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Le fabricant d'isolants Soprema investit 6 millions d'euros dans le recyclage des emballages plastiques à Strasbourg

Publié par Mathieu Noyer, le 10 juillet 2018

STRASBOURG. C’est une double révolution, dans le monde du recyclage et sur le marché de l’isolation.
Le groupe familial alsacien se lance dans la valorisation du PET contenu dans les bouteilles en plastique opaque et autres barquettes alimentaires qui finissent aujourd’hui en décharge ou en incinération.
La matière obtenue, un nouveau polyol, permettra de fabriquer une mousse polyuréthane d’isolation.
Cet engagement vers davantage de produits biosourcés conduit à un investissement de 6 millions d’€ sur la zone du port de Strasbourg.

 

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Soprema franchit un pas de plus sur son chemin vers l'après-pétrole. Le fabricant de produits d'étanchéité, de couverture et d'isolation pour le bâtiment créera en fin d'année une usine de recyclage de PET (polyéylène téréphthalate) à Strasbourg (Bas-Rhin), la ville de son siège.

 

Le process à la fois mécanique et chimique qui sera mis en œuvre aboutira à transformer cette matière en un nouveau polyol (composé organique également connu sous le nom de glycol) qui permettra de fabriquer une mousse polyuréthane d'isolation, un produit que Soprema confectionne aujourd'hui à base d'or noir.

 

L'investissement de 6 millions d’€ financera une ligne de recyclage d'une capacité initiale de 5.000 tonnes, extensible ensuite à 10.000 tonnes par an, soit la quantité de mousse produite aujourd'hui dans ses usines de Saint-Julien-du-Sault dans l'Yonne et de Hof, près de Francfort en Allemagne. « Celles-ci convertiront donc leur production à la nouvelle ressource recyclée, d'abord à 50 % puis intégralement », ajoute François China, directeur industriel de Soprema.

 

 

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A Strasbourg, la nouvelle unité créera 15 emplois. Elle s'installera dans la zone du port de Strasbourg, à un kilomètre de l'usine et du siège du groupe toujours familial – l'actuel président Pierre-Etienne Bindschedler est l'arrière petit-fils du fondateur en 1908 – un « Mammouth » (son logo) devenu surtout un mastodonte de son secteur avec 7.200 salariés dans le monde pour 2,6 milliards d’€ de chiffre d'affaires l'an dernier.


Les emballages PET qui seront recyclés sont ceux qui échappent aux filières de traitement organisées : bouteilles de PET opaques, différentes des courantes bouteilles claires, et barquettes alimentaires. « Ces volumes partent aujourd'hui en incinération ou en décharges », rappelle François China. Or ils sont conséquents et les voies technologiques de leur valorisation sont connues. Encore faut-il qu'un industriel s'y lance.


Ce sera donc Soprema. La matière sera cherchée auprès de recycleurs, et le potentiel de croissance se situe auprès des ménages, avec l'extension des consignes de tri qui va augmenter les quantités de plastique usagé récupérées, dont le PET. A charge pour les centres de tri d'investir pour mieux les séparer.

 

A terme 65 % de production à partir de ces ressources vertueuses

 

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Le siège et usine de Strasbourg près desquels va être installée la nouvelle unité de recyclage PET. Le polyol sera fabriqué à Strasbourg et la mousse polyuréthane qui en découle, dans les usines de Saint-Julien-du-Sault, dans l’Yonne et de Hof, en Allemagne.

 

Pour Soprema, ce projet s'inscrit dans un axe de développement clairement énoncé : passer vraiment du pétrosourcé à l' « écosourcé », c’est-à-dire des matières d’origine biosourcée ou recyclée. Son programme de R&D « Mutatio », lancé en 2010 pour plus de 20 millions d’€, vise à lui faire atteindre à terme 65 % de production à partir de ces ressources vertueuses. Parti de 3 %, il en est aujourd'hui à 15 %. C'est incontestablement un message fort et l'un des plus concrets d'un industriel en France en direction de la transition écologique.


Le volet recyclage est le plus avancé. Soprema produit déjà des isolants en ouate de cellulose à base de vieux papiers ainsi que des membranes bitumineuses d’étanchéité intégrant des dérivés d’huiles de vidange recyclées, et il a introduit une part de recyclé dans sa gamme en polystyrène.

 

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Le biosourcé s'inscrit dans un plus long terme mais une première traduction vient de la membrane d’étanchéité Mammouth Néo, qui est confectionnée à partir d’huile de colza et de dérivés des résines de pin, celles-ci pouvant déployant leurs propriétés naturelles d’adhésion et de viscosité.

 

Les recherches de l’industriel alsacien portent aussi sur la fibre de lin pour les renforts de membranes. Et il a racheté un spécialiste de l'isolation en fibres de bois, Pavatex à Golbey (Vosges). 

 

La transition énergétique mobilise tout autant l'entreprise familiale. Parmi les exemples récents, la transformation en gaz de bois usés (palettes, tourets de câbles, pour près de 4 000 tonnes/an) permet à l'usine de Strasbourg de substituer 60 % de sa consommation de gaz naturel par cette biomasse. L’ investissement de 2 millions d’€ a été mis en service l'an dernier.

 

Le même procédé de gazéification sera reproduit l'an prochain sur le site de Sorgues dans le Vaucluse, cette fois-ci à partir de tourteaux de raisins de cette région viticole.

 

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Cette membrane d'étanchéité faite de polymères à base d’huile de colza et de dérivés de résine de pin est le premier exemple de produit Soprema à base de matière biosourcée.

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Environnement

Mots-clés : Grand Est, Investissement, Strasbourg, recyclage, environnment, PET, Soprema, valorisation, isolation thermique des bâtiments, Pavatex, emballages PET

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