BFC Boost met neuf projets d'entreprises de Bourgogne-Franche-Comté face aux investisseurs. Une gare fluviale pour le centenaire du port de Strasbourg. La politique des petits pas pour sauver le projet ferré Colmar-Fribourg. « Les Portes de l’industrie » au Creusot, nouveau lieu de formation de la métallurgie. Un repreneur français pour le sauvetage du stratégique Tech Power Electronics dans le Jura. Une nouvelle agence Crédit agricole à Beaune.
Bourgogne-Franche-Comté
BFC Boost met neuf projets régionaux d'entreprises face aux investisseurs
Faire se rencontrer les entreprises régionales et les investisseurs, telle est l’ambition de BFC Boost, une initiative lancée jeudi 24 septembre à la Burgundy School of Business de Dijon par la Région Bourgogne-Franche-Comté. Pendant plusieurs mois, les neuf entreprises et projets retenus ont travaillé à la structuration de leurs besoins et à la préparation de leur présentation aux financeurs. Au total, plus de 180 millions d’euros d’investissements privés sont attendus. Les projets présentés sont portés par Groupe Bordet, Bourgogne Resort, REC SAS & Groupe Vitamine T, Amoseeds, Pinette PEI, Terre du Pays d’Othe, Fondation François Schneider, Peugeot Motocycles et Sintermat. « Nous n’allons pas faire croire que nous avons les moyens d’investir, chacun sait que les finances des collectivités territoriales sont basses », rappelle Jérôme Durain. La Région entend donc jouer un rôle de passeur et d’intermédiaire, en préparant les entreprises et en facilitant leur dialogue avec banques, fonds et investisseurs privés.
La difficulté réside moins dans l’absence de projets que dans leur capacité à franchir le cap du financement. Walid Ben Youssef, associé chez EY, estime à une centaine le nombre de projets industriels structurants recensés en Bourgogne-Franche-Comté. Selon lui, plusieurs obstacles persistent : maturité insuffisante des dossiers, méconnaissance des critères des différents fonds et difficulté à construire le bon séquencement entre fonds propres, dette et actifs. Pour Fanny Letier, cofondatrice de Geneo Capital Entrepreneur, l'enjeu est désormais de permettre aux PME régionales de changer d'échelle. Selon elle, les investisseurs doivent accepter un horizon de temps plus long que celui traditionnellement fixé. A.Morel
Alsace
Une gare fluviale pour le centenaire du port de Strasbourg

Célébré du 22 au 25 septembre, le centenaire de la création du Port autonome de Strasbourg a donné à l’établissement public l’occasion de se tourner vers son avenir. Un marqueur à ce titre est venu de l’inauguration de la gare fluviale, dans la zone du terminal nord. L’infrastructure adapte ainsi Strasbourg aux exigences nouvelles de la croisière fluviale le long du Rhin, à sa décarbonation et à son expansion. « Le trafic de plaisance connaît une croissance à deux chiffres au port depuis quatre ans », a souligné Claire Merlin, directrice générale. Il a représenté 274.000 voyageurs l’an dernier et s’appuie sur l’un des leaders internationaux de la spécialité, la société familiale CroisiEurope établie à Strasbourg.
La nouvelle gare permettra de stationner simultanément 8 bateaux de 135 mètres de long et d’assurer leur recharge électrique, permettant de couper les moteurs auxiliaires pendant l’escale. Sa création a mobilisé un investissement de 5,5 millions d’euros HT, réparti entre le Port autonome (55%), l’Etat (plan France Relance), l’agence de l’eau Rhin-Meuse, la région Grand Est, la Collectivité européenne d’Alsace et le produit des certificats d’économie d’énergie. M.Noyer
La politique des petits pas pour sauver le projet ferré Colmar-Fribourg
La France et l’Allemagne ont porté un coup qui pourrait être fatal au projet de liaison ferroviaire par-dessus le Rhin entre Colmar et Fribourg-en-Brisgau, qui est sur la table depuis de longues années. Il avait été inscrit en 2019 à la fois dans le traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle et dans le projet de reconversion du territoire de l’ex-centrale nucléaire de Fessenheim, que la ligne devrait traverser. Mettant en exergue un coût régulièrement réévalué par les études pour atteindre 650 millions d’euros, l’Etat français a fait part de sa décision de se retirer du plan de financement, ce dont le Land du Bade-Wurtemberg a indiqué en août prendre acte pour renoncer à son tour.
Toutefois, les élus locaux n’abandonnent pas la partie. Début septembre, ils ont présenté un projet alternatif, significativement moins coûteux qui repose sur deux piliers : faire circuler des trains légers à batterie sur la partie française, utiliser la ligne existante de fret en cours de modernisation, et construire le pont sur le Rhin de sorte à rejoindre la gare allemande de Breisach et poursuivre le trajet sur la voie déjà en circulation jusqu’à Fribourg. « Le projet officiel présenté par SNCF Réseau est de type train lourd, avec des gares à part entière. L’ampleur de son coût n’est dès lors pas surprenant…et c’est quelque part le moyen d’inciter à renoncer au projet. Notre proposition est de type tram-train, avec des haltes, donc plus souple et moins contraignant en infrastructures », plaide Thierry Sautivet, président de la communauté de communes Pays Rhin Brisach. L’association locale Trans Rail Rhin en a fait chiffrer les montants, soit 53 millions d’euros pour le train léger et 80 millions pour l’ouvrage de franchissement du fleuve. Dans un premier temps, les élus doivent obtenir la mise à l’étude des propositions. M.Noyer
Bourgogne
« Les Portes de l’industrie » au Creusot, nouveau lieu de formation de la métallurgie

On ne peut pas trouver de terme plus explicite. L’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) a inauguré, le 18 septembre, « Les Portes de l’industrie », un nouveau lieu de formation au Creusot (Saône-et-Loire) destiné à répondre aux besoins de recrutement et de montée en compétence des entreprises industrielles du bassin. Cette réalisation d’un montant de 6,6 millions d’euros et dont les travaux ont débuté en 2022, a bénéficié de financements de l'Etat (France Relance), de la Région Bourgogne-Franche-Comté, de l’opérateur de compétences OPCO 2i et de l’UIMM. « Les entreprises nous demandaient depuis plusieurs années de nous rapprocher d’elles et des salariés, des demandeurs d’emploi et des futurs candidats à l’industrie » explique Isabelle Laugerette, secrétaire générale de l’UIMM 71.
Ce centre de 3.500 m2, réunit deux ateliers complémentaires. Le premier accueille l’École de production, qui forme une trentaine de jeunes au CAP chaudronnerie, avec une poursuite possible en activité de soudage. Sa pédagogie repose sur la pratique et doit faciliter l’accès à l’apprentissage ou à l’emploi. Le second atelier est un pôle de formation de l’UIMM 21-71 : il accueille apprentis, salariés d’entreprise et demandeurs d’emploi sur des métiers industriels tels que la chaudronnerie, le soudage, l’usinage, la maintenance mais aussi sur des compétences numériques notamment la cybersécurité. Le nouveau site complète l’offre existante de l’UIMM à Chalon-sur-Saône et Dijon. Les besoins d’apprentissage identifiés par les entreprises sur cet axe Dijon-Chalon-Creusot, auxquels le nouveau site doit répondre, sont estimés à environ 700 postes. « Il est important que les entreprises soient au rendez-vous et puissent couvrir leurs besoins en soudage, usinage ou numérique » conclut Isabelle Laugerette. S.Dolidze
Franche-Comté
Un repreneur français pour le sauvetage du stratégique Tech Power Electronics dans le Jura
L’entreprise Tech Power Electronics à Courlaoux (Jura) sort de son redressement judiciaire avec une solution française de reprise, mais la suppression de la moitié de son effectif. Le dossier de la société de management Axfor basée en région parisienne a été validé le 22 septembre par le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier qui avait prononcé sa mise en redressement en janvier. Ce dossier recueillait l’avis favorable des salariés, désireux avant tout que la PME sorte du giron de son précédent propriétaire depuis trois ans, le fonds d’investissement allemand Palero. La reprise s’opère avec 30 personnes sur l’effectif de 61. Tech Power Electronics est identifié comme une contributrice à la souveraineté industrielle, par son activité de fabrication de cartes électroniques et pièces bobinées pour le nucléaire, la défense, l’aéronautique ou encore la construction ferroviaire. M.Noyer
Bourgogne
Une nouvelle agence Crédit agricole à Beaune

Une nouvelle agence vient enrichir le réseau territorial du Crédit agricole Champagne Bourgogne. Inaugurée le 17 septembre, elle accueille sur une surface de 556 m2 les services de la caisse régionale, ainsi qu’une représentation de Square Habitat, l’agence immobilière du groupe bancaire. Dénommée Cité des vins et localisée au sud de la ville, elle forme la troisième implantation locale du Crédit agricole, avec ses homologues Saint-Nicolas près du centre-ville et le Centre d’affaires au nord. Elle se voudra aussi lieu d’accueil d’événements ouverts au public pour la rencontre d’experts, un cycle lancé le 19 septembre sur le thème épargne et bourse et qui se poursuivra le 5 novembre sur la gestion patrimoniale puis, le samedi 21 novembre, avec « bien manger, bien bouger. » L'agence comprend notamment un espace collaboratif de 14 places, soit son effectif en charge de la relation avec les particuliers et les professionnels, et neuf bureaux de réception. L’association des offres en libre-service, digitales physiques lui vaut la labellisation « Nouveau concept » de la banque. M.Noyer


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