La PME dijonnaise, spécialisée dans les airbags personnels, décline désormais ses best-sellers pour motard en version électronique. Le motard n’a ainsi plus besoin de s’attacher à sa moto pour être protégé. L’innovation a été entièrement développée en interne.


C’est un instant pivot que vit Helite, une PME dijonnaise spécialisée dans les airbags à porter sur soi, déclinés dans des vestes que portent les motards, les cavaliers, les cyclistes, ou en ceinture, pour la prévention de la rupture du col du fémur chez les personnes âgées : l’entreprise dévoile deux nouveaux produits destinés aux motards, qui s’appuient désormais sur un double dispositif électronique pour se déclencher, au lieu d’un lien physique, qui attache, sur les autres produits, le motard à sa moto.

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« Jusqu’à présent, sur les airbags moto, nous étions sur une détection physique des chutes. Le motard est attaché à sa moto par un lien, et quand ce lien se rompt, c’est qu’il y a une chute, et l’airbag se déclenche », décrit Gérard Thévenot, le PDG d’Helite. Le dispositif est le même que le coupe-moteur des bateaux, qui relie le barreur au moteur et coupe celui-ci s’il se rompt.
Le nouveau système ne remplace pas l’ancien, mais constitue une nouvelle déclinaison de gamme. L’électronique présente un grand avantage : elle se passe du lien physique entre motard et moto, qu’elle remplace par deux capteurs, un sur l’airbag, – donc sur le motard –, l’autre sur la moto.

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Le nouvel airbag est plus précis pour son déclenchement lors d'une chute. © Helite

Plus besoin de s’attacher pour être protégé. « Le gros intérêt d’adopter un système basé sur deux capteurs, c'est qu'on obtient deux « points de vue » : on analyse les mouvements du pilote et de la moto, séparément, et si ceux-ci sont soudain différents, c’est que le pilote n’est plus sur sa moto, et qu’il chute. Nous sommes plus précis ainsi, et nous obtenons un bon taux de détection », commente Gérard Thévenot.
Celui-ci est de l’ordre de 90 %, 10 % des chutes  n’entraînant pas le déclenchement des airbags. L’airbag électronique est décliné dans des vestes, mais également, – et c’est une première, – en sac à dos. L’airbag est directement intégré dans le sac, d’une contenance de 25 à 30 litres. Le produit sera vendu autour de 750 €.

 

Données provenant des gyroscopes, accéléromètres et GPS

Le recours à l’électronique ne présente pas que des avantages. Le taux de détection des chutes est plus faible, et les capteurs ont besoin d’être alimentés électriquement, donc rechargés, ce qui constitue une contrainte supplémentaire. Le dirigeant d’Helite estime pourtant que cette évolution est inéluctable, car générationnelle. « Il se trouve que les vieux, ceux qui ne sont pas connectés, disparaissent, et que l’électronique devient pas mal à la mode », lâche-t-il.

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L’airbag électronique est décliné dans des vestes. © Helite

L’ingénieur de formation, diplômé de l’ex-institut des sciences de l'ingénieur de Nancy, a misé gros sur cette technologie, développée entièrement en interne ces quatre dernières années. Une équipe de quatre personnes s’est chargée de l’élaboration de l’électronique et de l’informatique associée. Le spécialiste « hardware » du groupe a étroitement collaboré au développement informatique.
Car il faut de solides algorithmes pour collecter et interpréter les données provenant des gyroscopes, accéléromètres et GPS qui sont déployés dans ces nouveaux airbags moto. En la matière, les développements déjà consentis pour concevoir un autre produit, la ceinture airbag pour personnes âgées qui lutte contre la rupture du col du fémur en cas de chute,  ont constitué une base d’apprentissage solide.

 

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Depuis sa fondation, en 2002, Helite a constamment diversifié ses gammes, mais le segment moto demeure son principal segment d’affaires, représentant, l’an passé, près de 60 % du chiffre d’affaires de 7,1 millions d’€. Un chiffre stable par rapport à 2018. « Nous aurions dû progresser cette année, mais nous avons pris du retard sur l’industrialisation de nos produits électroniques, ce qui impacte notre chiffre d’affaires », confesse le dirigeant.
Cette pause ne grève pas les perspectives à moyen terme. 
Helite, qui emploie 35 salariés sur deux sites, Dijon et Annecy, a développé deux produits très grand public ces deux dernières années, récompensés par plusieurs « Innovation Awards » lors de deux éditions du CES de Las Vegas. Ces distinctions devraient constituer de forts relais de croissance, mais leur commercialisation est plus longue qu’à l’accoutumée.
D’un côté, Helite doit faire la preuve de l’efficacité clinique et statistique de sa ceinture pour personnes âgées, et nouer de nombreux partenariats avec des établissements spécialisés comme les Ehpad, de l’autre elle doit éveiller l’intérêt du public pour la protection anti-chute à vélo, qui n’est pas encore perçue comme très dangereuse par le grand public.

 

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Une PME face au Covid-19

Continuer à travailler en essayant de minimiser les risques pour les salariés, l’équation constitue le casse-tête, aujourd’hui, de la plupart des dirigeants d’entreprise. Chez Helite, le choix a été celui de l’adaptation des postes, avec éloignement des salariés. Le recours au télétravail ne concerne que 5 des 35 salariés. « Nous avons fait de la pédagogie pour inciter nos employés à se laver les mains très très souvent, à mettre des masques, et à s’éloigner les uns des autres. En 3 jours, l’équipe a été rôdée, et je pense qu’on a un bon niveau de protection », décrit Gérard Thévenot.
Deux salariés sont en arrêt pour garder leurs enfants, et le dirigeant envisage une diminution rapide de son activité. Les lancements produits sont reportés d’un mois, au minimum. « L’activité se réduit fortement, et nous allons avoir recours, dès cette semaine, au chômage partiel pour certains de nos salariés », annonce-t-il.

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