester la toxicité et l’efficacité du produit. Il faudra ensuite encore 5 ans et quelques millions d’euros avant de passer à l’étape de l’industrie pharmaceutique.


Mais rien de tout cela ne douche l’enthousiasme du créateur d’entreprise. L’agence européenne du médicament a donné son feu vert à la création de la start-up et propose de faire entrer SuperMApo dans la catégorie des « médicaments biologiques complexes » et il était dans les starting-blocks.


SuperMApo avance maintenant dans les phases réglementaires pré-cliniques. Une étape obligatoire qui doit permettre de produire les premiers lots cliniques qui seront testés chez l’animal, puis chez l’homme. « Chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et de maladie de Crohn, les tests seront menés en parallèle. » Cette phase est coûteuse et nécessite des sommes inaccessibles à un laboratoire académique.

 

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« Nous allons lever des fonds, et nous avons créé Med’IN’Pharma pour le faire. L’autre solution aurait été de faire un transfert de technologie, mais le projet était immature. Nous n’avions pas le choix, mais ça me convient bien, c’est mon bébé et j’ai vraiment envie de cette nouvelle aventure », poursuit, enthousiaste, Sylvain Perruche.


Un premier tour de table devrait avoir lieu à l’été 2017 pour lever 2,5 millions environ. Une seconde levée de fonds de 5 millions d’euros est envisagée pour les études cliniques, 18 mois plus tard.


Sylvain Perruche embarque avec lui deux associés, Francis Bonnefoy et Mélanie Couturier, deux autres chercheurs de l’UMR 1098 qui ont été de toute l’aventure de SuperMApo. Le premier est co-inventeur du brevet, la seconde est l’auteure d’une thèse au sein du laboratoire.

 

Dans quelques semaines, deux autres associés viendront les rejoindre, pour porter l’équipe à cinq : Fabrice Heitzman, qui amènera son expertise en industrie pharmaceutique et Christophe Clément, spécialiste des questions réglementaires et des études cliniques et pré-cliniques.

 

Il y aussi des partenaires indispensables : l’Inserm, l’EFS Bourgogne-Franche-Comté, l’Université de Franche-Comté. Tous trois sont copropriétaires du brevet SuperMApo. Med’IN’Pharma devrait signer très vite un contrat de licence d’exploitation avec ces trois organismes de tutelle.

 

Qui est Sylvain Perruche ?

 

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Sylvain Perruche, au centre, et deux de ses associés : Francis Bonnefoy et Mélanie Couturier.


Docteur en biologie, le chercheur bisontin de l’Inserm a travaillé pendant près de dix ans au sein de l’Unité mixte de recherche 1098 de l’Inserm – hébergée par l’Etablissement français du sang Bourgogne-Franche-Comté, à Besançon – dans le développement d’approches thérapeutiques pour contrôler la réponse inflammatoire.
Après avoir soutenu sa thèse, en 2005, sur l’utilisation des cellules apoptotiques comme produit de thérapie cellulaire pour moduler l’alloréactivité post-greffe, il était parti poursuivre ses travaux à Washington, au National Institutes of Health, comme post-doctorant.
Revenu les valider à Besançon, en recherche appliquée cette fois, il a déposé le brevet de SuperMApo en 2013 et obtenu, cette même année, un prix au 15e concours national d’entreprises de technologies innovantes qui l’a encouragé à créer sa start-up.

Francis Bonnefoy, co-inventeur du brevet et Mélanie Couturier, auteure d’une thèse au sein du laboratoire l'accompagnent dans cette aventure.

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Besançon, industrie pharmaceutique, biomédical, Inserm, levée de fonds, Etablissement français du sang Bourgogne-Franche-Comté, Bourgogne Franche-Comté, MedInnPharma, SuperMApo, Sylvain Perruche

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