PROSPECTIVE. Le think Tank, baptisé Le Cercle Entrepreneurs et Territoires Côte-d’Or, livre un an après sa création ses premières réflexions pour dynamiser l’économie locale et rendre plus constructif le dialogue avec les pouvoirs publics et le monde éducatif.

Finalité : apprendre à mieux se connaître et faire émerger des actions concrètes à mise en œuvre rapide.

L’effort est à saluer, génère de bonnes idées, en dépit de quelques erreurs d'appréciation.

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Il y avait du beau monde à l’hôtel de la Cloche le mardi 29 mai dernier. Un grand nombre de patrons d’entreprises de Côte-d’Or, et non des moindres, pointaient au rendez-vous fixé par Jean-Philippe Girard, P-DG d’Eurogerm (ingrédients pour la panification et améliorants de meunerie) et président du Cercle Entrepreneurs et Territoires Côte-d’Or.

Le choix du seul hôtel cinq étoiles de Dijon pour ce dîner-débat n’était pas non plus innocent. Patrick Jacquier, son propriétaire, étant l’un des vice-présidents de ce think tank qui fédère 60 membres et ambitionne de faire bouger son territoire à l’aune de propositions formulées sous formes de notes thématiques à l’adresse des pouvoirs publics et du monde éducatif.

Relire à ce propos :Côte-d'Or : des entrepreneurs tracent leur premier cercle

Trois groupes de travail du Cercle planchent en conséquence depuis près d’une année. De ce remue-méninges ressortent des constats pertinents et pas mal de bonnes idées.

On en relèvera certaines comme :

- L’impérieuse nécessité d’une couverture numérique à très haut débit sur la Côte-d’Or bien avant l’échéance prévue de 2025. Et notamment dans les zones rurales où de nombreux acteurs économiques participent au maintien d’une vie locale.

- Pour donner envie d’entreprendre et de travailler dans le département, le Cercle souhaite encourager la découverte de l’entreprise pendant le cursus scolaire et privilégier les stages d’immersion dès le secondaire.

Louable intention qui risque toutefois de rester lettre morte en raison d’une législation du travail qui empêche les jeunes, entre 16 et 18 ans, de travailler au sein d’une entreprise industrielle durant leurs congés d’été.

- Il propose également de favoriser un dialogue plus constructif avec les différentes administrations, sous la forme de rencontres pédagogiques afin de chacun comprenne mieux le métier, les impératifs et les modes de fonctionnement de l’autre.

Pascal Mailhos, préfet de Côte-d’Or s’est ainsi engagé à ce que ses services passent d’une stricte mission de contrôle «à celle de conseil».

Y parvenir impliquerait d’écorner, pour ne pas dire supprimer, le délai de 2 mois accordé à toute administration pour répondre. Son silence au-delà valant acceptation, mais générant de nombreux retards.

Des arguments à affiner

- Le think tank côte-d’orien milite également pour la création d’une maison de l’enseignement supérieur et des entreprises, grâce à laquelle pourrait notamment être organisées des bourses en besoin de compétences, en offre de stages, voire aussi en reprise d’entreprises.

Pascal Gautheron, invité en tant qu’ancien président du Medef 21, a judicieusement fait remarquer qu’il avait pris une telle initiative au début de ses deux mandats successifs à la tête de cette organisation patronale, bien vite arrêtée faute de participants.

En termes de desserte aéroportuaire, le Cercle défend l’idée d’une complémentarité entre les aéroports de Dole-Tavaux et de Dijon, avec pour objectif d’amplifier l’offre de destinations.

On pourrait continuer ainsi longtemps, tellement les suggestions foisonnent : un TGV Dijon-Paris en 1h10, l’ouverture des commerces de centre-ville entre 12h et 14h, la création d’une école internationale pour les cadres et salariés étrangers, le développement de laboratoires mixtes publics-privés ou encore la mise en place d’un service de réponses communes aux appels d’offres liés à des projets importants.

Seul regret, cette restitution a donné lieu à quelques prises de positions intempestives et peu étayées, que nous ne pouvons que relever.

La première a trait à l’absence d’école supérieure reconnue à Dijon, l’ESC Dijon Bourgogne, mise sur la scellette, étant jugée «fragile et sans grand rayonnement».

Plutôt bien noté au sein des grandes écoles, l'établissement compte pourtant parmi l’un des meilleurs de France pour ses enseignements en audit et expertise-comptable comme en management des PME, des entreprises culturelles et viticoles.

L'ESC est également en train d'établir un campus commun avec sa partenaire britannique, l’Université britannique d’Oxford Brookes, enviée par bon nombre d’autres écoles du même type.

Les chefs d'entreprises dijonnais font l’impasse sur AgroSup Dijon, une communauté pédagogique et scientifique implantée sur le campus dijonnais et souvent citée comme l'une des meilleures dans l’hexagone en matière d’agriculture et d’agroalimentaire.

Au point que le pôle de compétitivité Vitagora (goût-nutrition, santé) en fasse un atout majeur pour convaincre de la pertinence de ses programmes de recherche aux quatre coins du globe.

Quant à la critique appuyée d’une absence d’animation majeure au sein de la capitale régionale, et tout spécialement d’une grande manifestation annuelle.

L’argument pourrait faire mouche. Sauf à indiquer qu’une telle organisation coûte très cher et qu’à moins de plomber encore plus la feuille d’impôt, un coup de pouce financier par le mécénat serait le bienvenu.

Or, contrairement aux pays anglo-saxons, cette pratique financière ne séduit pas, notamment en Bourgogne, les entreprises attendant un retour sur investissement immédiat et préférant de loin s’adonner aux joies du sponsoring sportif.

«Nous n’en sommes qu’au début et allons affiner nos travaux en élargissant notre cercle à d’autres bonnes volontés», tempère Jean-Philippe Girard.

On ne serait que trop lui suggérer d’intégrer les entreprises de la Metal’Valley à Montbard, pôle d’excellence mondiale pour la production de tubes à très forte valeur ajoutée, notamment dans le domaine  nucléaire.

Crédit photos : Bruno Lédion infos-dijon.com

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Francoise Perrichetdit :

    Comment peut-on parler d'une absence majeure d'animation à Dijon ? La ville accueille près d'une centaine de festivals chaque année dont certains ont une portée nationale voire internationale. Certaines expositions (au musée des Beaux-Arts entre autres) sont montées en partenariat avec des entreprises locales. Le centre d'art contemporain est plus connu à l'étranger qu'intra-muros... Le cercle devrait s'élargir ou en tout cas sortir un peu plus. Prochain exemple : À l'occasion de l'inauguration le 22 juin du nouvel espace d'exposition de M. François Barnoud à Quetigny, l'Entrepôt 9, qui abritera sur 250 m² la galerie Barnoud, la collection de l’entreprise GEOTEC, constituée depuis 2007 dans le cadre de la loi sur le mécénat, ainsi que des expositions temporaires, nous vous informons du double vernissage de Miguel Chevalier... 9 bld de l'Europe.

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