TIC/ALSACE. L'ancienne manufacture de tabacs du port de Strasbourg abrite l'un des sept Net center de Numéricable-SFR.
Visite de ce vrai labyrinthe de salles qui abritent de multiples serveurs pour l’hébergement et/ou le transfert de données.
Les capacités en jeu s’expriment en millions de téraoctet.

 

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Stéphane Kim, directeur d'exploitation dans l’une des salles de gestion électrique : la mise en sécurité du fonctionnement est l’obsession numéro un dans le data center. ©Christian Robischon.

 

On n’entre pas comme dans un moulin dans le Net Center de SFR à Strasbourg. L’endroit n’échappe pas à la classique barrière de sécurité ni à une rigoureuse procédure d’identification à l’accueil. Une fois entré, le responsable d’exploitation Stéphane Kim ne quitte pas l’invité des yeux… et c’est rassurant : le site est un vrai labyrinthe de salles toutes plus anonymes les unes que les autres, sans le moindre signe distinctif de ce qui s’y loge à l’intérieur. De quoi s’y perdre !


Les longues galeries souterraines ajoutent à l’atmosphère mystérieuse. L’extérieur du bâtiment ne laisse pas davantage transparaître du contenu. Il a gardé la marque de son passé : une manufacture de tabacs du bassin Vauban du port de Strasbourg, reconvertie en entrepôt avant d’être désaffectée. Jusqu’à ce que LD Com la rachète en 1999. Au fil des réorganisations du monde de la téléphonie, le maître des lieux en est aujourd’hui le groupe Numericable-SFR.


On comprend la discrétion car ici, on stocke et on gère la ressource la plus précieuse de la nouvelle économie : l’information.


Le Net Center abrite de multiples serveurs pour l’hébergement et/ou le transfert de données. Les capacités en jeu s’expriment en un nombre de zéro quasi-astronomique : il est question ici de millions de téraoctets. « Nous avons une cinquantaine de clients en direct, mais ces clients eux-mêmes peuvent compter quantité de clients à eux », décrit Stéphane Kim.


Un site de 15 000 m2

 

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L’extérieur du bâtiment, une ancienne manufacture de tabac, ne laisse transparaître aucun contenu. ©Christian Robischon.


C’est à Strasbourg par exemple que tournent les serveurs SDV (serveurs dédiés virtuels, des sous-serveurs indépendants les uns des autres) pour les sites Web de nombreux quotidiens. Ou encore ceux de banques et assurances. Pour le groupe Numericable-SFR lui-même, le site constitue l’un des sept Net center en France. Il est spécialisé dans la téléphonie fixe et gère la vidéo à la demande (VOD) pour tout l’Hexagone.


Ne comptez pas trouver une ruche de geeks ici. Pas plus de 10 personnes travaillent dans les 15 000 m2 aujourd’hui occupés (sur une capacité de 24 000 m2). Pour l’essentiel, ils forment l’équipe d’Alsace Connexia, l’exploitant du réseau régional de haut débit en fibre optique.


Le plus important client externe est allemand : Plus Server, hébergeur de données, est le premier à tirer parti de la position transfrontalière idéale sur les « autoroutes » de l’information. « Le site se trouve à la croisée de l’axe Paris-Francfort et d’une autre liaison européenne Nord/Sud qui se prolonge à Genève puis en Italie. Il est le prototype du cloud transfrontalier », souligne Didier Jenczak, nouveau directeur des relations régionales Est du groupe Numericable-SFR.


En toute logique, la mise en sécurité du fonctionnement est l’obsession numéro un. « Tous les équipements d’alimentation en électricité et en énergie sont doublés, afin de se prémunir contre toute panne éventuelle », indique Stéphane Kim. Pour l’un des clients par exemple, le Net Center s’engage sur un taux de disponibilité de 99,96 %, « autrement dit, pas plus de 4 heures de coupure sur toute l’année », précise le responsable d’exploitation.

 

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Tous les équipements d’alimentation en électricité et en énergie sont doublés. ici, le groupe électrogène de secours. ©Christian Robischon.

Parer au scénario catastrophe


Deux circuits électriques fonctionnent en parallèle pour alimenter quatre TGBT, d’énormes tableaux électriques généraux de basse tension qui vont distribuer vers tout un tas d’armoires. Les transformateurs déploient une impressionnante puissance de 2 mégawatts chacun.

 

Un groupe électrogène de secours reste préchauffé en permanence, à la manière d’un moteur diesel, pour parer au scénario catastrophe d’une panne simultanée des deux circuits.

 

« Il saurait reprendre toute la charge en cinq secondes », précise Stéphane Kim. Une affirmation vérifiée chaque mois par un test grandeur réelle.


L’autre ressource stratégique, c’est le froid : on imagine que la surchauffe menace en permanence compte tenu des quantités de données stockées.

 

Là encore, les groupes froid fonctionnent en doublon. Leur puissance n’a rien d’anodin : 1 260 kilowatts chacun.

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