ARMEMENT. Le mythique fabricant mulhousien de machines de munitions retrouve le chemin d’une croissance qu’il réalise intégralement à l’étranger.

Le modeste bénéfice du second trimestre rend réaliste son objectif d’un résultat net positif sur l’ensemble de 2012.

Le chiffre d’affaires attendu de 25 millions d’€ renouerait lui aussi avec les bonnes années.

Une augmentation de capital effectuée en début d'année marque l’arrivée de nouveaux actionnaires : GIAT Industries, la Sofired émanation du ministère de la Défense et Delta Defence, un industriel slovaque de l’armement.

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Manurhin retrouve le bon chemin. Célèbre par le passé pour ses revolvers qui ont équipé des générations de policiers français puis, entièrement recentrée depuis de nombreuses années sur les machines de fabrication de munitions, l’entreprise de Mulhouse (Haut-Rhin) a réalisé au second trimestre un bénéfice net, certes modeste de 200 000 €. Mais un bénéfice quand même, qui contraste avec deux années de pertes conséquentes.

De quoi rendre réaliste son objectif d’un résultat net positif sur l’ensemble de 2012 pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’€ qui renouerait lui aussi avec les bonnes années.

La PME de 107 personnes a failli disparaître l’an dernier. Sa survie doit à l’abnégation de son nouveau patron Rémy Thannberger.

Alsacien monté à Paris dans le wagon de son père Louis connu pour l’accompagnement d’introductions en Bourse, avant d’être  rattrapé par l’amour de la région, le dirigeant a mis tout en œuvre pour monter une augmentation de capital salvatrice de 7,5 millions d’euros.

Il a dû remuer ciel et terre pour cela, et bousculer en particulier la pesanteur naturelle de Bercy. Bouclée en début d’année, l’opération marque l’arrivée de nouveaux actionnaires : GIAT Industries, la Sofired, émanation du ministère de la Défense et Delta Defence, un industriel slovaque de l’armement.

15 millions d'€ de contrats avec le Mexique et la Turquie

Autre bonne nouvelle, le retour de Manurhin au salon Eurosatory en juin dernier, rendez-vous incontournable de l’armement, s’est soldé par deux contrats pour un total de 15 millions d’€ avec le Mexique et la Turquie.

Les deux pays se situent dans des régions du globe parmi les plus dynamiques pour la PME.

«Nos leviers de croissance se situent en Amérique centrale, au Moyen-Orient et en Asie centrale, depuis la Turquie jusqu’à la Corée du Sud en passant par l’Inde ou l’Ouzbékistan par exemple », précise Rémy Thannberger.

Comme on peut s’en douter, ce commerce-là se soumet à un peu plus de contraintes que la marchandise lambda… Des pays sont obligatoirement exclus du portefeuille clients, d’autres nécessitent un examen au cas par cas par les autorités françaises.

D’une manière ou d’une autre, les représentations diplomatiques sont parties prenantes des négociations et les Etats en direct sont les clients décideurs dans la majorité des cas.

Le chiffre d’affaires est réalisé en totalité à l’étranger, dans 83 pays. «La France n’a plus l’outil de production des petits calibres que nous équipons. Nos machines fabriquent des cartouches qui sont achetées à l’étranger», explique Rémy Thannberger.

Relire l'article de Traces Ecrites News du 16 décembre 2010 en cliquant ici

Photos : MNR Group

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