Voeux 2017 : la montée des populismes fait peur aux acteurs économiques

Publié par Christiane Perruchot, le 11 janvier 2017

VOEUX/EST. De Dijon à Metz, de nombreuses cérémonies de voeux des milieux économiques et institutionnels ont délivré un message commun : la renonciation au repli sur soi que les acteurs économiques ont dit, en filigrane, souhaiter se traduire dans les urnes au printemps prochain.
Tour d’horizon des aspirations immédiates et à plus long terme. Au Medef 21, à la ville de Dijon, au conseil économique et environnemental du Grand Est, à la Caisse d’épargne de Bourgogne - Franche-Comté et au conseil départemental de la Côte-d'Or.

 

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Les présidents des 22 organisations patronales de Côte-d'Or et Bourgogne - Franche-Comté. @ Grégory Girard, Sensation Web.

 

En invitant pour leurs voeux le 5 janvier à Dijon, l’économiste Nicolas Bouzou à parler de la montée des nationalismes et Olivier Campenon, président de la chambre de commerce et d’industrie franco-britannique des conséquences économiques du Brexit, les 22 organisations patronales réunies autour du Medef 21 et de l’UIMM se sont immiscés, l’air de rien, dans le débat de l’élection présidentielle devant un parterre de plus de 350 chefs d’entreprises et représentants du monde économique.


A contre-courant des faits développés par les deux conférenciers - le repli sur soi -, Pierre-Antoine Kern, président du Medef 21, a salué « l’unité affichée » par le monde patronal régional.

 

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Pour l’illustrer, il cite la fusion réussie à l’échelle de la nouvelle région avec la création d’un Medef Bourgogne - Franche-Comté que préside Jean-Paul Barbey (Saône-et-Loire) et la campagne conjointe avec la CPME (nouveau nom de baptême de la CGPME) pour inciter les salariés de TPE (moins de 11 salariés) à élire leurs représentants syndicaux d’ici le 13 janvier. Cette élection souffre traditionellement d’un faible taux de participation, d’où pour la première fois cette année, la possibilité d’un vote en ligne.


Dans le même état d’esprit, le conférencier Nicolas Bouzon a invité son auditoire à partager un discours positif sur l’Europe « seule façon de tenir les extrêmes à l’écart ».

 

Olivier Campenon dont la dure tâche est de continuer à encourager le business entre le Royaume Uni et ses futurs anciens associés européens, a encouragé les chefs d’entreprises à ne pas baisser les bras en attendant les nouvelles règles du jeu des relations franco-britanniques, dont l’édification prendra bien deux ans.

 

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Le conseil municipal de Dijon et son maire devant l'image de la place de la République. © Ville de Dijon.

 

Le lendemain, sans donner le moindre indice sur sa position pour l’élection présidentielle (attendue du fait de sa participation jusqu’à l’été dernier au gouvernement Valls), François Rebsamen, le maire (PS) de Dijon et président de la communauté urbaine, a lui aussi lors de ses voeux à 2.500 personnes, prononcé un discours de tolérance.


Il a dressé de Dijon, le portrait d’une ville « généreuse qui refuse l’égoïsme, l’exclusion, la discrimination (…) ouverte et accueillante, unie dans sa diversité … ».

 

Et pour justifier ces qualificatifs flatteurs, le maire de la capitale régionale Bourgogne Franche-Comté a rappelé ses succès 2016 : le classement au Patrimoine mondial de l’Unesco, la zone touristique internationale et le statut de métropole, qui l’aidera, « à attirer davantage des grandes entreprises et des chercheurs. »


Même allusion aux extrêmes et à leur refus, de Patrick Tassin, le président du conseil économique et environnemental (Ceser) du Grand Est.

 

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Le porte-parole des socioprofessionnels du Grand Est a souhaité que les échéances électorales du prochain printemps débouchent sur « un nouvel équilibre démocratique et territorial, particulièrement dans le Grand Est où le Front National a obtenu des scores élevés lors des dernières élections régionales ».


Le président du Ceser n’a pas manqué de défendre la place « intermédiaire » de l’assemblée consultative du conseil régional, représentative de la société civile face à « la tentation de construire une démocratie directe » uniquement avec les citoyens.


Le 9 janvier à nouveau à Dijon, l’une des principales banques de la place a, elle aussi, exorcisé la tentation du repli. « Nous avons plus que jamais besoin d’ouverture et je souhaite que les Français fassent ce choix en 2017 », a dit Jean-Pierre Deramecourt, président du directoire de la Caisse d’Epargne de Bourgogne - Franche-Comté. Sur le plan régional aussi, le patron de la banque mutualiste a invité les acteurs économiques à " positiver ".

 

« Cessons de considérer que notre région a l’un des plus faibles PIB (produit intérieur brut) du pays ; imaginons plutôt son gros potentiel de développement ».

 

 

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Antoine-Sylvain Blanc, président du comité d'orientation et de surveillance (COS) de la Caisse d'Epargne Bourgogne - Franche-Comté (à gauche) et Jean-Pierre Deramecourt, président du directoire. © V.Choplain.

 

Concrètement, la Caisse d’Epargne traduit cette aspiration par une « place financière » qui réunira les différents investisseurs de la ville - y compris les autres banquiers - afin de financer plus facilement (par le crédit et en fonds propres) des gros projets d’entreprises ou de filières.

 

La Caisse d’Epargne espère ainsi mobiliser la filière bois autour d’un pôle de compétitivité.

 

En attendant, la banque officialisera prochainement son soutien au pôle de compétitivité Véhicule du Futur, l’un des seuls en Bourgogne - Franche-Comté auquel elle n’apporte pas encore de financements.

 

Au conseil départemental de la Côte-d'Or, dont l'action sociale et l'aménagement des campagnes, mobilisent les plus gros investissements, François Sauvadet, président, veut faire de son département « un laboratoire national des innovations territoriales et des modes de vie ».

 

Un thème qui veut faire rempart au Front National qui s'est emparé, pour cette élection présidentielle, des inégalités dans le monde rural. Devant 400 invités à la cérémonie des voeux, ce mardi 10 janvier, le président a également interpelé ses pairs : « Face à la montée des populismes, les élus doivent être irréprochables », a t-il déclaré.

 

De bonnes résolutions à faire passer dans les actes...



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, Grand Est, pôle véhicule du futur, François Rebsamen, caisse d'épargne de Bourgogne Franche-Comté, Medef Côte-d'Or, Jean-Pierre Deramecourt, CESER, voeux, Patrick Tassin, Medef Bourgogne - Franche-Comté, Brexit, Nicolas Bouzou, Olivier Campenon, conseil départemental de la Côte-d'Or

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