Des smileys de couleur verte, jaune ou rouge, selon la dangerosité du produit : jeune entreprise bisontine, Quarks Safety a mis au point une application web pour faire l’inventaire des risques chimiques de l’entreprise, les évaluer, connaître la réglementation et gérer ses stocks. Dans le cadre de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail le 28 avril prochain, Quarks Safety organise à Besançon son troisième Quarks Safety Day, ce jeudi 25 avril, après deux premières éditions à Lyon. Une journée de conférences et de rencontres entre experts du risque chimique, clients et prospects. Le point sur le sujet avec son dirigeant Xavier Labourier.

• Peut-on ignorer les risques chimiques ? Et leur gestion est-elle sous-estimée par les dirigeants ?

Aujourd’hui, en France, il y a beaucoup d’informations sur ces questions. Nous connaissons les règles, les dangers, et il y a Élise Lucet et son émission « Cash investigation » pour nous rappeler tout ça. On ne peut pas dire non plus que la question soit sous-estimée par les entreprises françaises qui reçoivent beaucoup de messages de prévention des services de santé au travail, des réseaux sociaux, de l’Europe ou de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité).
Tout le monde est conscient de l’importance des risques chimiques. 
Le problème est plutôt celui du temps à consacrer à la question pour être conforme. Un temps d’autant plus important qu’on n’est pas expert. Il y a beaucoup d’actualité réglementaire sur les risques chimiques et, au niveau d’une PME, il est difficile de suivre, cela nécessite une personne à temps complet. 

Le chef d’entreprise fait au mieux mais ne peut aller au bout des choses et vit cela comme une difficulté. Souvent, c’est le qualiticien de l’entreprise qui prend en charge la partie HSE (Hygiène industrielle, Sécurité, Environnement). Pourtant, plus l’on connaît la nature des déchets chimiques, moins cela coûte cher de les traiter.

 

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• Le manque de temps dans les PME, est-ce la raison pour laquelle vous avez mis au point une solution Software as a Service (SaaS), ou  en français, logiciel en tant que service (*) ?

Effectivement. Nous travaillons de façon agile afin que notre logiciel s’adapte aux entreprises et non l’inverse. Nous avons acquis une connaissance de nombreux secteurs comme le traitement de surface, les laboratoires d’analyse, l’emballage alimentaire ou la cosmétique, qui sont des métiers très différents, et nous disposons d’une base de connaissance de 300.000 substances internationales. À force d’essaimer en France, nous pourrions d’ailleurs bientôt offrir une couverture complète des produits.

• Peut-on adopter la même méthode pour les risques biologiques ?

Le risque chimique, c’est le domaine le plus difficile à informatiser tant il est complexe et comprend de données. Comme nous travaillons déjà avec les laboratoires qui ont un besoin de traçabilité des échantillons biologiques et de la gestion du risque associé, nous allons appliquer la même approche, même si les règles et les outils techniques sont un peu différents. Et nous devrions obtenir les mêmes résultats. Nous allons commencer par les risques biologiques, puis les risques OGM et enfin les risques liés à la radioactivité.


• Quels types d’entreprises sont concernées par le sujet  ?


Nos clients sont soit des industriels utilisant des produits chimiques, soit des laboratoires, soit des services de santé au travail. Parmi eux, nous comptons Vallourec, l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), l’Université de Genève, Bic, Keolis, GE Healthcare et les laboratoires de Suez, Total, Danone Research, le CEA de Saclay, EDF Lab… Nous travaillons aussi avec le centre de recherche Parkinson du Luxembourg et l’Université de Fribourg.
Le Quarks Safety Day permet à nos clients de rencontrer nos experts, des développeurs et des spécialistes dans les domaines des risques chimiques, biologiques ou dans la certification pharmaceutique.

 

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Qui est Xavier Labourier ?

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Titulaire d’une maîtrise d’informatique de l’Université de Franche-Comté, Xavier Labourier avait intégré un laboratoire de recherche en sciences humaines où le contact avec chercheurs et experts lui avait donné un bon aperçu des outils informatiques dont ils pouvaient avoir besoin. « C’est là que j’avais compris qu’il fallait abandonner le logiciel classique pour aller vers les applications web et passer au cloud », se souvient-il.
En 2011, après avoir travaillé en indépendant pendant quelques années, il avait créé Quarks Pro pour offrir des outils de technologie web adaptées à différents métiers, avant de rencontrer, en 2015, des experts en risques chimiques et de s’associer avec eux en 2016 pour fonder Quarks Safety.
L’entreprise est en plein développement. Elle embauche : de 10 début 2019, les effectifs passeront à 20 à la fin de l’année, essentiellement des développeurs et des spécialistes dans les domaines des risques chimiques, biologiques ou dans la certification pharmaceutique.
Quarks Safety agrandit également ses locaux de Besançon et cumule les trophées. Le 28 mars dernier, elle remportait le prix de l’innovation du salon ForumLabo, à Paris, en catégorie informatique.

(*) Le Software as a Service (SaaS), ou Logiciel en tant que Service en Français, est un modèle de distribution de logiciel au sein duquel un fournisseur tiers héberge les applications et les rend disponibles pour ses clients par l’intermédiaire d’Internet.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Franck Morotdit :

    Superbe entreprise : Agile, avec de belles valeurs RSE, des jeunes motivés, et un vrai leader qui développe, Bravo !

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