Une école de production à Besançon où l’on usine avec plaisir et l’assurance d’un emploi

Publié par Didier Hugue, le 19 avril 2018

FORMATION/BESANÇON. Une école tout à la fois entreprise, où la pratique occupe les trois quarts du temps de l'apprentissage, où l’erreur est considérée comme un atout pour mieux comprendre, où l’on fait pour apprendre, où élèves et maîtres agissent côte à côte : bienvenue à l’École de Production de Besançon (EPB), créée par l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) de Franche-Comté. La troisième école de ce type en Bourgogne-Franche-Comté avec Chalon-sur-Saône et Dole.

 

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© Traces Ecrites.

 

Sur les 700 m2 d’ateliers de l’École de Production de Besançon (EPB), - 1.100 m2 au total - inaugurée ce lundi 16 avril, les fraiseuses et tours numériques commencent à prendre place. « A terme, nous allons rentrer des rectifieuses planes, cylindriques, mais également des machines d'électroérosion fil et par enfonçage, soit une quarantaine d’équipements », indique Michel Goetz, président de cette école installée à Palente dans les anciens locaux de l’entreprise Polycaptil.

 

Ici, dix adolescents dont une jeune fille, vont passer un CAP conducteur d’installation de production et demain, peut-être un Bac pro technicien d’usinage. Et qui dit usinage, technique de fabrication de pièces par enlèvement de copeaux, dit : perçage, fraisage, tournage, mortaisage, filetage, alésage ou encore rectification.

 

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Ces jeunes de 15 à 18 ans ont décroché du système scolaire classique, largués par un bourrage de crâne dont ils ne comprennent pas toujours l’intérêt pour leur avenir. Aussi, l’école de production bisontine offre t-elle pour spécificité de consacrer les deux tiers du temps à la pratique sur un rythme hebdomadaire.

 

40 à 45 jeunes en vitesse de croisière

 

Elle apportera aussi sa pierre pour régler un problème de plus en plus dramatique dans des territoires aussi industriels que la Franche-Comté : le manque de têtes bien faites comme de bras agiles. Ce début de réponse voulue par l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) de Franche-Comté, que préside Gilles Kohler, le patron du groupe Lisi, et anime Henri Venet, le délégué général, bénéficie d’une large solidarité des collectivités locales : la Région de Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Besançon et la ville de Besançon, mais pas seulement.

 

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© Traces Ecrites.

 

Des entreprises s’engagent à commander des pièces et séries de pièces, car l’établissement veut trouver progressivement au moins 40% d’autofinancement qu’illustre l’un de ses préceptes : « faire pour apprendre », avec de vraies commandes et en conditions réelles.

 

Et cela fonctionne plutôt bien dans les 25 autres écoles de production qui émaillent le territoire, avec 93% de réussite aux diplômes académiques du CAP et Bac Pro. C’est le cas de l’entreprise Dixi (Microtechniques), notamment conceptrice et fabricante de solutions micromécaniques et microtechniques pour l'industrie de la défense.

 

« Nous n’avons pas directement besoin d’usineurs, mais nous faisons appel à eux, aussi avons-nous voulu jouer le jeu car cette initiative va dans le bon sens », souligne Jean-Pierre Darnis, le directeur général, qui désespère de recruter des techniciennes et des techniciens pour l’assemblage de ses composants.

 

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« A l’issue de la formation, pas moins de 45% des jeunes décident de poursuivre leurs études et l’intégration professionnelle avoisine les 100% dans le mois qui suit la fin du cursus », assure Michel Goetz. Pour peu demain qu’il y ait des pré-embauches dans la dernière année diplômante, il n’y a qu’un pas…

 

L’École de Production de Besançon, que dirige Alexis Guilmain, ingénieur de l'Institut Catholique d'Arts et Métiers de Lille, ambitionne d’accueillir en vitesse de croisière de 40 à 45 jeunes et de créer sept à huit emplois en CDI, tout comme ces maîtres d’apprentissage, José, Marc et Raphaël au profil pour le moins atypique, ce qui ajoute encore plus à l’originalité du lieu.

 

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© Traces Ecrites.

 

Louis Boisard, un visionnaire

 

Sa fiche Wikipédia indique : Louis Boisard (12 juin 1851 à Lyon - 12 mars 1938) est un ingénieur de l'École centrale de Lyon de la promotion 1867, devenu prêtre en 1877. Il est le fondateur de l'école de production Boisard à Lyon dont la pédagogie - inspirée de l'oeuvre de Don Bosco - vise la formation tant professionnelle que spirituelle de ses élèves.

Il voulait selon Michel Goetz, président de l’École de Production de Besançon : « transmettre aux jeunes le métier comme dans un atelier familial, là où il y a, à la fois, une éducation de l’enfant, le respect de l’autre et la qualité du geste technique. » La pédagogie fit florès. En 2000, on dénombrait huit écoles de production dans la seule région Rhône-Alpes. L’an dernier, on en comptait 25 réparties dans huit régions et plus de 20 projets sont en cours.

La Bourgogne-Franche-Comté en accueille trois : Besançon et Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) pour l’usinage et Dole (Jura) pour la métallerie. D’ici à dix ans, une centaine d’établissements de ce type devrait mailler le territoire national.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Besançon, Doubs, usinage, Dixi Microtechniques, Bourgogne Franche-Comté, CAP, bac professionnel, UIMM de Franche-Comté, Gilles Kohler, Alexis Guilmain

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