Pour Didier Cornaille,
Ca n’est pas du magnésium mais du sodium, et pas en solution mais fondu. D’ailleurs en ce moment même, à Creys Malville, on s’applique à détruire ce sodium (réaction avec l’eau) et à couler tout ça dans du béton.
Pour le reste, la dangerosité du nucléaire, elle est toujours là. Quand à l’utilisation du soleil, le CEA a bien pris cela en main (pas tout seul) à l’INES à Chambéry.
Si les gens sur place sont bien convaincus du caractère incontournable de l’utilisation du solaire à grande échelle, je me pose des questions sur les bastions en place qui n’ont qu’une envie, de rester en place…
« RENFORCER LE NUCLEAIRE EN FRANCE »
EST UN CONTRE SENS
Journaliste à la retraite, je ne peux que froncer les sourcils lorsque je lis les conseils quelque peu comminatoires que monsieur Gérard Kottmann, président du Pôle nucléaire Bourgogne (PNB), entend donner à notre profession.
Dans les années 1980, il m’a été donné, à titre professionnel, de participer à plusieurs visites de sites et installations nucléaires. On nous a ainsi emmené à plusieurs reprises au centre d’essai de Cadarache (Bouches-du-Rhône). J’ai le souvenir d’y avoir assisté à une tentative de maîtrise d’un incendie de magnésium. C’était à l’époque où on nous maintenait que Super-Phénix, le réacteur à neutrons rapides alors en développement à Creys-Malville (Isère), allait résoudre pour longtemps tous nos problèmes énergétiques.
Je garde un souvenir effaré de cette expérience dont le résultat le plus évident était qu’on ne maîtrise pas un incendie de magnésium. Superphénix, qui devait être refroidi par une solution liquide de ce métal, a été arrêté et tout le monde convient aujourd’hui que c’était aussi bien ainsi.
Toujours à Cadarache, dans les mêmes années, on a consenti à nous montrer le « laboratoire » théoriquement chargé de recherches sur l’énergie solaire. Car c’était aux tenants du nucléaire qu’on avait confié cette charge… De quoi expliquer qu’il y ait encore tant à faire pour maîtriser la plus grande source d’énergie renouvelable (et même inépuisable) dont nous disposions…
Une autre visite, toujours dans le cadre de ma profession de journaliste, nous a emmené à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) juste avant que soit chargé son premier réacteur qui venait d’être achevé. Visite passionnante, sensation rassurante d’une précision d’horlogerie appliquée à une machinerie gigantesque, mais aussi, quoi qu’on en dise, constat de la fragilité des parades au cas où l’énormité du feu qui allait y être déclenché viendrait à échapper au contrôle des hommes.
« Impossible ! » nous maintint-on. « On a tout prévu… » On sait ce qu’il est advenu de telles assertions dans de nombreux cas. La machine peut être parfaite (encore que…), mais l’homme est faillible et la nature imprévisible. TEPCO, au Japon, a certes passé sous silence quelques sérieux avertissements avant Fukushima. Mais que nous a-t-on dit, en décembre 1999, lors de la grande tempête dont on se souvient, du fil auquel a tenu qu’il advienne à la centrale du Blayais (Gironde) la même mésaventure qu’à Fukushima ? Or, Blaye n’est qu’à une petite quarantaine de kilomètres, à vol d’oiseau, de Bordeaux…
Comme, en journalistes évidemment mal intentionnés, nous continuions à émettre des doutes quant à la parfaite innocuité du tout nucléaire, on nous emmena au centre d’essai de Valduc (Côte-d’Or). On nous y fit, entre autres démonstrations, celle de l’emballement d’un réacteur. Hypothèse tout à fait invraisemblable, mais dont la qualité de l’expérience à laquelle nous assistâmes prouvait bien qu’on l’avait envisagée… A ce qu’on nous en expliqua, il résultait essentiellement qu’en cas de perte de contrôle de la réaction, le dégagement de vapeur d’eau qu’elle susciterait au sein de l’espace confiné serait tel que la radioactivité s’effondrerait d’elle-même et que tout rentrerait dans l’ordre… Pardi !
Tout le monde sait aujourd’hui que cela est faux. Il n’empêche que ceux d’entre nous – dont je fus – qui le maintinrent à l’époque se firent taxer de parti pris, de mauvais esprit, bref, de pratiquer un « lynchage médiatique » du plus mauvais aloi…
Concilier notre boulimie d’énergies avec une exigence de désengagement total du nucléaire à plus ou moins long terme n’a pas de sens. Prétendre continuer à nous faire vivre sous l’épouvantable menace d’un accident est pour le coup un contre sens. Et un contre sens coupable si l’on se souvient de l’éteignoir sous lequel les ingénieurs du nucléaire tenaient il y a peu encore le développement de solutions alternatives telles que le solaire.
L’aberration – ou l’hypocrisie, c’est selon… – avait été de s’en remettre au loup pour élever l’agneau… Le résultat est le distancement de la France dans le formidable marché – et les très nombreuses créations d’emplois – des énergies renouvelables.
Certes, l’urgence est en tout premier lieu à la satisfaction en tous lieux et en toutes saisons de nos besoins en énergies. Elle est en second lieu dans les substantielles économies que l’on pourrait en faire si on apprenait à gâcher un peu moins. Elle est enfin et sur-tout à l’attention, au respect et à l’appui que nous devons à tous ceux, chercheurs, entrepreneurs, développeurs, qui travaillent sur les énergies nouvelles. Nous apprendrons peu à peu à nous en servir pour qu’un jour nous n’ayons plus besoin de jouer aux apprentis sorciers.
Elle n’est certainement pas dans le « renforcement » d’une menace apocalyptique dont il est dérisoire de nier l’existence.
Didier Cornaille
Franc-comtois « Expatrié » vers la capitale, je découvre ce site pour mon grand plaisir !
Bonne continuation à tous ceux qui rédigent ici-même et Vive la Franche-Comté, la Bourgogne et le Sud-Alsace (mais pas seulement !!!).
MERCI d’avoir pris en COMPTE mon inscription à votre site d’information économique, site très BIEN FAIT, clair, facile à lire qui constituera pour ma future activité un EXCELLENT OUTIL de TRAVAIL
CORDIALEMENT / Bruno ROSSIER
Bravo pour votre article sur le dispositif « Cadre Sénior en Bourgogne ». C’est Marie Bertin qui m’a fait découvrir votre newsletter. Je l’en remercie et vous félicite pour cette initiative très utile à l’ensemble des acteurs du territoire.
Bien cordialement.
Nelly METGE
Maire Adjointe déléguée à l’Emploi, l’Insertion, la Formation et l’Economie Sociale et Solidaire.
Nous découvrons aujourd’hui votre existence; trés intéressantes informations, concises et efficaces! Merci.
Notre organisation atypique (GIE de 12 structures de travail protégé) peut peut-être séduire vos lecteurs…
Nous sommes à votre disposition.
P.Becker
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Pour Didier Cornaille,
Ca n’est pas du magnésium mais du sodium, et pas en solution mais fondu. D’ailleurs en ce moment même, à Creys Malville, on s’applique à détruire ce sodium (réaction avec l’eau) et à couler tout ça dans du béton.
Pour le reste, la dangerosité du nucléaire, elle est toujours là. Quand à l’utilisation du soleil, le CEA a bien pris cela en main (pas tout seul) à l’INES à Chambéry.
Si les gens sur place sont bien convaincus du caractère incontournable de l’utilisation du solaire à grande échelle, je me pose des questions sur les bastions en place qui n’ont qu’une envie, de rester en place…
« RENFORCER LE NUCLEAIRE EN FRANCE »
EST UN CONTRE SENS
Journaliste à la retraite, je ne peux que froncer les sourcils lorsque je lis les conseils quelque peu comminatoires que monsieur Gérard Kottmann, président du Pôle nucléaire Bourgogne (PNB), entend donner à notre profession.
Dans les années 1980, il m’a été donné, à titre professionnel, de participer à plusieurs visites de sites et installations nucléaires. On nous a ainsi emmené à plusieurs reprises au centre d’essai de Cadarache (Bouches-du-Rhône). J’ai le souvenir d’y avoir assisté à une tentative de maîtrise d’un incendie de magnésium. C’était à l’époque où on nous maintenait que Super-Phénix, le réacteur à neutrons rapides alors en développement à Creys-Malville (Isère), allait résoudre pour longtemps tous nos problèmes énergétiques.
Je garde un souvenir effaré de cette expérience dont le résultat le plus évident était qu’on ne maîtrise pas un incendie de magnésium. Superphénix, qui devait être refroidi par une solution liquide de ce métal, a été arrêté et tout le monde convient aujourd’hui que c’était aussi bien ainsi.
Toujours à Cadarache, dans les mêmes années, on a consenti à nous montrer le « laboratoire » théoriquement chargé de recherches sur l’énergie solaire. Car c’était aux tenants du nucléaire qu’on avait confié cette charge… De quoi expliquer qu’il y ait encore tant à faire pour maîtriser la plus grande source d’énergie renouvelable (et même inépuisable) dont nous disposions…
Une autre visite, toujours dans le cadre de ma profession de journaliste, nous a emmené à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) juste avant que soit chargé son premier réacteur qui venait d’être achevé. Visite passionnante, sensation rassurante d’une précision d’horlogerie appliquée à une machinerie gigantesque, mais aussi, quoi qu’on en dise, constat de la fragilité des parades au cas où l’énormité du feu qui allait y être déclenché viendrait à échapper au contrôle des hommes.
« Impossible ! » nous maintint-on. « On a tout prévu… » On sait ce qu’il est advenu de telles assertions dans de nombreux cas. La machine peut être parfaite (encore que…), mais l’homme est faillible et la nature imprévisible. TEPCO, au Japon, a certes passé sous silence quelques sérieux avertissements avant Fukushima. Mais que nous a-t-on dit, en décembre 1999, lors de la grande tempête dont on se souvient, du fil auquel a tenu qu’il advienne à la centrale du Blayais (Gironde) la même mésaventure qu’à Fukushima ? Or, Blaye n’est qu’à une petite quarantaine de kilomètres, à vol d’oiseau, de Bordeaux…
Comme, en journalistes évidemment mal intentionnés, nous continuions à émettre des doutes quant à la parfaite innocuité du tout nucléaire, on nous emmena au centre d’essai de Valduc (Côte-d’Or). On nous y fit, entre autres démonstrations, celle de l’emballement d’un réacteur. Hypothèse tout à fait invraisemblable, mais dont la qualité de l’expérience à laquelle nous assistâmes prouvait bien qu’on l’avait envisagée… A ce qu’on nous en expliqua, il résultait essentiellement qu’en cas de perte de contrôle de la réaction, le dégagement de vapeur d’eau qu’elle susciterait au sein de l’espace confiné serait tel que la radioactivité s’effondrerait d’elle-même et que tout rentrerait dans l’ordre… Pardi !
Tout le monde sait aujourd’hui que cela est faux. Il n’empêche que ceux d’entre nous – dont je fus – qui le maintinrent à l’époque se firent taxer de parti pris, de mauvais esprit, bref, de pratiquer un « lynchage médiatique » du plus mauvais aloi…
Concilier notre boulimie d’énergies avec une exigence de désengagement total du nucléaire à plus ou moins long terme n’a pas de sens. Prétendre continuer à nous faire vivre sous l’épouvantable menace d’un accident est pour le coup un contre sens. Et un contre sens coupable si l’on se souvient de l’éteignoir sous lequel les ingénieurs du nucléaire tenaient il y a peu encore le développement de solutions alternatives telles que le solaire.
L’aberration – ou l’hypocrisie, c’est selon… – avait été de s’en remettre au loup pour élever l’agneau… Le résultat est le distancement de la France dans le formidable marché – et les très nombreuses créations d’emplois – des énergies renouvelables.
Certes, l’urgence est en tout premier lieu à la satisfaction en tous lieux et en toutes saisons de nos besoins en énergies. Elle est en second lieu dans les substantielles économies que l’on pourrait en faire si on apprenait à gâcher un peu moins. Elle est enfin et sur-tout à l’attention, au respect et à l’appui que nous devons à tous ceux, chercheurs, entrepreneurs, développeurs, qui travaillent sur les énergies nouvelles. Nous apprendrons peu à peu à nous en servir pour qu’un jour nous n’ayons plus besoin de jouer aux apprentis sorciers.
Elle n’est certainement pas dans le « renforcement » d’une menace apocalyptique dont il est dérisoire de nier l’existence.
Didier Cornaille
Bravo pour ce site très intéressant. Un travail impressionnant. Merci aussi pour le partage avec votre « Newsletter ».
Franc-comtois « Expatrié » vers la capitale, je découvre ce site pour mon grand plaisir !
Bonne continuation à tous ceux qui rédigent ici-même et Vive la Franche-Comté, la Bourgogne et le Sud-Alsace (mais pas seulement !!!).
MERCI d’avoir pris en COMPTE mon inscription à votre site d’information économique, site très BIEN FAIT, clair, facile à lire qui constituera pour ma future activité un EXCELLENT OUTIL de TRAVAIL
CORDIALEMENT / Bruno ROSSIER
Bravo pour votre article sur le dispositif « Cadre Sénior en Bourgogne ». C’est Marie Bertin qui m’a fait découvrir votre newsletter. Je l’en remercie et vous félicite pour cette initiative très utile à l’ensemble des acteurs du territoire.
Bien cordialement.
Nelly METGE
Maire Adjointe déléguée à l’Emploi, l’Insertion, la Formation et l’Economie Sociale et Solidaire.
Nous découvrons aujourd’hui votre existence; trés intéressantes informations, concises et efficaces! Merci.
Notre organisation atypique (GIE de 12 structures de travail protégé) peut peut-être séduire vos lecteurs…
Nous sommes à votre disposition.
P.Becker