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Une fouille au centre de Dijon révèle les premières occupations au-delà du castrum

Publié par Christiane Perruchot, le 11 mars 2016

PATRIMOINE/DIJON. Avant de construire des logements, rue Berlier à Dijon, à la limite du secteur sauvegardé, le promoteur dijonnais Voisin fait procéder à des fouilles archéologiques.
Réalisées par l’Inrap, un établissement public sous la double tutelle des ministères de la Culture et de la Recherche, les fouilles qui se déroulent jusqu’à fin mars, révèlent les premières occupations en dehors du castrum, au 12ème siècle.

 

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Une fouille archéologie démarre par le décapage des couches supérieures du terrain à la pelle mécanique. ©Inrap.

 

L’Inrap (institut national de recherches archéologique préventives) mène jusqu’à fin mars 2016, une fouille archéologique préventive, rue Berlier à Dijon, qui vient de révéler une page mal connue de l’occupation des premiers faubourgs de la cité ducale au Moyen-Age.

 

Sur ce terrain d’un millier de mètres carrés, le promoteur Voisin Développement va construire une trentaine de logements. Il était jusqu’à présent occupé par les services techniques municipaux. La ville avait déjà réalisé un diagnostic arcéhologique en 2003, lorsqu’elle envisageait d’y faire un parking souterrain, projet abandonné.


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Préconisé par la direction régionale des Affaires Cultures (Drac) en raison de sa proximité avec le secteur sauvegardé, le diagnostic a pour objet de détecter la pertinence d’une fouille.

 

Lorsqu'il met au jour la présence d’éléments du patrimoine dignes d'intérêt, une fouille est réalisée et financée par le maître d’ouvrage avant le dépôt de son permis de construire. C’est ce qu’on appelle l’archéologie préventive. Car si les fouilles confirment un patrimoine d’une valeur extraordinaire, le préfet peut refuser le permis de construire, au nom de la conservation.

 

Plusieurs étapes de construction

 

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Cette vue en contre-plongée laisse à voir les fondations de l'ancien l'institut du Bon Pasteur, construit au 17ème siècle et démoli deux siècles plus tard. ©Inrap.

 
Ce ne sera pas le cas ici, bien que les fouilles apportent des informations intéressantes sur la période médiévale à Dijon. « Après le diagnostic, nous savions ce que nous allions trouver », affirme Sébastien Oeil-de-Saleys, responsable scientifique de l’opération qu’il mène depuis début février avec quatre autres archéologues.


Le décapage, c’est-à-dire l’enlèvement des couches contemporaines, sur une profondeur de 30 à 40 cm, a mis au jour sans surprise, les fondations de l’institut du Bon Pasteur. Des plans du 18ème siècle situent à cet endroit cette maison de la congrégation religieuse des filles du Bon-Pasteur qui a accueilli de jeunes orphelines à partir de la fin du 17ème siècle.

 

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« Les différences d’aspect des maçonneries indiquent plusieurs étapes de construction et une réutilisation des bâtiments au cours du temps », analysent les archéologues qui vont maintenant passer la main aux archivistes, chargés de déterminer la chronologie exacte de ces évolutions.

 

« Un des objectifs de la fouille sera également de comprendre la fonction des bâtiments et de retracer leurs usages jusqu’à leur démolition au 19ème siècle », ajoutent-ils.

 

Première occupation au-delà du castrum

 

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Les fondations de l'ancien institut du Bon Pasteur à l'arrière de Sébastien Oeil-de-Saleys, l'archéologue qui pilote la campagne de fouilles. ©Traces Ecrites..

 

Le sous-sol plus ancien - à 60-70 cm de profondeur - soulève, lui, plus d’inconnues que des analyses en laboratoires ultérieures devraient révéler. Les découvertes confirment que l’endroit, situé juste à l’orée des remparts de Dijon - le castrum -, a été occupé dès le 12ème siècle, après l’incendie de 1137 : le duc de Bourgogne décide alors d’ériger une enceinte plus large.


Des trous alignés et rapprochés valident l’hypothèse d’une palissade qui aurait pu servir à délimiter des terrains. La découverte de céramiques et de restes de faune dans des fosses (étaient-ce les ancêtres de nos poubelles ?) induit peut-être une tentative d’urbanisation, constatent les archéologues de l’Inrap.

 

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Le travail de fouille, ici au niveau médiéval, requiert beaucoup de manutention à la pelle afin de dissocier les terres intéressantes des banales. ©Traces Ecrites.

 

Entre les deux époques - Moyen-Age et 17ème siècle -, la terre organique prélevée suppose que le terrain était cultivé. Champs ou maraîchage ? Deux spécialistes, un géomorphologue va étudier le sédiment au microscope et un carpologue les éventuelles traces de graines.

 

Tout ce travail va être réalisé dans les mois qui viennent, alors que le promoteur commencera à creuser les fondations de son programme immobilier et recouvrir à jamais celles qui ont été érigées voilà neuf siècles.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires
Evasion

Mots-clés : Dijon, Côte-d'Or, Inrap, Bourgogne Franche-Comté, fouilles archéologiques, archéologie préventive, histoire médiévale, institut du Bon Pasteur

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