Les rencontres nationales « Cœur de ville » de la Banque des Territoires ce 1er octobre à Arras présenteront les contributions de l’établissement à la redynamisation des villes petites et moyennes, l’un des fils rouges du programme « Action cœur de ville de l’Etat » dont la Caisse des dépôts est le bras armé. L’occasion aussi de présenter quelques récentes opérations en cours de la Banque des Territoires, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est.


Les directions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté de la Banque des Territoires mettront en avant ce 1er octobre, aux rencontres nationales « Cœur de ville » d'Arras (Hauts-de-France), leurs actions caractéristiques dans la lutte contre la vacance des surfaces commerciales, qu’elles entreprennent notamment par la participation à la création de sociétés d’économies mixtes (SEM) dédiées ou l’extension de SEM vers cet objet.
Dans le Grand Est, la Banque des Territoires a participé l’an dernier à l’augmentation  de capital de la Semcha, aménageur de longue date à Châlons-en-Champagne (Marne) qui étend sa palette au commerce. Elle apporte 627.000 € à l’augmentation de 2,8 millions d’€ et porte ainsi sa participation à 22,2 % , ce qui en fait le deuxième actionnaire derrière la Ville. 
À Nancy, elle est membre fondatrice cette année d’une SEM dédiée, qui travaille en particulier sur les immeubles vacants à double vocation : le commerce et le logement du commerçant au-dessus. Une centaine d’immeubles ont été identifiés. Le capital de 5 millions d’€ est apporté principalement par la Ville (42,1 %) et la Caisse des dépôts (19,9 %).

 

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En Bourgogne-Franche-Comté, l’initiative principale sur ce sujet se situe à Belfort, avec la création en juillet dernier de Sémaville. Cette foncière a pour objectif d’acquérir des immeubles, de procéder à leur réhabilitation ou adaptation, et de porter l’immobilier commercial à moyen-long terme avant de louer ou céder les locaux. 
Sa première opération sera l’acquisition-rénovation de l’ancienne brasserie Flunch. La Banque des Territoires injecte 180 000 € dans le capital d’un total d’1,2 million détenu aux deux-tiers par la Ville.
« La création de Sémaville illustre notre mobilisation sur toute la chaîne de valeurs des projets : co-financement d’une étude préalable, investissement dans la foncière, consignation des fonds et prêts », souligne la direction régionale. 

Celle-ci investit également 600.000 € à Mâcon (Saône-et-Loire) dans l’augmentation de capital de la société d'aménagement, la SEMA, pour ses opérations à venir, dont la construction de trois cellules commerciales de 500 m2 chacune dans l’immeuble Laguiche à démolir. M.N

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Mâcon est l'une des quinze villes de Bourgogne-Franche-Comté, avec Autun, Auxerre, Belfort, Besançon, Chalon-sur-Saône, Cosne-Cours-sur-Loire, Dole, Le Creusot, Lons-le-Saunier, Montbéliard, Montceau-les-Mines, Nevers, Sens et Vesoul, qui bénéficie de prêts à l'investissement et de crédits d'ingénierie pour redynamiser son commerce de centre-ville. © Michel Horiot/ Ville de Mâcon

 

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De l’ingénierie en Bourgogne-Franche-Comté

En Bourgogne-Franche-Comté, la Banque des Territoires a mobilisé son énergie sur l’ingénierie de projets (pour une dépense de 540.000 €) pour le compte de collectivités locales, notamment des petites, précise Antoine Bréhard, son directeur régional. 

La trentaine des projets accompagnés dès l’amont de leur montage est justement consécutif à la mise en oeuvre opérationnelle du dispositif gouvernemental Action Coeur de Ville qui, à lui, a mobilisé, la moitié des crédits d’ingénierie. La tendance devrait se renforcer cette année avec le lancement des « Territoires d’Industrie », dispositif gouvernemental destiné également à accompagner les mutations de l’industrie, et des « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » du Programme d’Investissement d’Avenir dont la banque gère les fonds. Deux projets ont été récemment «  élus » à Dijon et Belfort (Lire  l’article de Traces Ecrites News ici.)

sigma• Bourgogne : des bureaux en gare de Dijon

L’opération immobilière la plus emblématique à laquelle a participé la Banque des Territoires en 2018 et qu’elle se dit prête à renouveler si l’occasion se présente, est la réhabilitation de la tour Mercure à Dijon, rebaptisée Sigma. Aux côtés des banques régionales (la Banque Populaire, la Caisse d’Épargne et le Crédit Agricole) et le crédit-bailleur Batifranc, elle a injecté 847.000 € en fonds propres dans une SAS dédiée à la rénovation de cet immeuble de 9 étages près de la gare de Dijon. Cette intervention a permis de racheter le bien alors en copropriété et de déclencher les travaux de remise aux normes du marché, sans lesquels la tour aurait continuer de se vider de ses occupants.
L’opération encore en chantier va permettre l’installation des services informatiques du groupe Banque Populaire et de proposer une offre de bureaux en location au centre-ville, pour environ un millier de mètres carrés. C.P.
Photo Traces Ecrites

 

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• Franche-Comté : plus le tout auto

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de la restructuration de l'organisation du site industriel de PSA. Ici la dernière presse, de 6.500 tonnes, du constructeur installée en juin 2019.© Traces Ecrites

La participation à l’augmentation de capital de la Société d’Economie Mixte Pays de Montbéliard Immobilier d’Entreprises (SEM PMIE) accompagne la concrétisation du projet industriel du constructeur automobile PSA à Sochaux qui consiste d’une part à concentrer ses flux industriels (Lire l’article de Traces Ecrites News PSA Sochaux lance son opération 2022 , sur moitié moins de surfaces (350.000 m2), d’autre part à optimiser le bâti libéré en accueillant d’autres entreprises.

En renforçant son capital de 12 millions d’€ d’ici la fin de l’année (4,7 millions déjà mobilisés par la Banque des Territoires et 3,5 millions par Pays de Montbéliard Agglomération), la SEM immobilière va acquérir le bâtiment S74 qui abritait l’équipementier Siedoubs et le MS02, futur site du « Mattern Lab », un centre « d’acculturation de l’industrie 4.0 » de 1.700 m2.
Ce dernier accueillera une ligne de production digitalisée, des équipes d’ingénieurs de l’UTBM (notamment le Crunch Lab) et des start-up, dans des secteurs d’activités de l’automobile, mais pas uniquement. La SEM est déjà propriétaire de 115.000 m² de locaux industriels et tertiaires qui constituent la Zone Industrielle Fournisseurs de PSA Sochaux avec 85 entreprises locataires. C.P

Batifrancdeux

Des records dans le Grand Est

Prêteuse, mais pas que. Dans le Grand Est, le mouvement amorcé par la Banque des Territoires vers un soutien plus direct aux projets est plus prononcé qu’ailleurs.
Le montant d’interventions mobilisant ses fonds propres est le plus important en France après la région parisienne  : 48,2 millions d’€ en 2018, en progression de 10 % sur un an, mais en triplement par rapport à 2015, et l’objectif se situe à 80 millions d’€ cette année. 
Ces chiffres ne comprennent pas l’opération exceptionnelle de la construction du réseau de fibre optique à très haut débit en cours dans la région.
De même, l’appui en ingénierie aux acteurs publics s’intensifie : 78 dossiers l’an dernier, plus haut score de France. Pendant ce temps, les traditionnels prêts ont diminué, tout en représentant un volume significatif de 730 millions d’€ (- 17 % sur un an).Les projets d’ordre économique mobilisent ses efforts, en témoignent ces trois exemples respectifs dans les anciennes régions du Grand Est.

 
belfays• Alsace/Vosges : Bien dans le vent

Les champs d’éoliennes sont rares dans le massif vosgien, mais pas inexistants. Celui de Belfays, réparti entre les versants bas-rhinois et vosgien, a été mis en service au milieu de 2018. Six villages (Sales, La Grande Fosse, Châtas, Grandrupt, Ban de Sapt et Saint-Stail) ont uni leurs forces pour porter ce parc de 20 mégawatts et créer dans ce but une société d’économie mixte dédiée, Énergies de Belfays, au capital de 200.000 € et doté d’un compte-courant associé de 150.000 €.  
La Sem détient 20 % du parc en complément d’EDF Énergies Nouvelles. Les communes ont fait appel à la Banque des Territoires afin qu’elle participe au capital, à hauteur de 11 %. Elle a aussi  accordé des prêts aux communes pour le financement de leur participation. M.N.
Photo Banque des Territoires Grand Est.

 

 LCRDijon

 

• Lorraine : Un bâtiment totem de la French Tech

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La CDC s’est engagée à hauteur de 25% au capital de la société de portage du projet de bâtiment étendard de l’économie numérique à Nancy. © Adim-Est (Vinci Construction)

Le projet de bâtiment étendard de l’écosystème des start-up French Tech tardait à se concrétiser à Nancy. En cause, notamment, le retrait d’un partenaire bancaire. Le volontarisme d’établissements publics parmi lesquels la Banque des Territoires a abouti au lancement, au printemps dernier, des travaux de ce projet de 5,5 millions d’€ HT d’investissement.
Elle s’est engagée à hauteur de 25% au capital de la société de portage du projet, en appui de Solorinvest, filiale de la société d’économie mixte d’aménagement Solorem qui en détient 75%. « Notre mission consiste à aider les acteurs des territoires à être davantage connectés à l’économie numérique. C’est pourquoi, nous travaillons également à développer les usages autour du réseau très haut débit en cours de déploiement dans le Grand Est », précise Patrick François, directeur régional Grand Est.
Le bâtiment « totem » de 2.500 m2 dessiné par le cabinet nancéien Breda Architecte et réalisé par le promoteur Adim-Est (Vinci Construction) devrait être livré au second semestre 2020 dans le quartier Rives de Meurthe, à l’Est de l’agglomération. Le rez-de-chaussée et le premier étage seront affectés à l’accélération de start-up et aux entreprises engagées dans la transition numérique. Le 2ème étage et l’attique qui le surmontera, sont voués à du tertiaire conventionnel, mais devrait aussi accueillir des entreprises de l’économie numérique. P.B.

 BPALCentreprise


• Champagne Ardenne : Une alternative au charbon

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Le schéma du pôle bioéconomie autour de la future unité de production de biocombustible, en travaux sur la zone industrielle de Pomacle-Bazoncourt,au nord de Reims. Source : ARD-BRI-Pôle de compétitivité IAR. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Le black pellet est-il l’avenir ? Cette transformation de résidus de bois forestiers constitue en tout cas une alternative au bon - ou pas - vieux charbon comme combustible des chaudières existantes. Une unité de production annoncée comme la première au monde se construit depuis ce printemps à Pomacle-Bazancourt (Marne), afin de transformer la matière selon un procédé dit d’ « explosion vapeur ».
Le conséquent investissement de 104 millions d’€ est porté par le fonds Meridiam (80,5 %), la Banque des Territoires ( 14,5 % ) et la PME opératrice du projet, l’Européenne de Biomasse. 
La mise en service est prévue au 3ème trimestre 2020 pour une capacité de production annuelle de 220.000 tonnes, soit 120.000 tonnes de biocombustible et le reste en alimentation d’une centrale de cogénération biomasse. Le projet doit créer 40 emplois directs et 310 indirects. M.N.

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