INNOVATION. Trois ans après sa création en novembre 2009, Apex Bio solutions,  sur la zone Temis à Besançon (Doubs), a déjà déposé quatre brevets susceptibles d'accélérer et de fiabiliser la détection des micro-organismes en matière médicale.

Le spécialiste du monde microbien développe en parallèle l'expertise de produits pour, notamment, des industriels de la chimie.

Cette dernière activité finance la première. Car malgré un chiffre d'affaires en progression (87 000 € en 2011), le processus est long avant la commercialisation d'une invention.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Stéphanie Morot-Bizot, docteur en microbiologie agroalimentaire, souhaitait se consacrer à la recherche en matière microbienne. Mais de manière indépendante.

C'est ainsi qu'elle a atterri à l'incubateur d'entreprises innovantes de Franche-Comté, sis sur la zone d'activités Temis à Besançon (Doubs).

Pendant 18 mois, ce cocon lui a apporté un «super coaching» pour la création d'entreprise et des conseils juridiques, concernant notamment la propriété intellectuelle.

En novembre 2009, elle créée Apex (pour Agents pathogènes et expérimentation) Bio Solutions, entreprise issue du transfert technologique de l'Université de Franche-Comté.

L'installation dans la pépinière d'entreprises de Temis se fait au prix d'un investissement d'environ 35 000 € sur capitaux personnels, prêts d'honneur et prêts bancaires, pour équiper deux laboratoires de bactériologie et de virologie.

Aujourd'hui, l'activité recherche aboutit au dépôt de quatre brevets  : des kits de diagnostic rapide d'intérêt clinique, de dépistage du sida, du cancer et de l'hépatite C.

Il est cependant long le temps entre les premiers tests de fiabilité et le dépôt de brevet.

«Plusieurs années», explique Stéphanie Morot-Bizot, la gérante. Elle espère une commercialisation de ses kits de diagnostic vers 2014, 2015. «On commence tout juste à approcher les grands labos», confesse t-elle.

Pas de frustrations cependant, car APEX Bio Solutions qui emploie également un chercheur, deux techniciens et une stagiaire, travaille parallèlement sur l'expertise dans les domaines de l'immunologie et de la microbiologie.

«Nous réalisons principalement des tests d'efficacité selon les normes requises au niveau européen, pour des industriels de la chimie, dont un Suisse, fabricant de produits antiseptiques et désinfectants», argumente la dirigeante.

Des molécules moins dangereuses pour l'environnement

Comme dans beaucoup de start-up, les prestations de conseil et d'expertise permettent de financer la mise au point de produits propres. En 2010, Apex engrangeait un chiffre d'affaires de 55 000 €, passé à 87 000 € en 2011 et, déjà quasiment atteint au premier semestre 2012.

«Les dépôts de brevets sont un investissement sur le long terme. Actuellement, ils nous coûtent plus cher qu'ils ne nous rapportent : c'est environ 8000 € à chaque fois», ajoute celle qui n'a plus guère le temps de mettre le nez dans ses éprouvettes.

«Il faut courir après les financements pour anticiper les développements. Une fois le brevet validé par un cabinet de propriété intellectuelle, puis déposé à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle), il faut penser à la fabrication et à la commercialisation. Ce qui se fera soit avec l'aide d'un partenaire fabricant, soit avec des prêts de développement OSEO».

La jeune société qui espère embaucher un autre doctorant d'ici la fin de l'année, caresse de belles perspectives. Seule dans son domaine sur le Grand Est, Apex n'a que quatre concurrents en France.

Apex parie aussi sur l'intérêt des industriels de la chimie pour des molécules moins dangereuses pour l'environnement. Quant au monde des microbes, il n'a pas encore livré tous ses secrets.

Photos: Blandine Sauter.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. VINCENT PHILIPPEdit :

    Bonjour, Implantés dans le Jura et spécialisés dans le développement pharmaceutique, nous souhaiterions être mis en contact avec la Sté Apex, avec qui nous pourrions avoir des intérêts économiques communs. Cdt et bonne journée P. Vincent

Commentez !

Combien font "2 plus 8" ?