Trochères, première commune de Bourgogne à lancer un financement participatif pour son patrimoine

Publié par Traces Ecrites News, le 16 septembre 2016

PATRIMOINE/CÔTE-D’OR. Première commune de Bourgogne à lancer un financement participatif depuis le décret du 14 décembre 2015 qui facilite la collecte des dons par les collectivités locales, Trochères, près de Dijon, ouvre dimanche après-midi les portes de son église aux visiteurs, pour les journées du patrimoine.
Les 5.000 € qu’elle espère collecter complèteront le financement de la restauration des façades de l’église.
S’il n’est pas nouveau, l’appel aux dons du public et des entreprises prend ici une forme nouvelle, par l’intermédiaire de la plateforme internet Ulule.

 

visite
Lancement du crowdfunding le 5 septembre dernier : Nathalie Gavoille, maire, fait visiter l'église. © TE

 

L’idée a mûri lorsqu’un décret en date du 14 décembre 2015 donne le feu vert aux collectivités locales pour gérer directement une opération de financement participatif (ou crowdfunding), sans passer par une association pour la collecte des dons. Cette simplification du mécénat décida l’équipe municipale de tenter l’expérience, voyant l’occasion, comme le fonds les créateurs d'entreprises, d’utiliser les plateformes de collecte sur Internet.

 

A Trochères, village de 170 habitants à une vingtaine de kilomètres de Dijon, le projet de rénovation des façades de l’église était déjà bien avancé. Les devis annonçaient des travaux de l’ordre de 45.000 à 50.000 € et les subventions (*), demandées auprès des partenaires publics habituels, laissaient à la commune une facture autour de 12 à 15.000 €.

 

Bannière Traces Ecrites Lancement Site LCR_ ac fond«

 

« Nous pourrions payer les travaux par autofinancement, mais la prudence nous invite à préserver notre trésorerie en cas de travaux imprévus sur notre patrimoine, c'est pourquoi nous avons choisi cette voie qui, en outre, permet de mobiliser la population sur un projet », expose Nathalie Gavoille, maire. Il est décidé de collecter 5.000 €.


Le temps pour quatre élues municipales de se plonger dans une opération somme toute assez complexe à organiser, la campagne de collecte a démarré le 5 septembre sur la plateforme Ulule (lien direct sur le projet ici)

 

Hier 15 septembre, la moitié de la corbeille était remplie, avec plus de 2.500 €. Il reste 17 jours jusqu’au 1er octobre 2016 pour collecter le double.

 

Jusqu’au 1er octobre 2016 pour réunir 5.000 €

 

liselarge
Le coeur du village de Trochères.

 

Avec le risque, comme c’est le jeu dans le financement participatif, de ne pas atteindre l’objectif. « Le financement participatif repose sur le principe du tout ou rien », rappelle la mairesse, « si nous n’atteignons l’objectif, les contributeurs seront remboursés et tant pis pour nous ; en revanche, il peut être dépassé et là, c’est tout bénéfice ! »

 

Un pari d’autant plus grand, mais aussi motivant pour l’équipe, que l’église n’a pas la valeur patrimoniale d’un édifice classé, ni inscrit. C’est une église rurale comme il en existe dans la plupart des villages, autour de laquelle toute la vie communautaire s’organisait autrefois.

 

L’empreinte urbanistique et sociale demeurent : l’église forme le coeur du village avec la mairie, les logements communaux et la salle communale (aménagés successivement dans les anciennes écoles), le cimetière et l’arrêt du bus (!).

 

pub_TP_longue

 

Des travaux ont d’ailleurs eu lieu ces dernières années sur ce patrimoine : il ne restait plus que l’église dont les enduits extérieurs sont très abîmés. Les travaux confiés à l'entreprise Guerra de Dijon permettront de rafraîchir les 325 m2 de façades qui seront recouvertes d’un enduit à la chaux, et de restaurer les pierres fissurées.

 

La mairesse compte sur la motivation des habitants - « car l'entretien des églises est à la charge des communes » -, et plus largement sur les amoureux du patrimoine qui connaissent le principe du mécénat ouvrant droit à une déduction fiscale de 66% de la somme investie pour les particuliers et de 60% pour les entreprises.

 

Si vous lisez cette histoire aujourd’hui sur Traces Ecrites News, c’est que votre média préféré est directement concerné puisque Trochères abrite le siège social de l’entreprise Traces Ecrites.

 

Une partie de la rédaction rédige ici ses articles au rythme du tintement, toutes les 1/2 heures, des cloches Anne-Jean et Marguerite-Louis qui ont vu le jour en 1858, grâce à une souscription publique. A l’époque, bien sûr, sans l’Internet….

 

interieur
Les vitraux ont été restaurés en 1979 par l'entreprise Weinling de Saint-Apollinaire (Côte-d'Or).


(*) La dépense s’élève au final à 45.600 € et est financée à 60% par des subventions de l’Etat (DETR) à hauteur de 13.300 €, du conseil départemental de la Côte-d’Or pour 13.000 € et 3.000 € sur la réserve parlementaire du député de Côte-d'Or Rémi Delatte.

 

(**) Les chèques sont autorisés pour ceux qui ne veulent pas payer par carte bleue sur la plateforme Ulule. Libellés à l’ordre du Trésor Public et adressés à la mairie (4 bis, rue de la Croix, 21310 Trochères), ils seront encaissés à la fin de la collecte mais leur montant est intégré au fur et mesure d'ici la fin de la campagne.

 

interieurdeux
Pendant la même période de travaux, un vitrail contemporain a été ajouté à l'entrée.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Côte-d'Or, journées du patrimoine, patrimoine, BTP, finances publiques, financement participatif, crowdfunding, Bourgogne Franche-Comté, travaux, Weinling, Guerra

Découvrez également les articles associés :

Le mouvement de l’agriculture urbaine gagne du terrain à Dijon et en Côte-d’OrLe mouvement de l’agriculture urbaine gagne du terrain à Dijon et en Côte-d’Or
Bienvenue dans le Dijon de 2030, une métropole intelligente et connectéeBienvenue dans le Dijon de 2030, une métropole intelligente et connectée
Le DFCO, vecteur d’affaires pour ses sponsors et de notoriété pour la métropole bourguignonneLe DFCO, vecteur d’affaires pour ses sponsors et de notoriété pour la métropole bourguignonne
A l'occasion de ses 60 ans, la société d'économie mixte Sedia trace sa feuille de route pour les trois ans à venirA l'occasion de ses 60 ans, la société d'économie mixte Sedia trace sa feuille de route pour les trois ans à venir

Commentez !


Combien font "1 plus 8" ?

Envoyer votre commentaire