Néotiss souffle ses 50 bougies, confortée par le nucléaire et le rêve d’aéronautique. Lesaffre décarbone son usine au port de Strasbourg avec le groupe ES. L’échangeur de l’A33 à Nancy se met en bonne voie. EDF Bourgogne-Franche-Comté rentre dans l’Ecorse. Les ETI du Grand Est cherchent à faire entendre leur voix. L'emploi salarié continue de dégringoler en Bourgogne-Franche-Comté.

Bourgogne

Néotiss souffle ses 50 bougies, confortée par le nucléaire et le rêve d’aéronautique  

À Venarey-les-Laumes en Côte-D’or, Néotiss a fêté ses 50 ans le 25 septembre dernier. Spécialisée dans la fabrication de tubes pour échangeurs thermiques, l’entreprise comptant un peu plus de 100 salariés réalise aujourd’hui près de 90 % de son activité dans le secteur nucléaire.en pleine relance. « Nous sommes plutôt en phase de croissance, avec beaucoup plus de visibilité sur les années à venir », indique François Adami, tout juste arrivé en juin à la tête du site côte-d’orien et vice-président de Néotiss France. Mais l’entreprise entend aussi réduire sa dépendance à un seul marché. Elle a ainsi engagé une diversification dans l’aéronautique et travaille notamment avec Airbus sur le développement de tubes destinés à cette filière, des tubes de qualification pour le moment au stade d’essais. Pour accompagner cette stratégie, Néotiss prévoit de franchir une nouvelle étape avec l’obtention, en 2027, de la certification EN 9100, référence du secteur aéronautique. La poursuite de cette orientation ne devrait pas poser de problème au nouveau directeur, qui, hasard ou non, est issu du secteur de l’aéronautique. Néotiss investit également dans son outil industriel. Une troisième ligne vient d’être installée, représentant une partie d’un programme d’investissement de 2,5 millions d’euros soutenu par le Fonds Vert de l'Etat. Elle doit permettre de produire des tubes pour de nouvelles applications, notamment dans la réfrigération industrielle.  S.Dolidze

 

preventalis

 

Alsace

Lesaffre décarbone son usine au port de Strasbourg avec le groupe ES

Lesaffre Strasbourg
L’usine ex-Sil Fala va pouvoir couvrir la majorité de ses besoins énergétiques par la valorisation de ses chutes de levure. © Lesaffre

La levure excédentaire de l’usine de Strasbourg du groupe Lesaffre va se transformer en une énergie d’origine renouvelable. L’industriel a annoncé, le 23 septembre, ce projet résultant d’un partenariat avec le groupe énergétique alsacien ES et Dalkia. Les deux filiales d’EDF mettront en place une centrale énergétique associant récupération de chaleur, pompes à chaleur vapeur et une boucle de valorisation énergétique des flux industriels. Les 168 gigawattheures annuels de chaleur « décarbonée » ainsi produits couvriront « une grande partie des besoins énergétiques » du site pour son process électrifié, et ils dégageront un excédent de 68 Gwh ayant vocation à alimenter les réseaux de chaleur de l’agglomération, en premier lieu celui de la zone portuaire où Lesaffre est implanté. L’unité strasbourgeoise, issue de l’acquisition il y a plusieurs décennies de l’entreprise Sil Fala, économisera 40 % d’eau de forage et 35.700 tonnes de C02, « l’équivalent des émissions de près de 18.000 véhicules », compare-t-elle. Le spécialiste de la fermentation Lesaffre emploie 11.700 salariés dans le monde pour un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros. M.Noyer

 

Lorraine
L’échangeur de l’A33 à Nancy se met en bonne voie

Les collectivités locales et l’Etat progressent en direction de la construction d’un échangeur de l’A33 dans le secteur de Brabois à Nancy (Meurthe-et-Moselle), attendu de longue date pour rationaliser la circulation sur cet axe majeur d’entrée dans la ville et l’agglomération. Le 11 septembre, ils se sont accordés sur le principe de sa réalisation, ils devront travailler à présent à monter un plan de financement, selon l’hypothèse de contributions venant du contrat de plan, mais aussi du produit de  l’ « éco-contribution poids lourds », la version Grand Est de l’écotaxe que le conseil régional instaurera en avril prochain. Le coût du projet est estimé à 36 millions d’euros . La collectivité régionale a également annoncé prendre la maîtrise d’ouvrage du projet de l’échangeur. Elle engagera en fin d’année une première étape, d’études de maîtrise d’œuvre préalables. La mise en service de l’échangeur est visée en 2034. M.Noyer

 

Bourgogne-Franche-Comté

EDF rentre dans l’Ecorse

EDf Saut Mortier
Le chantier de la turbine-pompe du Saut-du-Mortier dans les prochaines années illustre le potentiel de commandes pour les travaux publics que recèle l’énergie électrique. © Patrice Bouillot

En préambule du Carrefour des collectivités locales des 8 et 9 octobre à Besançon dont il constitue un nouveau partenaire premium (*), le groupe EDF a signé une convention de partenariat le 25 septembre avec Ecorse TP, qui marque son adhésion au pôle d’innovation des travaux publics de Bourgogne-Franche-Comté, également pilier du pôle de compétitivité national de la filière, Infra2050. « Nous avons été très favorablement impressionnés par les activités et offres de prestations d’Ecorse TP, leur nature très opérationnelle pour la profession », relève Carmen Munoz-Dormoy, directrice de l’action régionale d’EDF. La représentante de l’énergéticien identifie plusieurs thématiques auxquels il peut contribuer pour la décarbonation du secteur des travaux publics et ses innovations : l’électrification du parc (acquisition d’engins de TP électriques), la gestion intelligente de la maintenance des réseaux et de l’éclairage public par le recours aux smart grids, les chantiers liés aux énergies renouvelables (dont témoigne la turbine-pompe à venir au barrage du Saut-du-Mortier dans le Jura) et bien sûr au nucléaire. « Aux portes de la région, l’un des six EPR2 s’érigera, ce sera à la centrale du Bugey (Ain) », relève en particulier Carmen Munoz-Dormoy.  M.Noyer

(*) rejoignant l’AMF et ‘AMRF (Association des maires de France – Association des maires ruraux de France), le département du Doubs, Grand Besançon Métropole, la Banque des territoires et la Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté  

 

 G constru 2bis

 

Grand Est

Les ETI de la région cherchent à faire entendre leur voix

ETI Grad Est
A gauche : Frédéric Créplet, à droite : Geoffroy Roederer, les deux coprésidents du club © Club ETI Grand Est/

A l’approche des élections présidentielles, les ETI (entreprises de taille intermédiaires) souhaitent peser sur le débat politique en communiquant davantage. « Nous voulons faire valoir notre point de vue d’entreprises souvent familiales, ancrées sur un territoire que nous participons à faire vivre car il y a tout un écosystème autour de nous : clients, fournisseurs, salariés, etc. Nous en avons assez d’entendre des grossièretés comme la proposition d’annuler une partie de la dette ou de revenir sur l’âge de la retraite à 60 ans… Pour l’instant, nous ne voyons aucun programme politique d’aucun candidat qui traite du déficit de la Sécurité sociale et de la relance économique du pays. Ce qui nous préoccupe c’est la pérennité de nos entreprises. Depuis ces six dernières années, nous avons accompli des efforts considérables et nous sommes inquiets de voir apparaître de potentielles mesures qui iraient contre la prospérité économique », explique Geoffroy Roederer, coprésident du Club ETI Grand Est avec Frédéric Créplet. Le Club ETI Grand Est fait partie des neuf structures de ce type présentes en France (dont la Bourgogne-Franche-Comté). Il compte 92 membres. Pour porter la voix de ces entreprises au niveau national, auprès du gouvernement et du Parlement, le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) s’est structuré depuis quatre ans. L’une de ses missions est de proposer des réformes allant dans le sens d’un environnement de compétitivité plus favorable au « travailler et produire en France. » J.Giorgi

 

Cessions aquisitions

 

Bourgogne-Franche-Comté

L'emploi salarié continue de dégringoler

La baisse est généralisée à tous les grands secteurs économiques. © Insee BFC
La baisse est généralisée à tous les grands secteurs économiques. © Insee BFC

En France, la situation économique se détériore fortement ces derniers mois. « La dégradation de l'emploi est plus importante au second trimestre 2026 que durant l'année précédente. Quant à la croissance, elle est anticipée comme trois fois plus faible que dans les autres pays de la zone euro », note Christine Chambaz, directrice régionale de l'Insee. En Bourgogne-Franche-Comté, l’emploi salarié a connu un repli marqué au deuixème trimestre 2026,  à - 0,3 % ( soit - 0,8 % sur un an contre - 0,3 en moyenne nationale), poursuivant un mouvement continu ces deux dernières années avec près de 10.000 pertes d’emplois salariés dans la région, dont 6.310 sur les seuls 12 derniers mois. À date, la région regroupe 984.700 emplois salariés. Conséquence logique de cette dégradation, le taux de chômage s’établit à 7,4 % de la population active en Bourgogne-Franche-Comté, en hausse de 0,6 point en un an, selon les données de conjoncture présentées par  l'Insee ce 29 septembre. Il reste cependant inférieur d'un point au au chiffre national. L'institut statistique observe d’assez fortes disparités géographiques. En un an, l’emploi salarié s’est replié de 1,7 % dans le Jura, et de 1 % dans le Territoire de Belfort, fortement industrialisé. À l’autre bout du spectre, la Côte-d’Or et le Doubs enregistrent des retraits plus faibles, de 0,5 %. A.Morel

 

 

 

 

Commentez !

Combien font "3 plus 8" ?