Les 22èmes rencontres PerfoEst, organisées aux Ateliers Spécialisés Technoland, à Étupes (Doubs), avec pour grand témoin Olivier Bourgeois (*), directeur général du groupe bisontin qui porte son nom, démontrent une nouvelle fois la vitalité de toute une filière principalement fédérée autour du constructeur PSA. Une filière qui ne se regarde pas le nombril, pointe ses manques, imagine le futur et distingue ceux dont les efforts d’amélioration ont été les plus marquants.

Une nouvelle fois l’équipe de Pôle Véhicule du Futur (PVF), présidé par Denis Rezé, a su trouver un lieu parfaitement adapté à la 22ème édition des rencontres PerfoEst puisqu’il s’agissait des Ateliers Spécialisés Technoland, situés à Étupes (Doubs). Cette structure de l’Adapei est un établissement médico-social et une entreprise adaptée, qui accueille dans un cadre professionnel 600 personnes en situation de handicap mental.
Pas moins de 500 d’entre-elles travaillent en sous-traitance pour l’automobile à des activités de câblage, ferrage et montage avec une qualité de réalisation que les donneurs d'ordre jugent remarquable. Les autres sont employées à la production de repas et l’entretien d’espaces verts.

 

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C’est dire si l’endroit se prêtait aux débats studieux de la filière automobile de l’Est que fédère PVF (420 membres, dont 385 entreprises) et animent en terme d’amélioration de la performance industrielle les experts de l'association PerfoEst. Même si elle sont dominées par la région Hauts-de-France avec 31% de la production automobile, les deux régions de l'Est réunies – Grand Est (21%) et Bourgogne-Franche-Comté (23%) – se taillent  part du lion. « Voilà pourquoi, après le pôle de Magny-Cours (Nièvre), nous voulons attirer les entreprises de Lorraine et de Champagne-Ardenne », indique Denis Rezé.
D’autant qu’il y aura du grain à moudre à l’avenir avec les motorisations diesel appelées à encore baisser (diesel gate), mais pas encore compensées par celles à énergie renouvelable : électrique ou à pile à hydrogène. « On remarque actuellement un net transfert vers les véhicules à essence », note Ludovic Party, directeur de PerfoEST.

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Pas moins de 150 professionnels de l'automobile et activités associées ont répondu présents à ces 22èmes rencontres PerfoEST. © Traces Ecrites.

 

L’usine 4.0, pas sans l’humain et la préservation de l’environnement

Une situation qui pourrait ne pas durer, tant l’électrique semble voué à fortement se développer. En attestent les intentions de certains constructeurs comme PSA de multiplier par six, à partir de 2023, leur capacité sur ce créneau en proposant une gamme considérablement élargie. Toutes ces mutations se feront dans un contexte de digitalisation, simulation, analyse des données (Big Data) et robotisation accrue, ce que l'on appelle l’usine du futur, autrement baptisée 4.0. « Mais pas sans l’humain au cœur de cette transformation ni en négligeant la performance énergétique comme le préservation de l’environnement », assure Denis Rezé.

 

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« C’est dans cet objectif que nous avons monté respectivement le programme 4H, en partenariat avec la région Bourgogne-Franche-Comté, et le programme RSE avec l’Ademe », précise le directeur de PerfoEST.
Avec comme autre point d’orgue, la présentation de son enquête annuelle 2018, issue de 63 réponses étayées, la filière démontre une nouvelle fois qu’elle ne se cache pas derrière son petit doigt, n’hésitant pas après l’analyse de 16 critères à relever certains points négatifs. Les indicateurs en dégradations concernent notamment la rotation des stocks, les dépenses de formation, les investissements corporelles et le nombre d’accidents du travail, il est vrai aujourd’hui relevés à la loupe.
En revanche, la qualité des produits et rebuts, le temps de changement de fabrication et l’utilisation des surfaces, ainsi que le chiffre d’affaires réalisé par collaborateur s’affichent dans le vert. Et justement trois entreprises ont été primées pour leurs efforts et résultats en terme de performance industrielle.

 

• Dans la catégorie PME : la bisontine Scoder

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Sylvain Giampiccolo, directeur général de Scoder, à droite, en compagnie de Denis Rezé, président de PVF. © Traces Ecrites.

L’entreprise installée à Pirey, près de Besançon, est la propriété d’une famille locale depuis 1988. Dirigée par Sylvian Giampiccolo, ce spécialiste des pièces formées à partir de tôle à propriété mécanique élevée joue la carte des produits de très haute précision pour les marchés des pièces de sécurité ou soumise à une stricte réglementation.
Les études poussées sur la digitalisation, pour notamment mieux connaître la matière traitée et un investissement en cours de 5 millions d’€ destiné à acquérir des presses multifonctionnelles, en font la PME préférée du jury. Scoder atteint les 28 millions d’€ de chiffre d’affaire avec 120 personnes.

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Contrôle d'une pièce au pied à coulisse chez Scoder. © Scoder.

 

• Dans la catégorie ETI : l’Alsacienne Ouréval, filiale du groupe Fidève

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Saïd Ghazal, directeur technique d'Ouréval. © Traces Ecrites.

PerfoEst salue chez ce tôlier et découpeur métallique qui réalise ses propres outillages, la mise en place d’indicateurs, le versement « équitable » d’une prime d’intéressement et le développement de son chiffre d’affaires à deux chiffres (10%) pour l’automobile.
« Nous avions déjà été lauréat en 2010 », rappelle avec fierté Saïd Ghazal, le directeur technique. Ouréval, implantée à Neuve-Église (Bas-Rhin), près de Sélestat,  réalise entre 5 et 6 millions d’€ de chiffre d’affaires avec une trentaine de salariés.
Fidève, son groupe d’appartenance, atteint les 55 millions d'€ et emploie 450 personnes. Dans le Jura, l’industriel s’appuie sur Façonnage Métallique, présente à Champagnole et Cogna, avec pour projet de regrouper les deux sites.

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Réunion autour d'un outillage chez Ouréval. © Ouréval.

 

• Dans la catégorie groupe : le site SNOP d’Étupes.

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Frédéric Simonneau, directeur de SNOP Étupes. © Traces Ecrites.

Il aura fallu à Frédéric Simonneau, directeur du site comtois de SNOP, emboutisseur et découpeur international pour l’automobile, spécialisé dans les éléments de structure (chassis ou caisse en blanc), résoudre un véritable casse-tête.
Il devait répondre à une forte augmentation des commandes de PSA sans réaliser d’extension de ses ateliers. Deux années après un travail de diminution des stocks, par souci de gain de place, la réorganisation des flux d’un tiers des équipements, l'acquisition d’une troisième presse de 1.200 tonnes et la mise en place d’un très important programme de formation touchant plus de 60 personnes, le résultat est là.
« Sur certains îlots, nous avons boosté nos capacités de 25 à 30% », indique le dirigeant. L’unité d’Étupes emploie 272 personnes et dépasse les 100 millions d’€ d’activité. Son groupe exploite 44 sites dans le monde, s'appuie sur un effectif de 9.600 personnes et dépasse 1,5 milliard d'€ de chiffre d'affaires.

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Presses tandem en action chez SNOP à Étupes. © SNOP.

(*) Relire notre article sur R.Bourgois : ici.

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