EQUIPEMENT DE LA PERSONNE/BOURGOGNE. A la faveur d'un changement d'actionnaire, Neyrat ressuscite un atelier de fabrication de parapluies haut de gamme, vingt ans après la fermeture de l'usine d'Autun (Saône-et-Loire).

Le réseau Entreprendre Bourgogne a salué cette initiative en la comptant parmi ses lauréats 2015.

 

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L'hôtel Fontenay de Broissia abrite le siège de l'entreprise et le petit atelier ; dans l'aile à droite de la photo sera intallé un magasin d'usine en 2016. ©Traces Ecrites.

 

Dans l’entrée de l’Hôtel de Fontenay de Broissia, rue de l’Arquebuse, au centre-ville d’Autun (Saône-et-Loire), une photo immortalise les ateliers Neyrat en 1852 : alignées en file indienne, les couturières sont en train de fabriquer le premier modèle de l’histoire du fabricant de parapluies dont la marque est étroitement associée à l’image de cette petite ville du Morvan : un parapluie rayé noir et blanc.

 

Léon Neyrat, un auvergnat d’Aurillac, a eu l’heureuse idée de fabriquer une armature et des baleines métalliques (historiquement des fanons de baleine, d’où le nom) qui rendent le parapluie plus léger et plus solide. D'un objet utilitaire, il en fait un accessoire de mode en même temps que le succès de l’entreprise pendant près de 150 ans.

 

C’est dans cet hôtel particulier que Michaël Renaud, repreneur de Neyrat Autun en avril 2014,  est en train de faire renaître une activité de fabrication qui a employé 350 personnes jusqu’à la fermeture en 1990, au profit d’une délocalisation en Chine. L’entreprise continue de concevoir les modèles, mais en sous-traite la fabrication auprès de plusieurs fournisseurs.

 

Cette activité de négoce est prospère puisque l’an dernier, Neyrat a vendu près d’un million de parapluies et réalisé un chiffre d’affaires de 2,6 millions d’€, en progression, et un résultat d’un peu plus de 80 000 €, lui aussi en hausse.

 

De veilles machines à coudre, en partie trouvées en Angleterre

 

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L'armature d'un parapluie sur lequel les coutières cousent les pans de tissus puis ajoutent la poignée et la pointe. ©Traces Ecrites.

 

Située dans la vague porteuse du made in France, la relance d’un « micro-atelier » à Autun a été remarquée par le réseau Entreprendre Bourgogne qui en a fait, jeudi dernier, l’un de ses lauréats 2015. Le réseau de chefs d’entreprises accorde au repreneur de la société, un prêt d’honneur de 30 000 € qui lui sert à financer son apport au capital et déclenche l’attention des banques.

 

Le nouveau dirigeant tient à se montrer réaliste.  « Il est impossible relocaliser la production des parapluies Neyrat en France, car peu de tâches sont automatisables, donc le prix de revient est entièrement constitué de coûts salariaux », explique Michaël Renaud.

 

« En revanche, la logique n’est pas la même pour une fabrication haut de gamme, à un prix de vente entre 70 et 100 €, d’autant que la marque Neyrat a conservé sa notoriété dans la profession », poursuit-il.

 

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Trois couturières à temps partiel - dont deux qui ont fait la fermeture en 1993 - travaillent aujourd’hui à la fabrication de produits dont la qualité supérieure s’apprécie au niveau des tissus et des poignées. Depuis le début de l'année, 10 000 exemplaires sont sortis des vieilles machines à coudre que le chef d’entreprise est allé chercher jusqu’en Angleterre. L'an prochain, il espère employer ses trois couturières à temps plein.

 

Avec cette gamme, Neyrat vise les maroquiniers et les boutiques traditionnelles, mais ne s’interdit pas une incursion dans la grande distribution lors d’opérations promotionnelles. Le PME connaît bien ce réseau car elle y vend les deux tiers de ses parapluies entrée de gamme, sous la marque L’Air du Temps.

 

« Je suis persuadé que la puissance de la grande distribution lui permet de sacrifier ponctuellement son coefficient et de proposer des produits de belle qualité à un prix, supérieur à ce qu’elle vend habituellement, mais accessible ».

 

Lisser l’activité sur toute l’année

 

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Une réinterprétation du premier modèle fabriqué à Autun en 1852. ©Neyrat.

 

L’ouverture d’un magasin d’usine à Autun au printemps prochain, puis l’organisation de visites guidées de l'atelier notamment pour les touristes, accompagnera la relance de la fabrication française qui n’est en fait qu’un élément de diversification dans plusieurs niches.

 

« La vente de parapluies est cyclique, très dépendante de la météo, aussi faut-il trouver des débouchés pour lisser l’activité sur toute l’année », expose Michaël Renaud.

 

Le parapluie publicitaire est une voie, déjà entamée. L’exportation aussi qui ne représente aujourd’hui de 5% du chiffre d'affaires. Le chef d’entreprise a également inscrit sur sa feuille de route, la vente d’accessoires, une offre moins aléatoire que les parapluies et qui utilise les mêmes réseaux de distribution.

 

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renaudQui est Michaël Renaud ?

 

Le nouveau propriétaire de Neyrat a un nom connu des Autunois. Il est l’un des descendants du docteur Fernand Renaud, maire d’Autun de 1932 à 1944. Il n'a jamais vraiment totalement quitté Autun puisqu'il avait conservé une maison de famille, devenue maintenant sa résidence principale.

 

Diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, c’est dans le commerce puis la finance qu’il poursuit sa formation puis entreprend une carrière qui le mène aux quatre coins du monde. Jusqu’au jour, il eut envie de se prouver qu’il pouvait avoir sa propre entreprise.

 

Finalement, ce sera une reprise. En avril 2014, il rachète Neyrat à deux anciens salariés associés à un ancien cadre de Dim - un autre nom attaché à la cité morvandelle.

 

Au réseau Entreprendre Bourgogne avec Nicolas Ducrot (société Thévenin-Ducrot) comme parrain, il y trouve plus que des moyens financiers et techniques : « des valeurs un peu humanistes et une ouverture d'esprit grâce aux rencontres mensuelles avec les autres créateurs et repreneurs ».

 

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L'entrepôt en zone industrielle d'Autun où se fait la réception des parapluies fabriqués en Chine, la préparation des commandes et l'expédition aux détaillants et grandes surfaces. ©Neyrat.
3 commentaire(s) pour cet article
  1. Leraydit :

    Bonjour je possède depuis de nombreuses années un parapluie de votre marque malheureusement je viens de m'apercevoir qu'une baleine est cassee je ne sais pas où le faire réparer. Ou peut être avez vous un magasin dans le Finistère qui est dépositaire de votre marque. J'ai passé dans la ville d'Autun il y a quelques années sans savoir que c'était la que vous fabriquiez vos parapluies . Dommage j'aurais bien été à votre magasin d'usine. Sincères salutations

  2. OLIVIERdit :

    Bonjour il y a quelques années, j'ai acheté à Paris un de vos parapluie que j'appréciais beaucoup et que j'ai hélas perdu... j' ai oublié "où", je l'avais acheté, pouvez-vous me dire où je puis les trouver à Paris. Merci Cordialement

  3. Chammartin claudinedit :

    Monsieur, Est-ce que votre magasin d'usine est ouvert a Autun et quel horaires svp.?? Est- ce que vous vendez des parapluies fabriqués en France aussi au magasin ? Bonnes salutations.

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