Un changement de stratégie gagnant pour Filmatic Industrie dans le Territoire de Belfort

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 05 juin 2018

BIENS D’ÉQUIPEMENT/TERRITOIRE DE BELFORT. Reprise en 2012 par quatre de ses cadres, Filmatic Industrie à Grandvillars (Territoire de Belfort) est sortie de la zone de turbulence et renoue avec les bénéfices grâce au recadrage de son activité, de la grande série au sur-mesure.

Signe de bonne santé, le fabricant d’outils de presse vient d'acheter ses locaux. Et le quatuor de dirigeants réfléchit à la suite : croissance externe dans le même domaine, ou encore diversification sectorielle.

 

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Lecture 3 D d'une pièce pour refaire le plan et la réaliser ensuite. © Pierre-Yves Ratti.


Jusqu'en 2012, Filmatic Industrie faisait partie du groupe Citele Industrie, qui a alors souhaité se séparer de cette filiale en dépôt de bilan. Dix ans après avoir rejoint le groupe d’usinage basé à Offemont (Territoire de Belfort), Filmatic retrouvait son indépendance grâce à quatre de ses cadres : Emmanuel Charrier, qui dirigeait le site et maintenant l’entreprise, Michel Gallaire, responsable commercial, David Bresson, responsable de production et Frédéric Henriot, chef de projet et responsable du bureau d'études.

 

Le projet de reprise de ce fabricant d’outils de presse basé à Grandvillars (Territoire de Belfort) s'appuie sur un changement de stratégie. La priorité n'est plus aux outils neufs, mais à la prestation de service pour l'industrie.

 

La mutation d’activité est assortie d'une certaine prise de risque, puisque l'entreprise travaillait avec de « grands donneurs d'ordre européens », selon l'expression d'Emmanuel Charrier, notamment de l’industrie automobile pour la fourniture d’outillages.

 

 

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Cependant, le nouveau positionnement libère l’entreprise d’une vingtaine de salariés, de la concurrence des pays low cost notamment la Chine. L’outillage neuf ne représente plus que 20% du chiffres d'affaires, contre 90% auparavant.

 

Des grandes séries réalisées auparavant, l’entreprise passe au sur-mesure avec la modification et la réparation d'outils de toutes tailles. « Notre technico-commercial doit être en mesure d'apporter la solution au client qu'il a en face de lui », explique en substance Emmanuel Charrier. Par exemple, un bras de digitalisation laser permet de reproduire le plan d'une pièce pour la refaire ensuite à l’identique.

 

Convaincre en externe, changer les habitudes en interne

 

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Emmanuel Charrier, dirigeant de Filmatic. © Pierre-Yves Ratti.

 

« Il a fallu se faire connaître dans un nouveau domaine », raconte le PDG, et convaincre les investisseurs de la pertinence de la démarche. « La stratégie n'existait pas en France », se souvient t-il. « Les entreprises étaient toutes sur l'outillage neuf, pas sur la prestation de service. On a peut-être rempli un manque. »

 

La nouvelle orientation s’est accompagnée d'un changement de culture d'entreprise : « On était habitués à des délais longs et adaptables ; on est passés à des délais courts et impératifs », souligne Emmanuel Charrier. Elle en a fait la démonstration récemment en répondant à un problème de casse chez un grand donneur d'ordres en plein week-end.

 


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Résultat, Filmatic a renoué avec des bénéfices. Le chiffre d'affaires en 2017 s’est élevé à environ 2,5 millions en 2017, avec un résultat net de 126.000 €. La bonne santé financière lui a d’ailleurs permis de procéder à l'achat de ses locaux début 2018.


Emmanuel Charrier et ses associés sont aujourd'hui en pleine réflexion stratégique pour la suite : croissance externe dans le même domaine ? Ou encore diversification sectorielle ? Car l’entreprise travaille encore aujourd'hui à 90% dans le secteur automobile.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Territoire de Belfort, mécanique, Bourgogne Franche-Comté, Filmatic

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