Belvédère possède un portefeuille de marques important. Ici la vodka Sobiesky.
Belvédère possède un portefeuille de marques important. Ici la vodka Sobiesky.

SPIRITUEUX. Les actionnaires de Belvédère sont de nouveau convoqués à une assemblée générale extraordinaire ce jeudi 28 février pour décider du sort d’un groupe de spiritueux, en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Dijon (Côte-d'Or) - relire notre article : Le groupe Belvédère peut-il encore survivre ? - et qui emploie 3300 personnes en Pologne et en France.

Cette réunion de la dernière chance, avant liquidation, permettra t-elle de sortir d’une situation chaque jour plus catastrophique financièrement ?

D’un côté, nous avons la direction de Belvédère, épaulée  par l’administrateur judiciaire, qui souhaite qu’une majorité d’actionnaires valide l’accord conclu avec les créanciers pour solder une dette de 537 millions d’€ en leur accordant 87% du capital.

De l’autre, il y a Jacques Rouvroy, l’ancien P-DG de Belvédère. Il est soutenu par Nicolas Miguet, journaliste, conseil boursier, mais également représentant des petits porteurs, via son l’Association pour la Représentation des Actionnaires Révoltés (ARARE), et qui s’y opposent.

Rappel de la situation, présentation des comptes et publication d’un contrat conclu entre Jacques Rouvroy, lorsqu’il était P-DG de ce groupe longtemps beaunois, et l’une des sociétés de Nicolas Miguet, qui vient d’être transmis à la justice.

Dans un courrier que nous nous sommes procurés, Frédéric Abitbol, administrateur judiciaire de Belvédère s’adresse aux actionnaires pour dénoncer l’attitude de Nicolas Miguet, représentant des petits porteurs et de Jacques Rouvroy, l’ancien PDG, lors de l’assemblée générale extraordinaire du 12 février dernier.

Cette dernière a été houleuse puis ajournée, suite aux départs de nombreux actionnaires emmenés par les deux hommes, faute de maintenir un quorum requis d’au moins 25% de la totalité du capital.

L’enjeu de cette rencontre était de faire valider un accord conclu avec les créanciers à qui Belvédère doit 537 millions. Il se résume à l’abandon de cette créance en échange de 87% des actions, le solde, soit 13%, restant détenu par les milliers de petits porteurs.

Ni Nicolas Miguet, ni Jacques Rouvroy n’acceptent cette transaction. Le premier prône un étalement de la dette sur 10 ans, voire moins si l’on arrive à revendre des actifs. Quant au second, il souhaite notamment donner aux créanciers les actifs polonais comme solde de tout compte.

Pour maître Abitbol, il s’agit dans les deux cas de «calembredaines !».

Le groupe de spiritueux est dans une situation critique - fonds propres négatifs, 672 millions d’€ de dette consolidée au 30 juin 2012 pour un chiffre d'affaires inférieur à 900 millions - qu’il ne peut même pas payer les intérêts, faute d'un cash généré par l'activité (Ebitda) supérieur à ces dernier.

La valeur de ses actifs (Pologne et France) ne dépasse pas les 155 millions d’€. En outre les créanciers, dits FRN (détenteurs d’obligations à taux révisable), pour un montant de 441 millions d’€, possèdent de sûretés sur tous les actifs.

Image

Lire la suite de la lettre

Lors d’une conférence de presse, récemment organisée par Belvédère, un contrat qui liait Belvédère à l'une des sociétés de Nicolas Miguet, depuis transmis à la justice, a été remis à la presse. Nous vous le laissons découvrir dans sa intégralité :

contrat

Lire la suite du contrat

Explications de l’ARARE que préside Nicolas Miguet dans un communique de presse du 16 février :

«Sur commande de la société Belvédère SA, Le Quotidien de Paris (QPE) Éditions SA a fourni 5.000 ex de la lettre La Bourse n°1210 (prix unitaire 29,50 €) en novembre 2010, exemplaires destinés à être diffusés par Belvédère SA sur son stand au salon Actionnaria.  Le Quotidien de Paris Éditions SA a autorisé (droit de copie) en février 2011 la société Belvédère SA à mettre sur ses sites et à utiliser l’interview de M. Jacques Rouvroy publiée dans L’Hebdo Bourse Plus n° 586 le vendredi 11 février 2011 (quatre pages). Ce numéro (prix unitaire 3,80 €) comportant les quatre pages d’interview de M. Jacques Rouvroy a été diffusé à un fichier d’environ 45.000 personnes (actionnaires de Belvédère, liste fournie par cette société – fichier TPI transmis par M. Trylinski alors DG - et actionnaires actifs ou prospects, liste louée) afin de faire connaître le point de vue de Belvédère SA dans le conflit l’opposant à ses créanciers.

Ces fournitures diverses (reconnues par M. Trylinski dans un courrier de fin mai 2012) ont été facturées (mais non réglées) pour une somme forfaitaire hors taxes ramenée à 300.000 €. CETTE FACTURE N'AYANT JAMAIS ETE REGLEE, QPE SA L'A PRODUITE AU PASSIF DANS LE CADRE DU REDRESSEMENT JUDICIAIRE EN COURS. Nicolas Miguet comme ses sociétés n'ont donc pas touché un seul euro... Nicolas Miguet a chargé son avocat de poursuivre tant au civil (pour intention de nuire) qu'au pénal, toute personne affirmant, répercutant, diffusant (y compris sur des "forums Internet") les allégations mensongères proférées en "rideau de fumée" par certains pour couvrir les illégalités commises ou couvertes par eux».

Nicolas Miguet et les sociétés qu’il contrôle n’ont certes rien touché en espèces sonnantes et trébuchantes avec ce contrat, il n’en a pas toujours été ainsi avec Belvédère, comme le prouve cette facture acquittée :

facture-2012
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Deuxtroydit :

    Et dire que Monsieur Miguet réaffirmait encore le 17 février, menaces de poursuites à l'appui : "De la manière la plus solennelle, Nicolas Miguet apporte un démenti total à ces pseudos-affirmations. Il n'a jamais touché un euro ni un centime d'euro de la société Belvédère SA. " http://newsgolog.blogspot.fr/2013/02/belvedere-guerre-de-communiques-autour.html

Commentez !

Combien font "7 plus 8" ?