MOBILIER. Le fabricant jurassien de meubles de salles de bains sort de ses frontières traditionnelles : la France et le Benelux, pour aborder le marché allemand.

Une stratégie à long terme qui le verra aussi poser très bientôt ses meubles en Autriche et au Royaume-Uni.

Pour répondre à cette nouvelle demande, l’usine de Champagnole bénéficie d’importants investissements et embauche.

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Sanijura, légendaire marque jurassienne de meubles de salles de bains fabriqués à Champagnole, renaît depuis 2006 sous l’impulsion de ses deux directeurs généraux successifs : Jérôme Michel et Lorenz Giannoni.

Le premier a remis la mécanique productive en route à l’aune d’un programme de 12 millions d’€ d’investissements, réalisé entre 2005 et 2011 (*), et a fortement rafraîchi les collections.

Le second, jeune ingénieur de 38 ans en poste depuis février 2012, complète cet effort et engage une solide stratégie à l’export, avec comme première cible l’Allemagne.

«Nous participons pour la première fois en tant qu’exposant au salon Mow, l’un des plus importants d’Europe pour le mobilier, qui se déroule du 22 au 26 septembre à Bad Salzuflen, en Westphalie», explique Lorenz Giannoni.

Cette incursion outre-Rhin, minutieusement préparée avec des gammes de meubles adaptées aux goûts locaux, se poursuivra ensuite en Autriche. «Puis, à l’horizon 2014, nous attaquerons le marché britannique», précise le directeur général.

Dans ces pays, Sanijura se positionnera dans des réseaux de distribution où Kholer, sa maison mère américaine depuis 1994, est absent, en ciblant, non les réseaux spécialisés, mais les enseignes de meubles pour la maison.

Mais revenons à Champagnole ou l’usine compte aujourd’hui 230 salariés alors qu’ils n’étaient moins de 160 en 2003-2004. Ici, un personnel motivé perpétue une belle histoire.

Elle commence en 1911 lorsque Henri Liegon, menuisier et ébéniste de son état, se met à tourner du bois pour faire des manches d’outils et des porte-serviettes. En 1925, l’artisan se diversifie et lance la production de poussettes pour poupées et de landaus à baigneurs.

Puis la gamme s’étoffe dans le jouet avec son fils Bernard qui fabrique des coffrets de jeux de société et des tableaux d’écolier.

L'appel à de nouvelles compétences

Sept ans plus tard, avec les premières utilisations industrielles du plastique, il se met aussi à assembler des salles de bain. Les deux activités cohabitent jusqu’à la succession organisée en 1977 entre les deux fils de Bernard.

À Jean Liegon, le père de Catherine Varacca, l’actuelle directrice générale de Jeujura, les jouets en bois.

A son frère Dominique Liegon, l’univers de la salle de bains avec Sanijura, devenue une marque en 1960 suite à un appel d’offres remporté auprès des laboratoires Aspro pour faire des armoires à pharmacie en bois.

Un clin d’œil à ce type de production en bois a été fait l’an dernier avec deux gammes en bois massif : chêne et frêne.

Le groupe Kholer et sa filiale française Kholer France (environ 200 millions d’€ de chiffre d’affaires et 1000 personnes) mise beaucoup sur ces fabrications «Made in Jura», eux qui possèdent une autre marque mythique : Jacob Delafon.

«Ce qu’on sait moins, c’est que nous fabriquons à Champagnole des produits mobiliers Kholer et Jacob Delafon», indique Lorenz Giannoni.

D’où un soin encore plus particulier apporté au site en termes de performance industrielle et d'innovation. La R&D s'appuie d'ailleurs sur une équipe de 11 ingénieurs et techniciens.

Un nouveau programme d’investissement sur trois ans s’élève à 4 millions d’€. Il est dédié à accroître l’automatisation et l’acquisition de nouvelles compétences.

L’unité recrute ainsi des chimistes pour mieux travailler ses laques hydro. De même, qu’elle s’entoure de spécialistes du travail de nouveaux matériaux.

Si l’on ne connaît pas le chiffre d’affaires réel généré par Sanijura, on peut raisonnablement l’estimer autour des 40 millions d’€ (7 à 8% de parts de marché en France), dont 25% à l’exportation, essentiellement en Suisse et au Benelux.

Lorenz Giannoni confesse juste un fort rebond à partir de 2006 avec une croissance à deux chiffres (autour des 10%).

(*) Il s’est déroulé en trois phases : amélioration de la découpe pour réduire les coûts matière, optimisation du façonnage et du placage et, enfin, acquisition d’une ligne d’assemblage de 100 mètres entièrement automatisée.

Crédit photo : Sanijura

1 commentaire(s) pour cet article
  1. baignoire à portedit :

    ll était temps ! leurs meubles sont de plus en plus connus du monde entier ! Stéphanie

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