Le fabricant vosgien Tissus Gisèle se met au e-commerce

Publié par Philippe Bohlinger, le 16 mars 2016

TEXTILE/LORRAINE. Dernière société de tissage et de confection de linge plat en France, Tissus Gisèle (Vosges) a l’ambition de porter à 10% la part de ses ventes sur internet.
Cette vieille dame de 160 ans, l’une des trois entreprises du groupe familial Incopar, commercialise l’essentiel de ses draps, housses de couettes ou encore taies d’oreillers auprès de grands comptes (groupes hôteliers, loueurs de linge, établissements publics), mais parie sur le Web pour toucher une clientèle plus diffuse.

 

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Le fil est fabriqué dans les Vosges par les deux sociétés sœurs de TGL.©Philippe Bohlinger

 

C’est au pied des pistes de ski de La Bresse (Vosges) que prospère la dernière société de tissage et de confection de linge plat en France. Chaque semaine, 200 000 draps, 100 000 taies d’oreillers ou encore 100 000 torchons sortent de ses ateliers pour rejoindre de grandes chaînes hôtelières, des établissements hospitaliers, des centres pénitentiaires, mais aussi des gîtes ou des petits hôtels.


En 160 ans d’existence, Tissus Gisèle (TGL) a suivi les évolutions de son marché, celui du linge destiné aux blanchisseries industrielles. Aujourd’hui, elle avance tout schuss dans le e-commerce, tout en maintenant une progression constante à l’export (30% du chiffre d’affaires).


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« Internet nous évite de passer par la case « boutique ». Car la création d’un réseau de magasins reste une activité très gourmande en capitaux. D’autant plus qu’en B to C, nous ne visons pas spécifiquement une clientèle de particuliers, mais plutôt des semi-professionnels et professionnels comme les propriétaires de gîtes, les petits hôteliers ou encore les petites collectivités », souligne Philippe Vandamme, P-DG de TGL (28 millions d’€ de chiffre d’affaires), filiale du groupe Incopar, détenu à 100% par la famille Vandamme.


L’entreprise qui compte deux usines à La Bresse et emploie 95 personnes a l’ambition de réaliser 10% de ses ventes grâce au portail Internet lancé il y a cinq ans.

 

Via le Web et son magasin d’usine, le B to C représente aujourd’hui un cinquième de l’activité, l’essentiel du chiffre d’affaire étant généré par des grands comptes en B to B : le groupe Accor, les loueurs de linge (Elis, Anett, Initial, Le Cercle du propre, etc.), ou encore UniHA, le premier réseau d’achats groupés de l’hospitalisation publique.


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A côté de la confection, Tissus Gisèle vend également des tissus (40% du chiffre d’affaires), essentiellement techniques. Car, comme le rappelle le dirigeant « un métier à tisser demeure très polyvalent, il peut répondre à des cahiers des charges très précis d’industriels ».


La croissance à l’export se fait essentiellement via des contrats avec des loueurs de linge en Autriche, Allemagne, Belgique, Suisse et Scandinavie. « Une pérennité des affaires s’installe à partir du moment où nous sommes référencés parmi leurs fournisseurs. Ce sont des marchés à conquérir lentement mais sûrement, car les clients recherchent de la fiabilité et de la réactivité. Par ailleurs, du fait de leur pouvoir d’achat assez élevé, ces pays demeurent plus exigeants en termes de grande qualité (poids au mètre-carré, quantité de coton, épaisseur du fil) », poursuit le dirigeant.

 

Label « Vosges terre textile »

 

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Une quarantaine de personnes travaillent à l’usine de tissage. ©Philippe Bohlinger

 

Dans un marché soumis à la concurrence des géants indien, chinois et pakistanais, TGL bataille pour faire reconnaître son savoir-faire « made in Vosges ».

 

Le fil qu’elle consomme est effectivement fabriqué dans les Vosges (coton et polyester) par ses deux sociétés « sœurs » Tissage Mouline Thillot et Filatures et tissages de Saulxures-sur-Moselotte, près d’Epinal - les deux autres entreprises du groupe Incopar (80 millions d’€ de chiffre d’affaires, 285 salariés). Le fil est ensuite tissé dans les ateliers de TGL, le tissu est ennobli à Gérardmer (blanchiment, teinte ou marquage) avant de revenir à La Bresse pour confection.


Pour valoriser cette fabrication locale, les produits TGL sont estampillés « Vosges terre textile », un label qui garantit que 75% des étapes de fabrication sont réalisées dans le département.

 

« Nous devons travailler ensemble pour conforter la filière textile dans les Vosges à l’image des régions italiennes qui cultivent les liens de solidarité au niveau de leurs tissus industriels », insiste le P-DG.

 

Celui-ci joue également la carte de produits plus «verts » nécessitant de faibles prélavages avant leur transformation et de moindres rejets de substances dangereuses dans l’eau de lavage.

 

vandammeQui est Philippe Vandamme ?


Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP), ce Franc-Comtois de 62 ans a réalisé la première moitié de sa carrière dans la banque, chez BNP à Paris.

 

C’est en 1982 que Philippe Vandamme a pris le chemin des Vosges pour rejoindre la holding familiale Incopar actuellement dirigée par son frère François, 65 ans.


Cinq ans après son arrivée au sein du groupe textile, le dirigeant a pris les rênes de Tissus Gisèle vendue à l’époque par la famille Jeangeorge. «  Il a vraiment fallu se battre et mettre des moyens pour que Tissus Gisèle continue à exister », résume-t-il.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : textile, Vosges, Vosges terre textile, Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, Tissus Gisèle, Incopar, Tissage Mouline Thillot, Filatures et tissages de Saulxures-sur-Moselotte, Philippe Vandamme

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