INNOVATION. En octobre, Broadcast-Box, spécialisée dans l'animation télévisuelle en 3 dimensions, met sur le marché son premier produit d'habillage graphique dynamique (HGD).

Au bout de trois années de développement et 700 000 euros d'investissements, la start-up de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) se trouve avec une trésorerie à sec. Une augmentation des fonds propres, de 1,5 million d'€, est nécessaire pour aborder un marché mondial.

De premier abord complexe, l'habillage télévisuel fait pourtant déjà partie de  notre quotidien. Tout le monde a remarqué sur son petit écran, la multiplication des bandeaux défilants donnant les dernières nouvelles, des fonds d'écran et des graphiques animés, ou des images de localisation géographique.

C'est le métier de l'équipe des 4 ingénieurs et techniciens du Chalonnais Broadcast-Box (renforcée de 3 apprentis) qui apportent un plus à cette technologie : sa fabrication en temps réel. Canal + la teste depuis 6 mois.

«Les solutions concurrentes, déjà utilisées en télévision ou au cinéma, sont peu productives, donc coûteuses, car elles nécessitent énormément de préparation», expose Didier Gencourt, le dirigeant.

De trois années de recherche, découle un logiciel «2 fois plus rapide avec 30 à 50% de coût de production en moins, et des ressources humaines moins expertes en raison d'une ergonomie qui simplifie la production des contenus», ajoute t-il.

Quelques exemples d'images réalisables : la manipulation d'un objet virtuel, la création d'un studio et même d'un présentateur virtuel, l'enrichissement d'une image sportive (distance en athlétisme, lignes de hors jeux dans le football).

Informaticien passionné depuis le plus jeune âge et enrichi d'une formation commerciale, le chef d'entreprise, 42 ans, ne fait pas ses débuts dans la création audiovisuelle. A travers ses concurrents actuels (Vizrt et Orad, tous les deux implantés en Israël), il a travaillé pour plusieurs chaînes de télévision (Al Jazeera, CNBC, CNN, France Télé, Arte...).

Une expérience d'animation du réseau commercial, le rend confiant pour le lancement du produit, d'abord sur les marchés européen, puis mondial, dont la croissance est évaluée à 20-25% par an.

«Nous avons des relations privilégiées avec des fabricants d'équipements et composants pour la télévision (Fuji, n°1 mondial des optiques, Carton,i n°2 mondial des pieds de caméra,...) pour proposer une offre clé en main que nous commercialisons au travers d'un réseau international de revendeurs déjà au contact des chaînes (Network, Mediator,...)», précise t-il..

Une levée de fonds d'1,5 million d'euros

Dans son business plan, Broadcast-Box prévoit un chiffre d'affaires de 520 000 € en 2012, pour bondir à 3,4 millions d'€ l'année suivante, puis 11 millions en 2015 avec un objectif de 60 emplois.

Si Didier Gencourt n'hésite pas à qualifier son produit de «rupture technologique», son entreprise se trouve aujourd'hui à un tournant décisif.

Les 700 000 € investis dans le développement du produit pèsent lourdement sur la trésorerie. «Le Crédit Agricole nous porte à bout de bras et nous avons aujourd'hui besoin de trésorerie en attendant les premières ventes», explique le chef d'entreprise.

Pour l'heure, il regrette la lenteur des institutionnels auprès desquels il a sollicité des prêts à court terme à hauteur de 300 000 euros. «Oséo qui nous soutient depuis le début au titre de l'innovation, est d'accord pour nous suivre, mais le conseil régional de Bourgogne qui généralement l'accompagne, traîne des pieds», regrette t-il.

Interrogé, la région dit être en attente d'un certain nombre de documents et de la contractualisation d'un prêt de 100 000 euros auprès d'une banque, avant de s'engager. Il souhaiterait aussi que la collaboration avec Canal+ se transforme en partenariat.

Philippe Baumel, vice-président chargé de l'économie, rappelle par ailleurs que la Région a déjà prouvé son intérêt pour l'entreprise en lui apportant 63 000 € d'aides (prêts à remboursement différé, subventions à la création d'emploi).

Parallèlement à sa quête de trésorerie, le dirigeant engage un renforcement des fonds propres à hauteur de 1,5 million d'€. Il détient aujourd'hui la majorité du capital de la Sarl, de 85 000 €.

Des contacts sont pris notamment avec Bourgogne Croissance Innovation, fonds régional d'investissement dont la caisse des dépôts est actionnaire majoritaire.

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